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Retour sur le parcours atypique de Serge Gainsbourg : "J’espère qu’il restera bien deux ou trois chansons"

Le 2 mars prochain, voilà 30 ans que Serge Gainsbourg nous quittait. Dans Le 6-8, Bruno Tummers est revenu sur le parcours des plus étonnants de celui qui laissera toujours traîner derrière lui un parfum de scandale.

En vue de cet anniversaire commémoratif, la RTBF lui rend hommage dans un film documentaire, intitulé La story Gainsbourg : le punchliner, à découvrir le dimanche 28 février sur la Trois dès 21h00.

Viva + en fera de même, ce lundi 1er et mardi 2 mars, en adaptant sa programmation à découvrir ici.

A cette occasion, Bruno Tummers nous ouvrait la boîte aux archives consacrées au chanteur, à plusieurs reprises sous l’œil des caméras de la RTBF.

Des débuts difficiles

Dans les années 60, Serge Gainsbourg est notamment filmé par les équipes de la RTBF. Il interprète alors "La Javanaise". "Une de mes préférées", intervient Sara.

"Vous remarquerez la présence en arrière-plan d’un danseur qui n’est autre que Jean-Pierre Cassel, le papa de Vincent Cassel", fait remarquer à son tour le chroniqueur.

Un titre que l’artiste a d’abord offert à Juliette Gréco, qui l’enregistra dans un premier temps, avant qu’il ne la réinterprète à son tour. Si la chanson est aujourd’hui considérée comme un classique, elle fait pourtant un bide à ses débuts.


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Il faut dire que Gainsbourg mettra du temps avant de s’imposer sur le devant de la scène. Son physique rebute et sa voix reste blanche, avec peu d’inflexions, ajoute Bruno. Ses premiers albums, très jazz, n’attirent pas encore le grand public.

Le succès, il le rencontrera en tant qu’auteur. "Il va se révéler en écrivant pour les yéyés. Il écrit beaucoup pour France Gall, Petula Clark. Il a même écrit pour Stone, Nana Mouskouri, mais aussi pour Claude François", précise-t-il.

Monsieur Birkin

A la fin des années 60, son duo avec Jane Birkin sur "Je t’aime moi non plus" fait scandale. "Et ça dans le monde entier, même au Vatican. Le pape n’était vraiment pas content de cette chanson où on entend les halètements de Jane Birkin", avance le chroniqueur musical.

Si la chanson fait beaucoup parler d’elle, Gainsbourg, lui, n’est pas encore bien identifié par le public. Dans les années 70, il est Monsieur Jane Birkin, puisque la star, c’est elle ! Reine de la comédie populaire, elle partage notamment l’affiche avec Pierre Richard.

Ayant scandalisé presque l’humanité entière, je pense que "Je t’aime moi non plus" restera comme un exemple de l’époque actuelle

En 1972, Serge Gainsbourg ne se fait d’ailleurs aucune illusion sur son parcours et sa future postérité, pointe Bruno en dévoilant l’archive dans laquelle Gainsbourg confie sa source d’inspiration pour "Je t’aime moi non plus".

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© Getty Images

Quand Gainsbourg devient Gainsbarre…

Ses albums Melody Nelson et l’Homme à tête de chou passent inaperçus eux aussi d’abord inaperçus. Ce n’est que plus tard, grâce au titre reggae "Aux armes et cætera", que les ventes rencontreront un franc succès.


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Un bonheur de courte durée pour Gainsbourg, qui, à l’apogée de sa carrière, se fera larguer au début des années 80 par Jane Birkin.

Gainsbourg se noie et devient Gainsbarre, son double des dernières années

Un Gainsbarre qui a très mal vieilli, selon le chroniqueur : "Avec des mouvements passés par là, comme #MeToo, je ne suis pas certain que la génération actuelle accueillerait Gainsbourg les bras ouverts, ses chansons parlant de sexe et de drogue. Par contre, la génération de gamins des années 80 l’adopte".

Dans une dernière archive, Bruno finit par dévoiler un extrait du passage de Gainsbourg à Liège pour le tournage d’un clip. "Une maquilleuse, un caméraman témoigne à son propos et à leurs côtés, Serge Gainsbourg qui restait un enfant, fait le pitre", conclut-il.

Retrouvez l’actualité musicale avec Bruno Tummers, et bien d’autres chroniques ainsi que les archives audiovisuelles de la Sonuma dans Le 6-8 en semaine sur La Une et sur Auvio.

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