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Travailler en tant qu’indépendant pour l’armée : quelles possibilités d’emplois et de marchés publics ?

Thierry Evens, porte-parole de l’UCM, s’est intéressé à la Défense nationale et aux possibilités d’emplois ainsi qu’au business avec les indépendants et PME qui en découlent dans Le 6-8.

Si de nombreux métiers en Belgique sont dans la tourmente avec la crise sanitaire et économique, on ne peut pas en dire autant de l’armée qui renouvelle son effectif en 2021 pour compenser un grand nombre de départs à la retraite avec l’ouverture de 2300 postes. On constate même un engouement croissant pour cette vocation chez les jeunes et des possibilités d’emplois variées pour une profession qui tente de se tourner vers l’avenir.

Par ailleurs, l’armée belge donne aussi du travail… aux indépendants et PME. Thierry Evens nous explique cette collaboration logique mais parfois méconnue.

Travailler pour l’armée en tant qu’indépendant

L’armée est en effet un grand fournisseur de marchés publics. "Il y a plus de 2000 contrats en cours entre l’armée et des entreprises extérieures pour toutes sortes de choses qui n’ont rien à voir avec l’activité militaire : fourniture de nourriture, de matériel de bureau, entretien, construction et rénovation des locaux, entretiens des zones vertes,…" avance ainsi le porte-parole de l’UCM.

Mais l’armée s’appuie aussi sur l’expertise de PME belges pour des questions qui concernent leurs devoirs de protection et d’aide des populations comme la cybersécurité par exemple. Elle appelle souvent dans ce cas des sous-traitants en informatique. Même si les véhicules militaires ne font eux pas partie de marchés publics, leur utilisation entraîne divers appels à projets pour l’entretien des hangars ou des pistes d’atterrissage des bases aériennes notamment.

Cela s’applique même à l’entretien des véhicules. Par exemple, le métier de mécanicien poids lourd "est en pénurie en Wallonie et à Bruxelles, donc ce sera difficile de recruter de tels profils" constate Thierry Evens. Ils recourent alors à des indépendants qui forment des militaires à cette profession, ou bien ils engagent des militaires à temps partiel, c’est-à-dire la réserve. Vous êtes dans ce cas militaire à mi-temps et jouissez d’un salaire assuré par l’armée. Pour l’autre mi-temps, vous pouvez être indépendant complémentaire ou travailler dans une autre société.

Un double chemin professionnel

Le fait d’être indépendant et de travailler pour l’armée peut également vous amener à être envoyé en mission à l’étranger. En 2021, un millier de militaires sont répartis ainsi aux Pays baltes, Moyen-Orient, Afrique et Afghanistan. Si vous êtes dans la réserve, l’armée demandera d’abord l’accord de votre employeur.


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À l’inverse, on remarque que "des militaires de 35-40 ans ont envie de davantage de stabilité et quittent l’armée" ajoute Thierry Evens. Cette main-d’œuvre est en général bien accueillie par les patrons de PME qui recherchent leurs compétences techniques acquises sur le terrain et leurs qualités humaines et leur discipline.

En résumé, l’armée fonctionne comme un double vecteur professionnel : certains travailleurs indépendants s’y engagent pour leur travail et d’autres en sortent pour aller travailler dans d’autres sociétés grâce aux compétences qu’ils ont pu y développer. "Il n’y a plus de cloison, l’armée est véritablement intégrée dans la société et le monde du travail" se réjouit le chroniqueur et porte-parole de l’UCM.

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© Bruno Fahy / Belga

Une carrière accessible à tous et qui engage en masse

Par ailleurs, l’armée fonctionne aussi comme un moyen d’ascension social. En effet, quand on est d’origine modeste, il est parfois encore compliqué d’avoir accès à des études et formation de qualité. L’armée au contraire est ouverte aux personnes même dépourvues de diplômes et celles-ci pourront en ressortir avec une formation solide. Avec 10.000 emplois à pourvoir jusqu’en 2024, "c’est quelque chose auquel les jeunes devraient penser" suggère donc Thierry Evens.

Pas d’inquiétude non plus si vous êtes une femme. Si celles-ci ne sont qu’un peu plus de 11% actuellement dans l’armée belge, cette proportion "augmente et les femmes s’installent peu à peu dans l’armée" assure le chroniqueur. Depuis peu quatre femmes ont intégré les forces spéciales, une femme est responsable de l’École Royale Militaire, trois femmes ont le grade de général et sans oublier Ludivine Dedonder, première femme ministre de La Défense dans l’histoire de la Belgique. "C’est vraiment un signe envers les femmes pour dire que l’armée est faite aussi pour elles car elles ont évidemment les mêmes salaires et perspectives de carrière que les garçons" conclut le porte-parole de l’UCM.

Retrouvez les dernières infos économiques et pour les indépendants avec Thierry Evens, et bien d’autres chroniques dans Le 6-8 en semaine sur la Une.

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