Le 6-8

Plus d'infos

La langue française, c’était mieux avant ?

Le beau langage est-il en train de se perdre ? Quel usage les jeunes font-ils du français ? Aujourd’hui, il n’est pas rare de se faire la réflexion. Pourtant, la langue est destinée à évoluer, voire à absorber certains termes. Ce discours n’est donc pas nouveau mais transparaît tout de même beaucoup plus à l’heure actuelle. Ann Vandenplas, chroniqueuse dans Le 6/8, s’est penchée sur la question.

"Tchoin", "faire de la moula", "avoir le seum", "miskine" : bon nombre de ces expressions de jeunes puisent leur origine dans la pop culture, notamment dans la musique. Les deux premières expressions citées ont d’ailleurs été respectivement popularisées par les rappeurs français Kaaris et Booba, n’hésitant pas à emprunter des mots de leur langue d’origine.


►►► A lire aussi : Et si on apprenait le néerlandais sans complexe ?


Un exemple pertinent pour pointer le multiculturalisme, de plus en plus présent dans nos sociétés. A l’heure actuelle, beaucoup de jeunes parlent également une autre langue, souvent la langue d’origine de leurs parents. Il est donc presque logique que certains mots de vocabulaire fassent leur apparition dans la langue française, qui est amenée à évoluer avec les populations qui l’utilisent.

La richesse des néologismes

Ann Vandenplas cite ensuite Rémy Rebeyrotte, député français, ayant déclaré que "les néologismes sont importants pour la vitalité de la langue". Pour illustrer son propos, le député a pris l’exemple de la chanteuse Aya Nakamura. La chroniqueuse ajoute : "Elle utilise un langage particulier vu qu’elle mélange de l’argot, des termes de sa langue d’origine et des termes français. Ça amène quelque chose de nouveau, on aime ou on n’aime pas."

Jonathan Krego, candidat à la saison 7 de The Voice Belgique, s’était même amusé à décoder en "bon français" les paroles de "Djadja", l’un des premiers tubes de la chanteuse. Une reprise qui aura désormais le mérite d’être plus compréhensible pour une majorité.

 

Si les néologismes semblent nécessaires, le problème pourrait davantage se poser dans l’écriture. Et tout particulièrement dans l’écriture dite "texto". L’utilisation abusive de la phonétique et des abréviations modifie la structure de la langue et est donc susceptible d’en modifier le sens. Dans ce cas, la communication ne pourrait tout simplement plus passer.

Et sur les bancs de l’école ?

Cinquième langue la plus parlée au monde, le français n’est pas encore menacé en termes d’enjeu et de puissance. A l’école, l’enseignement du français n’est toutefois plus le même. Certaines conjugaisons, comme le subjonctif imparfait, ne survivent pas. Elles sont de moins en moins enseignées, car moins utilisées.

On remarque également l’utilisation plus fréquente de textes d’actualité pour traiter des sujets en partant davantage du souhait des élèves. Les professeurs remarquent cependant qu’il existe encore deux écoles. Certains profs préférant continuer l’apprentissage avec des textes plus classiques.

Ann Vandenplast revient ensuite sur la comparaison entre deux albums de la série de livres pour enfants "Martine" ayant une trentaine d’années d’écart : "Il y a une différence au niveau du texte qui s’est appauvri. C’est plus simple, plus direct et moins fouillé. Par contre, on aborde aujourd’hui des sujets très importants qu’on n’abordait pas il y a quelques années comme l’homosexualité, la place des femmes, etc. Quelque part, cela permet de toucher les enfants directement sur des sujets essentiels."

Faut-il donc rendre le pouvoir aux locuteurs ? Selon la chroniqueuse, il ne faut pas hésiter à privilégier cette voie.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK