Le 6-8

Plus d'infos

Sara de Koh Lanta souffre d’algoneurodystrophie : quelle est cette maladie ?

Candidate emblématique de Koh Lanta, Sara a révélé son calvaire dans la presse : elle souffre d’algoneurodystrophie. Quelle est cette maladie ? On fait le point avec Gilles Goetghebuer, chroniqueur sportif dans le 6-8.

Après avoir ponctué l’émission présentée par Denis Brogniart de sa phrase fétiche "Y’a pas de fatigue qui soit" en 2013, 2014 et 2020, Sara refait parler d’elle pour une raison bien moins exaltante.

Dans le magazine Public, l’ex-aventurière explique souffrir d’une inflammation du genou qui lui cause de vives douleurs, comme si "des coups de poignard [lui] transperçaient les os". Coup dur pour cette grande sportive qui avoue avoir demandé à son médecin de l’amputer, mais "il a refusé".


A lire aussi : Denis Brogniart se mobilise dans la lutte contre le cancer du pancréas, à la mémoire du candidat Bertrand-Kamal


Tout a commencé par des problèmes articulaires comme pour beaucoup d’anciens sportifs, note Gilles Goetghebuer. A 51 ans, Sara a déjà subi 6 opérations du genou et la dernière qui consistait au placement d’une prothèse a très mal tourné. La zone opérée reste rouge, chaude, gonflée, transpirante. Or, après une visite chez son médecin, on constate qu’il n’y a pas de trace d’infection, pas de fièvre. Seulement une articulation terriblement douloureuse au point de ne pouvoir poser le pied sur le sol.

Aujourd’hui, cette ancienne grande sportive trouve son réconfort dans la psychothérapie et envisage de lancer son propre one-woman-show.

Une question demeure cependant, à laquelle notre spécialiste tente de répondre :

Qu’est-ce qui l’empêche de guérir ?

Une maladie très curieuse qui porte un nom impossible : l’algoneurodystrophie. Cela vient du grec "algo" qui signifie la douleur, "neuro" qui s’apparente à un problème nerveux et "dystrophie" qui vient d’un dysfonctionnement dans le cheminement de la douleur. L’algoneurodystrophie est donc une maladie de la douleur.

Explications avec Gilles Goetghebuer :

Logiquement la douleur est un signal de l’organisme pour alerter le cerveau de l’urgence d’une situation. Par exemple, si l’on porte des chaussures trop petites, la douleur va cheminer jusqu’au cerveau et celui-ci en retour va envoyer l’ordre de se déchausser ou de marcher d’une façon à ne pas avoir mal. L’aller-retour s’effectue à une vitesse d’environ 50 mètres par seconde. Le problème de l’algoneurodystrophie réside précisément dans ce décalage entre l’information initiale et la réaction. En clair, le cerveau continue d’envoyer des ordres de détresse alors que la situation ne le justifie plus. En l’occurrence, si l’on ne porte plus de chaussures très petites mais que l’on continue à avoir mal comme si on les portait toujours. C’est quelque chose de relativement banal après une grosse blessure ou une opération. On estime que cela concerne environ 15% des patients. Surtout les femmes et les personnes âgées. En clair, on continue d’avoir mal alors qu’apparemment tout est guéri !

1 images
L’algoneurodystrophie est une maladie de la douleur. © krisanapong detraphiphat, Getty Images

Comment peut-on faire pour se sortir de cette situation ?

C’est très difficile, remarque notre spécialiste. Il faut reprogrammer le cerveau. Pour cela, il existe différentes techniques comme réapprendre patiemment à distinguer les stimuli au niveau de la peau : tapotements, effleurements, contact avec un objet lisse, rugueux, chaud, froid, etc.

En général, l’algoneurodystrophie finit par disparaître mais il est très difficile de prévoir le temps que cela va prendre. Et cela peut durer des années. Pour un sportif, on comprend que ce soit difficile à vivre. D’autant qu’on ne peut pas toujours compter sur la bienveillance de l’entourage. Souvent la victime est considérée comme une personne faible, hypocondriaque, dépressive qui s’invente des maladies pour se la couler douce. On en souffre. L’algoneurodystrophie est souvent la cause de traitements par antidépresseurs. Alors que le problème est ailleurs.

Retrouvez la chronique de Gilles Goetghebuer et bien d’autres dans Le 6-8, à suivre tous les jours de la semaine de 6h à 8h sur La Une.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK