Le 6-8

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Quel fournisseur vert choisir ?

Quel fournisseur vert choisir ?
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Greenpeace a publié son classement des meilleurs fournisseurs d’énergie verte. Comment l’interpréter ? Quelles sont les nouveautés ? Est-il représentatif du marché ? L'analyse de Caroline Sury, journaliste à l'Echo, c'était ce matin dans le 6/8 sur la Une Télé.

A part le prix, qu’est ce qui pourrait inciter les Belges à changer de fournisseur d’énergie ?

Pour certains, c’est avant tout pour profiter des meilleurs tarifs disponibles sur le marché. Rien de plus.

Pour d’autres, le tarif n’est pas tout : il est aussi question du nombre et de la qualité de services disponibles auprès d’un fournisseur (comme un service d’entretien de la chaudière par exemple ou la possibilité d’avoir un thermostat connecté).

Et puis, il y a ceux qui veulent absolument choisir un fournisseur d’électricité "verte"! C’est à eux que s’adressent en tout premier lieu le classement de Greenpeace qui vient d’être mis à jour.

À la base, Greenpeace a construit cet outil pour aider les consommateurs à faire un choix mais au fur à mesure des années, ce classement s’est aussi installé comme un outil de lobby important pour orienter les choix stratégiques des fournisseurs car dans le classement 2017, on remarque que l’impact du choix des consommateurs est notable sur ce classement. En effet le score moyen des fournisseurs a augmenté. Désormais Greenpeace recommande 7 fournisseurs au lieu de 3. Et d’après Greenpeace, on voit que des gros fournisseurs d’énergie cherchent à améliorer la qualité de l’énergie fournies.

Quels fournisseurs retrouve-t-on sur cette liste ?

En détail, ce sont toujours les coopératives qui occupent le haut de ce classement : elles sont quatre à avoir obtenu le score maximum de "soleils".

Ces fournisseurs – dont Ecopower et Cociter – sont donc hautement recommandés par l’ONG car ils impliquent le consommateur dans les décisions d’investissement. Avec leurs 3 soleils, trois autres fournisseurs sont aussi conseillés, parmi lesquels Eneco.

Même si des géants comme EDF-Luminus ou Electrabel-Engie se tournent davantage vers les énergies renouvelables (et que leurs capacités de production d’énergie verte dépassent largement celles des coopératives), ils sont toujours vivement déconseillés par l’ONG.

Engie  par exemple a clairement montré sa volonté d’arrêter la production d’énergie à partir du charbon et il s’est retiré d’un projet anglais de construction de réacteurs nucléaires.

Pourquoi une telle exclusion des géants ?

Greenpeace étudie ce que fait vraiment un fournisseur – pas ce qu’il dit – en se penchant sur sa production, ses achats et, particulièrement sur ses investissements, c’est-à-dire ce qu’une entreprise fait avec l’argent des consommateurs et comment elle voit l’énergie de demain.

Pour en revenir à l’exemple d’Engie-Electrabel, ce fournisseur n’a obtenu aucun soleil.

Justification de Greenpeace : "On ne peut pas nier qu’il y a des investissements dans le renouvelable mais à côté de ça, ce groupe est une surpuissance nucléaire et il effectue encore - au niveau mondial – des investissements qui ne sont pas du tout renouvelables"

"Avec ce classement, nous voulons donc montrer aux consommateurs qu’ils ont un vrai pouvoir entre les mains. En décidant à qui ils vont donner environ 1.000 euros (le montant annuel moyen de la facture d’électricité d’un ménage belge), ils incitent directement les fournisseurs à changer leurs investissements et influent sur ce à quoi ressemblera notre avenir énergétique."

Mais ce classement de Greenpeace en tant que choix idéologique est critiqué…

Parce qu'il n'est pas représentatif du marché de l’énergie. Note la plus basse à des gros fournisseurs historiques alors qu’ils ont fait d’immenses efforts pour développer des capacités de production d’énergie renouvelable et qu’ils ont même fait un désinvestissement dans le charbon. Ce sont d’ailleurs les plus grands développeurs d’éolien en Belgique. 

Attribuer le score le plus élevé à des coopératives est complètement exagéré. Ce sont des modèles durables et socialement intéressants mais il faut savoir que quand les sources d’énergie renouvelable d’une coopérative ne produisent pas assez d’énergie pendant une période de marché pour couvrir la consommation de ses clients, celle-ci est bien obligée de se procurer de l’énergie sur les marché de gros, où rien ne garantit l’origine verte de cette dernière.

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