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Une Fashion Week sous un autre mode pour cette édition 2020

Vous en avez certainement entendu parler de la fashion week de Paris ces derniers jours, un événement majeur de la mode.

La Fashion Week (ou semaine de la mode), c'est une semaine dédiée complètement à la mode, durant laquelle les stylistes et les maisons de couture présentent leurs nouvelles collections au grand public, aux medias et aux acheteurs. Ca a lieu 2 fois par an et plusieurs mois à l'avance par rapport aux collections, c'est-à-dire que les collections d'hiver sont présentées en février-mars, tandis que maintenant, ce sont les collections été de l’année prochaine qui sont présentées.

Comment cet événement s'est - il passé en cette année particulière ? D'autant que l'on sait que l'industrie de la mode, c'est des millions d'emplois ! Focus sur cette fashion week en mode 2020, avec Valérie Kinzounza. 

La fashion week, autrement !

4 villes accueillent la Fashion Week, 4 villes qui sont considérées comme les 4 capitales de la mode dans le monde (les Big Four). Ces fashion weeks s'y déroulent pendant 4 semaines d'affilée, et toujours dans le même ordre: d'abord New York puis Londres, puis Milan et enfin, la Fashion Week de Paris, qui s’est terminée hier.

En temps normal, ce n'est pas moins de 100 défilés par Fashion Week, c'est vous dire l'ampleur de l'événement!

Et cette année avec le contexte qu’on connaît, on se demandait comment le milieu de la mode allait gérer cela. Déjà, parce que parler de mode alors que la planète traverse l’une des crises les plus importantes de l’Histoire, c’est pas évident. Ca paraît futile, insensible par rapport à une situation tragique. En plus, réunir plusieurs centaines personnes dans un même endroit en pleine pandémie, c’est pas idéal évidemment. Or la mode, c’est aussi une des économies les plus importantes au monde, avec des millions d’emplois.

Evidemment, il a fallu que les villes et les créateurs s’organisent dans ce contexte. Habituellement, les fashion weeks, c’est vraiment un événement majeur avec des files d’attente énormes, des top models célèbres sur les catwalks, des stars aux premières loges, ça fait les gros titres, ça a un retentissement énorme… Rien de tel cette année:

De nombreuses présentations se sont donc déroulées en grande partie sur internet, avec des présentations de collections en ligne. L'occasion pour les marques de laisser libre cours à leur imagination pour repenser le format du traditionnel défilé, faire preuve de créativité dans la scénographie. Il a fallu innover, proposer autre chose. On a vu de l’inventivité, de la poésie… dans les vidéos.

Plusieurs marques ont tenu malgré tout à faire un défilé physique en public, comme Balmain, Dior, Vuitton… mais là où d'ordinaire plusieurs milliers d’invités étaient présents, la distanciation sociale est passée par là, limitant les invités de manière drastique.

Et justement, une nouvelle manière de voir les choses, ça a été d’élargir le public habituel. Un exemple avec le défilé Chanel qui a clôturé la fashion week hier, présenté en vrai devant une poignée d'invités triés sur le volet, mais retransmis en direct sur chanel.com et sur les réseaux sociaux de la maison. C’est pas la première fois qu’une marque rend ses défilés accessibles à tout le monde mais qu’une marque telle que Chanel le fasse, que même la haute couture se rende accessible de la sorte, c’est vraiment symbolique et c’est signe que quelque chose a changé.     

Au plus près de la vraie vie

Que retenir de ces fashion week dans un contexte particulier ?

On voit vraiment que l'industrie de la mode semble se réorganiser et même se remettre en question. Certaines marques entreprennent des démarches éco-responsables, de plus en plus de voix s’élèvent contre le rythme effréné des collections et de la surconsommation. Les choses bougent. Et il y a des choses fortes qui marquent les esprits :

  • 1/ On a vu émerger des créateurs visionnaires comme Marine Serre

Marine Serre, c’est une jeune créatrice française à l’univers post-apocalyptique qui a fait sensation il y a quelques mois avec sa précédente collection qui présentait des masques anti-pollution comme accessoire de mode. Trois semaines après son défilé, le confinement commençait… Elle avait sans le savoir anticipé le style imposé d’aujourd’hui avec les masques et un monde en mutation. Là, elle a présenté sa nouvelle collection de façon digitale, à travers un court-métrage très fort et dérangeant qui montre le vêtement d’aujourd’hui qui devient une armure qui nous protège, nous aide à affronter notre quotidien dans un monde qui a changé.

Une mode plus responsable

Marine Serre, elle est représentative de cette mode qui veut changer les choses. Avec Dries Van Noten, le célèbre créateur Belge, elle est à l’origine d’un manifeste pour une mode plus responsable et ils sont soutenus par des centaines de petites maisons qui s’engagent à produire moins et à repenser les défilés, leur rythme soutenu mais aussi à changer la manière de concevoir la mode, qui doit s’adapter à ce que nous vivons et non plus être une bulle superficielle éloignée de la réalité.

  • 2/ On a vu une nouvelle vision de la mode

Certains disent même que l’heure est à la désacralisation de la mode.

Un exemple: la réputée maison Marni qui dit: “non, ne revenons pas à la normale, il faut refaçonner le modèle, le lieu, le spectacle”. La marque a donc demandé à 48 personnes un peu partout dans le monde de porter les pièces de sa nouvelle collection à leur façon. On les voit donc prendre vie dans un appartement à Londres, sur un parking à Tokyo, dans le métro à NY… Une façon de montrer que la mode est destinée à la vraie vie et pas à vivre quelques minutes sur un podium.

  • 3/ des maisons de couture remettre en question le mode de fonctionnement

Le fonctionnement des défilés est remis en cause par certaines maisons de couture, comme la maison Yves Saint Laurent qui s’est retirée du calendrier de la Fashion week pour décider de son propre agenda selon les besoins de la créativité.

  • 4/ On a vu des vêtements " normaux "

A côté des tenues extravagantes très mises en scène qu’on peut souvent voir sur les podiums, on a vu de nombreuses maisons comme Armani ou Prada proposer des pièces qui n’ont a priori rien d’innovant ou de spectaculaire, mais des coupes réfléchies, à l’allure intemporelle, des vêtements accessibles à porter en toutes circonstances, pour s’adapter à la vraie vie. Et signe des temps, beaucoup de créateurs ont introduit aussi des éléments et matières éco-responsables.

Bref, on ne sait pas à quoi ressemblera le monde d’après, mais en tout cas la mode d’après semble vouloir montrer que les choses ont changé, qu’il faut en tenir en compte et être désormais au plus près de la vraie vie… tout en continuant aussi de faire rêver.

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