Le 6-8

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Pourquoi faut-il privilégier le vélo traditionnel au vélo électrique ?

Gilles Goetghebuer a pointé les différences de pollution entre vélo électrique et vélo traditionnel et a souligné le mauvais impact du marché du vélo électrique dans Le 6-8 ce 28 mai.

Le vélo a suscité un engouement sans précédent pendant la crise sanitaire et le confinement.

"Il y a quand même un petit bémol qui chagrine tous les amateurs de vélo car dans les ventes de nouveaux vélos, un sur deux est électrique" estime Gilles Goetghebuer alors que pour de nombreux amoureux du vélo, "c'est une invention magnifique qui n'a pas besoin d'être dénaturée par un moteur".

Le vélo électrique oui, mais pas si vous êtes en pleine forme

Bien entendu, le chroniqueur sports du 6-8 concède que certaines personnes ont besoin d'un vélo électrique, notamment celles qui doivent transporter des enfants en gravissant des côtes ou celles qui sont en déclin physique par exemple.

"Avec ces profils particuliers, le vélo électrique remplit sa mission" assure-t-il.

Le problème se situe à l'opposé selon Gilles Goetghebuer : "Il y a plein de gens qui achètent le vélo électrique et qui sont en pleine forme". On doit même différencier les deux désormais en parlant de vélo électrique d'un côté et de vélo musculaire de l'autre.

Il donne l'exemple suivant : "L'égérie de la marque française de vélo électrique Moustache bike, c'est Julien Absalon, il a 39 ans et est deux fois champion olympique de VTT, pas le genre à avoir un moteur pour faire du vélo dans la forêt".

"Le plus désespérant à mon sens, c'est que désormais on trouve déjà un moteur électrique pour les enfants" ajoute-t-il.

Un effet inverse

Si pour les cyclistes fidèles au vélo traditionnel, il y a peut-être une frustration de se faire dépasser en côte par des vélos électriques qui ne font pas le moindre effort physique, le problème de ces deux exemples que dressent le chroniqueur, c'est que justement, le vélo électrique a perdu son sens premier. Il explique : "Au départ le vélo électrique avait pour tâche que la part la plus sédentaire de la population se mette au sport. Le vélo électrique devait donc servir de marche-pied entre la voiture et le vélo". Or il constate que :

On a vu plutôt l'inverse : ce sont des cyclistes habituels qui sont passés au vélo électrique, donc le but n'est pas atteint.

Son inquiétude est dès lors la suivante : "Ce qu'il risque de se passer c'est qu'ils s'engagent dans une voie vers une recherche de confort de plus en plus, prendront des modèles un peu plus puissants. On trouve sur le marché déjà des speed elec, des vélos électriques mais qui vont à du 45 km/h. On s'engage donc dans une voix qui n'était pas celle qui avait été annoncée. Dans un premier temps, le vélo électrique proposait de rajouter un peu de sport dans sa vie et de retirer un peu de pollution. Au bout du compte, qu'est-ce qu'on a vu ? Pour beaucoup d'utilisateurs on a retiré un peu de sport et ajouté un peu de pollution".

Une différence de pollution

Gilles Goetghebuer, rédacteur en chef du magazine Sport et vie, a consacré une étude dans un article qu'il développe sur cette pollution ou non du vélo électrique par rapport au vélo musculaire, à savoir la pollution liée à la fabrication d'un tel type de vélo. Pour le vélo classique, "un kilo de vélo c'est environ 5 kilos de gaz carbonique, des gaz carboniques équivalents car il faut trouver une unité de mesure qui regroupe toutes les pollutions" précise le chroniqueur.

Donc si on prend l'exemple d'un vélo pesant 12 kilos, il aura fallu 60 kilos de CO2. "Si on part du principe que le vélo roulera 24.000 km, la durée de vie moyenne d'un vélo, cela fait 2,5 gr de CO2 par kilomètre parcouru" en déduit Gilles.

Pour le vélo électrique, il faut déjà compter que celui-ci pèse plus lourd et qu'il inclut une batterie. "Pour fabriquer une batterie de 0,5 kW/heure c'est 100 kilos de gaz carbonique. Il faut la changer régulièrement et la recharger" précise le chroniqueur. Le calcul est donc plus compliqué que pour un vélo musculaire. "En fonction de la production énergétique, si on fait de l'électricité avec du nucléaire, du gaz, du charbon, tout cela impact le calcul mais au total un vélo électrique ne pollue pas beaucoup, car une petite voiture c'est 120 grammes de CO2 par kilomètre et un vélo électrique tourne aux alentours de 15, 20, 25 grammes de CO2 par kilomètre" révèle-t-il.

Conclusion, un profil "a raison d'utiliser" le vélo électrique mais celui-ci est 6, 8 à 10 fois plus polluant que le vélo classique qui en plus entretiendra toujours votre forme.

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