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Pourquoi mange-t-on du chou frisé à Liège le Mardi gras ?

Bien que cette tradition se perde de plus en plus en terres liégeoises, fut un temps où celle-ci était presque sacrée, comme le montre notamment cette archive de la Sonuma datant de 1976.

Ce mardi 16 février, c’était Mardi gras. Manger une potée de chou frisé à cette occasion du côté de Liège est plutôt chose courante, "po n’nin èsse magnî dès mohètes", autrement dit, pour ne pas être mangé des mouchettes. Egalement appelé "chou kale", le chou frisé se distingue du chou vert et s’érige comme une variété "sans tête", riche en vitamines et en calcium. Mais d’où vient cette tradition ?

Les origines de la coutume

RTC avance notamment plusieurs explications. La plus probable d’entre elles se rapporte tout simplement à la date de récolte du chou frisé, à l’approche du mois de mars. Avec le retour progressif des jours plus doux, les insectes nuisibles, dont les mouches font, eux aussi, à nouveau peu à peu surface. Et pour éviter qu’elles ne se ruent sur le chou, les Liégeois veillaient à le consommer avant même leur arrivée.


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Manger de la potée au chou la veille du Carême afin d’être en forme, d’emmagasiner un maximum de vitamines et d’éviter les maladies est une autre explication avancée. Dans ce cas, ce sont les vertus alimentaires du chou frisé qui sont mises en avant. De cette manière, on évite aussi… la mort, pour ne pas se retrouver mangé à son tour par des mouchettes. C’est la tradition qui le veut…

"Nos ancêtres savaient, par tradition, que le chou et plus particulièrement le chou frisé possédait aussi certaines qualités médicinales et aussi beaucoup de vitamines de toutes sortes. Donc, la veille du mercredi des cendres, chez les croyants et les personnes les moins aisées, on se faisait une grosse marmite de chou frisé dans laquelle on ajoutait des pommes de terre et du lard bien gras. On pouvait ainsi espérer tenir jusqu’à la fin de l’hiver", expliquait Maurice Remi, membre de la Confrérie Lès Magneuûs d’Crolêye Djote di Warou, en 2014 pour la RTBF.

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La traditionnelle potée au chou frisé du Mardi gras. © Getty Images

Le chou, sacré, dans cette archive de la Sonuma

Le jus de chou cru ! Si on en boit plusieurs fois par jour, ça soigne les ulcères à l’estomac. Je connais plusieurs personnes qui ont guéri comme ça

C’est en tout cas ce que martèle ce grand amateur de chou dans le sujet consacré à cette tradition tourné en 1976.

Des images qui prêtent à sourire et rappellent une autre époque, à retrouver dans les archives audiovisuelles de la Sonuma sur Auvio, mais également dans la rubrique spécialement dédiée au carnaval et au folklore wallon.

Pour plus d’archives, rendez-vous dans Le 6-8

Pour d’autres archives, suivez la séquence Sonuma avec Hugues Hamelynck dans Le 6-8 tous les jours de la semaine sur la Une à 7h50.

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