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Retour sur la vie de Charles de Gaulle à l'occasion des 50 ans de sa disparition

Ouvrons une petite page d’histoire avec notre historien Eddy Przybylsky qui revient sur les 50 ans de la disparition de Charles de Gaulle.

Le Général de Gaulle est mort le 9 novembre 1970, à Colombey-les-Deux-Églises.

Du militaire au Général, toute une histoire

Puisque nous évoquons avant tout un militaire, Eddy, notre historien va nous parler d’un axe qui a été très important dans la vie de Charles de Gaulle : l’axe Lille – Antoing – Dinant. C’est quasiment chez nous.

Lille, d’abord, parce qu’il y est né le 22 novembre 1890, au 9 rue Princesse, où, en tout cas en période saine, on peut visiter la maison natale. La famille de Gaulle était certes parisienne, mais la tradition, dans les grandes familles de l’époque, était qu’une femme qui devait aller accoucher chez sa mère. C’est ce qui s’est passé. Le médecin qui a signé l’acte de naissance avait d’ailleurs un nom de coureur cycliste flamand, le docteur Van Peteghem.

À 15 ans, il fréquente alors un collège de Jésuites de la rue Vaugirard à Paris, où son père est préfet. C’est l’époque où un Ministre anticlérical radical, Émile Combes, fait fermer les écoles confessionnelles de France. Le père de Gaulle envoie son fils Charles terminer ses années 1907 et 1908 là où les Jésuites français ont trouvé refuge : au château d’Antoing. Au début du 19e siècle, ce château a été dessiné par Victor Hugo. Au début du 20e siècle, Charles de Gaulle y a été pensionnaire. C’est déjà pas mal comme historique !

Au début du 21e siècle

En 2010… Sur les traces de "de Gaulle. Notre historien avait rencontré là-bas Edgard Catoire, un enseignant à la retraite qui a été guide du château pendant 35 ans. Il connaissait son sujet. Il a confié à Eddy Przybylsky qu’on avait retrouvé des lettres que "de Gaulle" avait écrites d’Antoing, à ses parents, il les vouvoyait. Il y a aussi une photo d’étudiants de cette époque dans une ferme. Ils portaient tous le chapeau. Logiquement, Charles de Gaulle devrait y figurer. Mais ils sont tous tellement loin et tellement petits qu’il est impossible de dire s’il s’y trouve et, à plus forte raison, où il se trouve. Charles de Gaulle aurait quitté Antoing après les examens de juin 1908 et il n’y est jamais revenu. Par contre, son ancien bras droit, Maurice Schumann y est venu quant à lui une dizaine de fois en pèlerinage.

Après Antoing, de Gaulle est entré à l’école militaire de Saint-Cyr dont il est sorti avec le grade de lieutenant en 1912. Nous sommes deux ans avant le début de la Première guerre.

Cette guerre de 1914 commence le 4 août en Belgique. Les Allemands traversent la Province de Liège. Immédiatement, les troupes françaises se mettent en marche pour arrêter leur progression. Charles de Gaulle, qui a 23 ans, va recevoir le baptême du feu à Dinant, le 15 août 1914. Il sera touché à la jambe ce jour-là et soigné dans une maison de l’avenue des Combattants. C’est à côté du pont où se trouvent les saxophones de toutes les couleurs et qui porte son nom : Charles de Gaulle. Une statue – pas très réussie selon notre historien – a été inaugurée en 2014, près de l’endroit où il a été blessé.

Comment est-il entré en politique ?

Après la guerre, il a été affecté en Pologne, puis à Beyrouth, puis il a été nommé au secrétariat de la Défense Nationale où il a côtoyé le monde politique. Le 10 mai 1940 éclate la Deuxième guerre. Le 6 juin, Paul Reynaud qui est président du Conseil mais aussi Ministre de la Défense, lui offre un titre ministériel : Sous-Secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense Nationale. Le 10 juin, les Allemands approchent de Paris et de Gaulle se réfugie à l’ouest : Orléans, Tours, Bordeaux. On l’envoie à Londres pour y rencontrer Churchill. Il y arrive le 16 juin. Ce jour-là, à Paris, Paul Reynaud remet la démission de son gouvernement et le vieux maréchal Pétain, 84 ans, lui succède.

Dès le lendemain, le 17 juin, Pétain demande aux Allemands les conditions d’un Armistice. De Gaulle n’est plus sous-ministre, mais il ne veut pas accepter les événements. Pour lui, la guerre doit continuer. Le 18 juin 1940 à 19 heures, il lance un appel aux Français, un appel à la Résistance.
 

Il y a cinquante ans que le Général de Gaulle est mort

Il a laissé dans l’histoire quelques interventions restées célèbres.

Chronologiquement, la première, c’est l’Appel du 18 juin. Il s’agit du 18 juin 1940. À Londres, au micro de la BBC, il demande aux Français de résister aux Allemands. Pour lui, la guerre doit continuer, même si le pays est occupé. En réalité, peu de gens vont l’entendre ce 18 juin, mais l’appel de "de Gaulle" est relayé par la presse le lendemain. La BBC n’a pas gardé l’enregistrement. Celui qu’on rediffuse régulièrement est, en réalité, un second appel que de Gaulle a lancé quelques jours plus tard, le 22 juin.

En 1940, De Gaulle va rester à Londres. En France, le gouvernement du Maréchal Pétain le condamne à mort pour trahison. En Angleterre, il sera le moteur de la Résistance. Tous les alliés le reconnaissent comme le porte-parole de la France, sauf Roosevelt, le Président Américain qui préfère s’adresser à d’autres officiers supérieurs. De Gaulle n’affectionnera jamais les Américains.

Le débarquement a lieu le 6 juin 1944. De Gaulle rentre en France le 14 juin et prononce un discours historique à Bayeux. Il s’autoproclame Chef du gouvernement provisoire.

Il est LE héros du moment. Le 25 août, les Parisiens l’acclament alors qu’il descend en procession les Champs-Élysées. Mais les politiciens ne le suivent pas et, en 1946, il démissionne et rentre chez lui, en Champagne, dans sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises d’où on le rappelle douze ans plus tard, en 1958, parce que l’Algérie, territoire français, est en feu.

À L’époque, l’Algérie est un territoire Français

Et ce, depuis 1830, mais les Algériens veulent leur indépendance. Les Français de là-bas sont jaloux de leurs privilèges et comptent sur Paris pour conserver une Algérie française. Le 4 juin, en voyage là-bas, de Gaulle dit à ces Français "Je vous ai compris" puis "Vive l’Algérie française". Il va tenter de séduire les Algériens par de grandes mesures : de grands travaux, des créations d’emploi. Mais, le Front national de Libération ne désarme pas. En face, les Français d’Algérie se radicalisent. Ils créent un bras armé, l’Organisation d’Armée secrète ; L’OAS qui va prendre de Gaulle pour cible. Il va échapper à quatre tentatives d’attentat. Finalement, il organise un grand référendum et l’Algérie sera indépendante en 1962.

Saviez-vous que, jusqu’à "de Gaulle", les Français ne choisissaient pas le Président de la République. Ils allaient aux urnes pour élire les députés et ce sont les députés qui désignaient le Président de la République.

C’est Charles de Gaulle qui a instauré l’élection présidentielle au suffrage universel. Il a été le premier élu, en 1965.

Trois mois plus tard, c’est MAI 68.

Ça, ça va bouleverser notre homme qui a quand même 78 ans ! Il s’en sort bien puisque son gouvernement sort vainqueur des élections dès le mois de juin. Donc, quelques semaines après les événements. Mais l’année suivante, de Gaulle organise un référendum sur un thème sans intérêt. Une histoire de décentralisation. Il est clair pour tout le monde que le véritable enjeu, c’est lui : je reste ou je me retire. Pour 52% des électeurs, il doit se retirer, et il le fait.

De Gaulle est un homme qui n’aimait pas la politique des partis. Il préfère demander l’avis directement aux gens. Il a été un homme de référendums. Il en a organisé plusieurs. Pour lui, une élection Présidentielle, ce sont des hommes qui viennent avec un programme et on vote pour un programme. Celui qui est élu doit recevoir les pleins pouvoirs afin d’appliquer son programme. Il est donc pour un pouvoir fort. Par contre, si le peuple est mécontent, il sanctionne le chef d’État aux élections suivantes. Et De Gaulle estime qu’aucun homme politique n’a le droit de s’accrocher au pouvoir, il a montré l’exemple. Il s’est retiré en Champagne.

La Boisserie, sa propriété de Colombey-les-Deux-Églises, est ouverte au public. Il y a aussi, là-bas, un musée et le cimetière du village où se trouve sa tombe. Il est mort le 9 novembre 1970, à treize jours de ses 80 ans, alors qu’il faisait une réussite en attendant le journal télévisé. Il avait pris ses dispositions pour être enterré, non pas au Panthéon, mais dans son village. Il avait eu trois enfants dont une fille trisomique, Anne, qui est morte à 20 ans en 1948. Il voulait reposer à ses côtés.

Colombey-les-Deux-Églises reçoit entre 60.000 et 80.000 visiteurs chaque année.

 

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