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Noé Preszow, la dernière révélation belge, sort son premier album aux textes profonds et écorchés

Après plusieurs singles qui ont rencontré l'adhésion du public et des radios, Noé Preszow sort son tout premier album studio. Bruno Tummers, de son œil avisé, vous livre son analyse.

Si l'expérimentée Sheila sort ce 2 avril un 27e album, on a droit également à la sortie attendue du premier disque de l'artiste belge émergent : Noé Preszow.

L'auteur-compositeur-interprète bruxellois de 26 ans, qui a signé sur le même label que Vianney ou Vincent Delerm, Tôt ou tard, a fait des débuts remarqués avec son premier single, À nous, plage-titre de cet album. Cette chanson lui a permis d'être le lauréat découverte des médias francophones publics en 2020 et d'obtenir une nomination dans la catégorie 'Révélation masculine de l'année' aux Victoires de la musique. C'est dire donc que l'attente de ce premier album était grande.

Un album aux textes denses et profonds

Bruno Tummers semble en tout cas conquis par cet album sur lequel Noé Preszow a travaillé pendant plusieurs années pour le finaliser. Il pointe la densité et la profondeur des textes, notamment sur À nous, une chanson qui évoque la société de consommation des individus qui s'en sentent marginaux.

L'artiste bruxellois confirme ce message : "C'est un hymne aux imperfections qui s'adresse un peu aux bizarres et gens cassés (...) Dans cet album j'étais dans un élan de transformation, c'est-à-dire (que je me demandais) ce que je fais de mes failles personnelles et des failles sociétales".

L'album a été réalisé par Romain Descampe et Ziggy Franzén de Puggy et propose des chansons qui ne sont pas formatées pour la radio et d'autres qui à l'inverse, s'inscrivent dans un registre de variété comme Que tout s'danse, une chanson qui parle à nouveau du sentiment de solitude intérieure.

Un troisième single, Cette route-là, accompagne également la sortie de l'album. L'auteur-compositeur-interprète belge chante l'inaccessible, quelque chose qu'il cherche à atteindre constate Bruno Tummers qui précise dans Le 8/9 : "Il y a cette envie de liberté. Et comme toujours avec Noé qui a des titres très denses, on peut un peu comprendre ces titres comme chacun le souhaite".

Un artiste touchant mais avec des messages positifs

Noé Preszow s'est aussi confié sur cette solitude qui l'a habité pendant sa jeunesse : "Très tôt j'ai compris que j'avais un monde intérieur à protéger et que je n'avais pas besoin d'être le plus populaire de la classe ou de l'école. Aujourd'hui j'en parle de manière détendue parce que mes chansons m'emmènent sur des routes assez agréables et cela m'a nourrit. Mais sur le moment il y a eu beaucoup de souffrances, je n'étais pas un adolescent heureux, j'étais tourmenté et mon rapport à la vie était difficile. C'est vrai que je n'ai jamais maquillé cela mais j'ai eu cette chance de sentir cette flamme : je rentrais de l'école à Ixelles et directement j'enregistrais des morceaux".

Rassurez-vous toutefois, l'album À nous ne présente pas qu'un "univers désespéré" pointe Bruno Tummers, décelant aussi de nombreux messages positivistes sur cet album. Le chroniqueur se montre même dithyrambique sur cette sortie :

Il y a très longtemps que je n'avais pas entendu un album de chanson française avec des textes de cette qualité.

Il précise : "On retrouve beaucoup de textes dans le rap qui sont très fournis et denses mais peu avant un habillage pop". Désormais, c'est à nous public, de lui accorder la place qu'il mérite.

Retrouvez l’actualité musicale avec Bruno Tummers, et bien d’autres chroniques dans Le 6-8 en semaine sur La Une et sur Auvio.

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