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Rentrée BD : l'histoire tragique des "Radium Girls" et le thriller "New York Cannibals"

Mathieu Van Overstraeten, chroniqueur bande dessinée du 6-8 vous présente deux nouveautés de la rentrée littéraire en BD : Radium Girls et New York Cannibals.

La bande dessinée fait aussi sa rentrée avec notamment deux œuvres contant des aventures rocambolesques sur la côte Est des États-Unis.

"Radium Girls" : du comique au tragique

Radium Girls raconte le destin de jeunes femmes décédées suite à une surexposition au radium. Cette molécule radioactive découverte par Marie Curie a été vantée début du 20ème siècle pour ses soi-disant vertus thérapeutiques. Utilisé notamment dans des crèmes rajeunissantes ou des sels de bain, le radium a servi également à peindre des cadrans de montres, un travail réservé à des ouvrières d'une usine de montres du New Jersey en 1918.

On appelait ces femmes les Radium Girls. La BD du même nom retrace ainsi le parcours de Edna, Katherine, Mollie, Albina et Quinta qui doivent peindre ces cadrans avec une peinture Undark, une substance lumineuse précieuse et très chère. Pour un maximum de productivité, les patrons de l'usine demandent aux employées de lisser leur pinceau en le portant à leur bouche. "Le problème c'est que c'est une peinture avec plein de radium dedans et vous imaginez qu'il y aura quelques conséquences dramatiques" prévient Mathieu Van Overstraeten.

Les ouvrières constatent d'abord avec amusement qu'elles brillent dans le noir et se surnomment Ghost Girls mais elles déchantent rapidement. "Elles ont commencé à avoir des anémies, des fractures, des tumeurs et à disparaître les unes après les autres et leurs patrons ont cherché à étouffer cette affaire" précise le chroniqueur.

Une BD basée sur une histoire vraie

L'autrice, Cy, a découvert cette histoire vraie dans un article diffusé sur les réseaux sociaux et a décidé d'en réaliser sa première BD. "Elle le fait de manière très simple et fluide : c'est une histoire qui glisse progressivement de l'insouciance à la tragédie avec des graphismes très simples et efficaces" souligne encore Mathieu. Cy fait ressortir les dessins par les traits verts et violets caractéristiques du radium et ceux-ci se reflètent réellement dans le noir.

Cette bande dessinée à le mérite 'd'éclairer' cette histoire tombée dans l'oubli. Le destin de ces femmes a toutefois fait bouger les lignes informe le chroniqueur BD : "Après cela le radium n'a plus été utilisé dans les montres, leur usine a été fermée et il a été interdit de lisser les pinceaux avec sa bouche".

"New York Cannibals" : une ambiance effrayante et envoûtante

Autre BD dont l'histoire se déroule dans l'environnement New-Yorkais : New York Cannibals du scénariste américain Jerome Charyn et du dessinateur français François Boucq.

Cette bande dessinée est la suite de Little Tulipe, sortie il y a six ans, qui racontait comment Pavel, un jeune garçon russe a survécu dans un goulag grâce à ses talents de tatoueur et comment il a fini par débarquer à New York pour réaliser les portraits robots de suspects.

Comme dans le premier tome, "on y retrouve toujours cette ambiance un peu effrayante et envoûtante, à mi-chemin entre le goulag de l'URSS et les rues un peu dangereuses de New York" commente-t-il.

L'histoire se déroule pourtant 20 ans après celle de ce premier volet dans lequel Little Tulipe avait adopté une petite fille, Azami. On est en 1990, Azami est désormais devenue policière et culturiste. Lors d'une intervention, elle trouve un bébé dans une poubelle et décide de l'adopter. "Mais elle ne se doute pas qu'elle vient de mettre les pieds dans un terrible trafic de bébés qui implique notamment un mystérieux gang de femmes assoiffées de sang, d'où le nom New York Cannibals" relate Mathieu.

"Un des incontournables de cette rentrée"

Mathieu Van Overstraeten a aimé cette série originale et atypique. 

"Ce sont des BD inclassables, étranges mais en même temps très intelligentes avec toujours une galerie de personnages un peu à la marge : c'est le cas de Azami ou Pavel" souligne-t-il. "C'est vraiment très étrange mais en même temps très inquiétant et fascinant cette histoire et puis les dessins de François Boucq sont magnifiques et très impressionnants, notamment dans sa manière de mettre en scène les tatouages qui prennent vie. Ce sont des images d'une force inouïe, souvent très violentes mais aussi d'une très grande beauté et il faut bien le dire, c'est très cinématographique".

New York Cannibals est assurément "un des albums incontournables de cette rentrée littéraire" selon le chroniqueur.

Difficile à dire si celle-ci comportera une suite mais ce n'est pas impossible ce second tome qui n'était pas attendu.

Retrouvez Mathieu Van Overstraeten et ses conseils BD et bien d'autres chroniques tous les jours de la semaine dans Le 6-8 sur la Une.

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