Le 6-8

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Quelles indemnités pour les indépendants malades ?

Thierry Evens, porte-parole de l’UCM, a précisé de quel montant et comment les indépendants pouvaient être indemnisés en cas de congé maladie dans Le 6-8.

Outre nos soins de santé, la période de crise sanitaire a considérablement chamboulé l’application des règles du travail et des congés : par exemple, les employés mis en quarantaine et dans l’impossibilité de travailler ont reçu des congés pour force majeure, les fonctionnaires wallons bénéficient désormais de dix jours de congés pour le décès d’un enfant,…

Si les salariés sont en général mieux protégés par les lois du travail, les indépendants quant à eux jouissent de moins de soutien de la part de l’État. Et comment cela se passe-t-il si leur commerce ou entreprise ne sont pas fermés mais qu’ils sont en incapacité de travail ?

Une durée et un montant bien précis

La protection des indépendants malade est un système récent, valable depuis le 1er juillet 2019.

L’indemnisation pour congé de maladie est effective si l’indépendant présente à sa mutuelle un certificat de maladie d’au moins huit jours d’incapacité de travail. Dans ce cas, il sera indemnisé à partir du premier jour de mise à l’arrêt. L’indépendant reçoit une indemnité forfaitaire de 62€ par jour pour un chef de ménage, 50€ par jour pour un cohabitant, et les dimanches ne sont pas comptabilisés.

Cela signifie donc qu’un indépendant qui ne peut exercer son métier pour cause de maladie pendant deux ou trois jours, n’aura droit à aucune indemnisation.

La mesure est donc bien moins avantageuse que pour les salariés, qui recevront automatiquement un pécule même pour un seul jour d’absence pour maladie moyennant la remise d’un certificat médical à leur employeur. "Il faut se rendre compte que pour les indépendants, c’est directement la mutuelle qui doit intervenir. Si on indemnisait des incapacités de travail de deux ou trois jours, ce seraient des milliers de certificats qui partiraient vers les mutuelles et ce serait donc ingérable. Ce serait aussi impossible à contrôler car les mutuelles contrôlent la réalité de la maladie aussi bien chez les salariés que chez les indépendants" souligne Thierry Evens, qui assure que les indépendants sont satisfaits généralement de cette mesure, mais pas de la somme qui leur est versée dans ce cas. Résultat : la mesure ne pousse pas les indépendants à arrêter de travailler, même quand ils sont malades.

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© Justin Paget Photography Ltd

Revoir les montants sans toucher à la protection de l’indépendant

C’est bien là que le bas blesse : bien souvent, ils dépassent leurs limites et encourent des risques pour leur santé à moyen et long terme et celle d’autrui. Les médecins déplorent souvent l’épuisement et le burn-out de nombreux indépendants. "Il faut revoir ces montants et bien garder le système où c’est le premier jour de maladie qui compte et pas celui du certificat" estime Thierry Evens.

Plus précisément, quand les indépendants tombent malades, souvent ils pensent qu’ils seront vite rétablis et n’atteindront pas les huit jours. Ils ne se rendent alors pas chez leur médecin et vont parfois le voir plusieurs jours après si leur état ne s’améliore pas pour finalement bénéficier de l’indemnité de maladie. Pour éviter d’éventuelles fraudes, certains voudraient changer la loi pour que ce soit alors la date du certificat qui compte et pas le premier jour de maladie, ce que l’UCM refuse totalement. "C’est considérer les médecins et indépendants comme des tricheurs alors que ce sont des gens qui ont une déontologie" explique le porte-parole, qui peut compter sur le soutien des mutuelles. Celles-ci disposant de médecins contrôleurs n’auraient d’ailleurs pas signalé d’abus en ce sens.

La loi ne devrait toutefois pas bouger d’après le chroniqueur, du moins pour l’instant.

Retrouvez les dernières infos économiques et pour les indépendants avec Thierry Evens, et bien d’autres chroniques dans Le 6-8 en semaine sur la Une.

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