Le 6-8

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Quels sont les changements en vigueur sur le congé de maternité ?

Thierry Evens, porte-parole de l'UCM et chroniqueur économie du 6-8 vous informait ce 11 juin sur les différents changements concernant le congé de maternité.

Il y a quelques jours, on apprenait que le congé de maternité ne sera plus raccourci en cas de maladie ou de chômage temporaire. Qu'est-ce que cette décision votée à la Chambre majoritairement signifie ? Thierry Evens apporte son éclairage sur la question.

14 semaines de congé après la naissance qu'importe la situation

Une loi votée à la Chambre récemment améliore la situation pour les femmes qui ne peuvent pas travailler dans les semaines qui précèdent l'accouchement. "Elles auront droit, dans tous les cas, à quatorze semaines de congé après la naissance" précise Thierry Evens.

"La règle, c'est en réalité quinze semaines de congé. En théorie c'est une semaine avant la date prévue de l'accouchement et quatorze après" ajoute-t-il. Mais si la future maman tombe malade dans les semaines qui précèdent le début de congé d'accouchement, et ne peut pas travailler avant la naissance, on raccourcissait jusqu'à neuf semaines au minimum après l'accouchement.

Dorénavant, si une femme enceinte tombe malade avant l'accouchement, ce ne sera donc plus le cas.

Salaire à 100% en cas de maladie avant l'accouchement

Un second changement avantageux pour les salariées a également été promulgué. Il s'agit de l'indemnisation concernant ce congé : désormais, le repos d'accouchement de quinze semaines est entièrement indemnisé par la mutuelle, même en cas de maladie avant la naissance.

Thierry Evens explique et ajoute : "L'employeur ne doit pas intervenir, c'est l'autre changement intéressant pour les salariées. Si elles sont malades avant l'accouchement, non seulement elles ne raccourcissent pas leurs congés après, mais en plus, les règles normales de la maladie s'appliquent : c'est-à-dire qu'elles ont droit au mois de salaire garanti car quand il y a l'indemnisation mutuelle pour un congé de maternité, ce n'est qu'un pourcentage du salaire, donc il y a une baisse dans les revenus. Mais pendant la période de maladie, à concurrence d'un mois, elles seront indemnisées à 100% à charge de l'employeur".

Viendra ensuite l'indemnisation de la mutuelle pour les semaines de congé de maternité.

Même en cas de force majeur, la maman a droit à 14 semaines post-natales

Il arrive également qu'une salariée soit écartée de son emploi avant l'accouchement lorsqu'elle effectue un travail physique ou dangereux pour la santé. "Dans ce cas il n'y aura pas d'intervention de l'employeur, cela restera la mutuelle qui interviendra mais par contre, la période non travaillée avant la naissance ne raccourcira pas la période après la naissance, ce sera 14 semaines dans tous les cas" détaille à ce sujet le porte-parole de l'UCM.

Par ailleurs, dans une période actuelle où le chômage temporaire est très répandu, en cas de mise au chômage avant la naissance, le congé de maternité post-natal ne sera dorénavant pas raccourci.

"Il y a juste un cas où on n'aura pas nécessairement les 14 semaines après : si tout se passe normalement, s'il n'y a pas de maladie, si elle n'est pas écartée, si elle n'est pas mise au chômage, dans ce cas, la femme a ses 15 semaines. Elle n'est pas obligée de faire une puis 14, elle peut faire 3 et douze mais si c'est elle qui décide" renseigne Thierry Evens.

Toutes ces mesures sont déjà en application. Vu l'urgence, "avec le volume de chômage force majeur qu'il y a eu, la Chambre a voté la loi avec une rétroactivité jusqu'au premiers mars : toutes les femmes qui ont accouché entre le 1er mars et aujourd'hui sont bénéficiaires des nouvelles règles". Il y aura par conséquent des cas très compliqués en terme d'indemnisation pour celles qui ont accouché début mars : il faudra rembourser la mutuelle et faire intervenir l'employeur.

Pas une bonne nouvelle pour l'employeur

Si les employées seront contentes de ces nouvelles règles en vigueur, ce sera moins le cas des employeurs qui auront une double charge supplémentaire à palier. "Dans beaucoup de cas le congé sera allongé, si on est écarté par maladie ou chômage le congé sera plus long donc plus difficile à gérer pour l'employeur et les périodes de maladie avant l'accouchement seront à charge de l'employeur plutôt qu'à charge de la mutuelle" remarque Thierry.

Malgré tout, "si on compare avec les autres pays européens, ces 14 semaines octroyées après la naissance, on est dans les fourchettes basses" selon le porte-parole de l'UCM. Il faut néanmoins prendre en considération que divers autres avantages sont octroyées en Belgique comme les crédits-temps par exemple.

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