Le 6-8

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Les séries télé, est-ce que c'était mieux avant ? Dr House : notre anti-héro libérateur

Le spécialiste de la géopolitique Dominique Moïsi dit qu’au 19e siècle, si on voulait comprendre la société française, on lisait Balzac ou Flaubert. Aujourd’hui, pour comprendre la société, on regarde des séries. Ann Vandenplas nous propose un petit zapping sur les séries d’hier à aujourd’hui pour décrypter ces codes sociétaux qui se transposaient en filigrane dans nos postes TV.

Ça, c’était AVANT !

Si on se remémore avec bonheur certaines séries à succès, avec le recul, on peut y apporter un nouvel éclairage.

Et partant du principe que les séries reflètent la société, Ann estime d’emblée que oui, c’est forcément mieux maintenant parce qu’elles sont la preuve vivante que notre regard et nos habitudes évoluent.

Ma sorcière bien aimée :

On se souvient tous de Samanta et de ses pouvoirs lorsque, en remuant son petit nez, elle réalisait ainsi un petit tour de magie. Selon Ann, les pouvoirs de notre charmante petite fée d’antan n’étaient alors utilisés que pour réaliser des tâches ménagères. Aussi, elle n’usait que très peu de ses pouvoirs, elle se contenait, afin de ne pas être cette femme extraordinaire et se fondre ainsi dans la norme d’une famille ordinaire.

Elle aurait pu sauver le monde mais non, ses pouvoirs sont étriqués à des fins ménagères. Mais heureusement les choses ont évolué.

Sex in the city

Là c’est carrément l’émancipation ? Etait-ce vraiment une série féministe ?

Il y a de l’émancipation oui, d’un côté elles nous ont offert de grands moments d’émancipation féminine en dissertant sur le sexisme, en brisant les tabous sur la sexualité, on discutant de l’avortement, … Ces héroïnes seraient accusées cependant de ne véhiculer que des stéréotypes genrés, et de ne représenter que des femmes blanches et minces. Une vision réductrice qui ne va pas dans le sens girl power que la série aurait prôné.

Donc oui, on évolue mais le chemin est encore long !

Thegoodwife

C’est une femme avocate à la base qui n’a jamais exercé parce qu’elle épaule son mari qui est procureur de Chicago. En raison d’un scandale sexuel, son mari se retrouve en prison, sa femme reprend alors sa carrière d’avocate pour subvenir aux besoins de sa famille. Sa vie redémarre ainsi après ses 40 ans. Ça fait du bien de voir une héroïne de 40 ans qui reprend son destin en main, qui s’épanouit pleinement.

Diversité Zéro

Des familles blanches, des familles afro-américaines mais pas ou peu de mélanges ?

Si on s’arrête sur la représentation des bandes d’amis et des familles idéales dans les séries des années 90, ça peut faire peur tant la diversité est absente. Notre chroniqueuse évoque tout aussi bien la diversité raciale que de la diversité des orientations sexuelles par exemple.

Le cosby show

On démarre avec par exemple la série " Un toit pour 10 " versus " le Cosby show ". Deux séries avec des familles idéales mais aucun mélange d’origines. Et j’ajouterais même que du côté des séries afro-américaines comme " le prince de bel air " par exemple, les actrices subissaient souvent ce qu’on appelle le colorisme, c’est-à-dire que même étant dans des séries afros-Américaines, elles devaient correspondre à des standards de beauté européens. Hillary dans " Le prince de bel air " à la peau très claire et sa mère dans la série a été remplacée en cours de route par une femme à la peau beaucoup plus claire que l’actrice précédente.

Chez nous, les séries pour ados produites par AB productions étaient logées à la même enseigne concernant l’absence de diversité : De "Premiers baisers" à "Hélène et les garçons" : 0 diversité !

Friends

Une série fantastique mais qui avait elle aussi encore bien des progrès à faire en matière de diversité.

Dans " Friends ", l’acteur DAVID SCHWIMMER qui joue Ross s’est beaucoup exprimé sur le manque de diversité dans la série. Il dira même en avoir été très conscient et avoir imposé à la production des petites amies issues de la diversité pour cette raison précisément. L’homosexualité était aussi assez taboue dans Friends ou Chandler avait honte de son père et la grossophobie sur la silhouette passée de Monica a été durant toutes les saisons le sujet de moqueries !

En 2000 : l’arrivée du anti-héro libérateur

Un gros changement début 2000 est l’arrivée des anti-héros dans les séries avec en tête le célèbre Docteur House. Fini les Macgyvers, K2000 ou Urgences aux héros masculins lisses et bons, place aux anti-héros. Bien plus cruel que JR dans Dallas, avec House, on frôle en permanence l’amoralité, le politiquement incorrect. Voilà un héros libérateur dont les défauts font le génie. Même Hugh Laurie, l’incroyable interprète du docteur ne comprenait le succès de ce personnage misanthrope, effrayé et dysfonctionnel. Avec House, on regarde parfois l’humanité en face avec tous ses paradoxes, ses grandeurs et ses laideurs et on l’aime quand même.

Un grand pas loin des idéaux et des clichés !

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