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"L'instant d'après" et "Géante", deux bandes dessinées au récit neuf et atypique

Mathieu Van Overstraeten a distillé ses conseils BD de la semaine pour la reprise du 6-8 sur la Une ce 11 mai. Au programme : "L'instant d'après", une BD pleine de disparitions mystérieuses, et "Géante", un récit féministe dans un conte médiéval-fantastique.

Évadez-vous en lecture avec les choix BD de Mathieu Van Overstraeten. Après avoir dernièrement parlé de bandes dessinées qui sentent bon la fin du confinement, voici deux nouvelles sélections qui devraient plaire aux amateurs d'histoires fantastiques.

Une disparition instantanée

L'instant d'après raconte l'histoire de la disparition d'Aline, une joueuse de harpe. Celle-ci disparaît en un instant : "Elle est en voiture avec son mari Philippe et ils ont une discussion assez houleuse. Cela s'arrange quand même un peu et Philippe tend une cigarette à Aline mais elle ne la prend pas car elle n'est plus dans la voiture. Elle s'est volatilisée, elle a disparu. Elle était là un instant et l'instant d'après, elle disparaît" annonce Mathieu Van Overstraeten.

Entre en scène alors Blandine, "la sœur d'Aline qui travaille comme stripteaseuse aux États-Unis" qui rentre en France pour mener son enquête.

"La police est persuadée que c'est son mari qui a tué Aline pour toucher son assurance vie. Elle cherche le corps sans le trouver. Pendant ce temps là, Blandine entre en contact avec un prisonnier qui passe toutes ses journées à découper des coupures de presse sur les disparitions mystérieuses comme celle d'Aline. Blandine découvre avec stupéfaction que ce prisonnier qu'on a surnommé Houdini a recensé plus de 900 disparitions mystérieuses rien qu'en France et que ce rythme a tendance à augmenter" dévoile le chroniqueur.

"L'instant d'après", une BD aux accents sixties

Outre le scénario intriguant, Mathieu pointe l'ambiance créée par le dessinateur. Les traits se rapprochent par exemple du pop art, un art en vogue dans les années 1960. Les dessins sont en effet composés de pointillés rouges, "comme les peintures de Roy Lichtenstein qui ressemblent un peu à de la bande dessinée, qui est un des maîtres du pop art".

Mathieu Van Overstraeten précise : "C'est une BD qui est magnifiquement mise en image par le dessinateur Éric Maltaite qui prend beaucoup de plaisir à recréer l'ambiance de juillet 1969, un mois assez mythique puisque c'est le mois durant lequel l'homme a marché sur la lune".

Selon le chroniqueur, L'instant d'après devrait plaire aux cinéphiles et nostalgiques de cette période ainsi qu'aux "amateurs de récits fantastiques et inexplicables". Il prévient toutefois que la fin est plutôt déroutante.

Enfin, on note que la BD est réalisé par deux grands noms dans le milieu du 9ème art. Le dessinateur Éric Maltaite n'est autre que le fils de Will, créateur de la série Tif et Tondu et le scénariste est Zidrou, auteur de L'Élève Ducobu, Léonard, ou encore Tamara. L'instant d'après s'adresse toutefois à un public adulte.


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Une BD "Géante" dans tous les sens du terme

Autre BD, autre ambiance mais avec aussi un récit atypique dans le monde de la BD. Celle-ci s'intitule Géante, histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté et sort le 27 mai prochain.

Tout est donc géant dans cette bande dessinée, à la fois le titre mais aussi le contenu qui comporte plus de 200 pages.

L'histoire s'entame avec la découverte dans les bois d'un énorme bébé aux cheveux roux par un bûcheron. "Il parvient à ramener le bébé chez lui. Il pense le déposer à l'hospice mais lorsque son épouse découvre que ce bébé est une fille, elle convainc son mari de l'adopter", dans une famille qui compte déjà six garçons. Baptisée Céleste, cette géante vit une "enfance heureuse mais voit progressivement chacun de ses frères quitter le cocon familial et elle se dit que le temps est venu pour elle d'explorer de nouveaux horizons" détaille Mathieu Van Overstraeten.

Si elle sera rejetée à certains endroits, Céleste vit "un incroyable voyage puisque sur son chemin elle croise des sirènes, combat un inquisiteur, rejoint une troupe de saltimbanques et devient même une princesse" résume encore le chroniqueur.

Un récit féministe dans un univers médiéval fantastique

Si la thématique des géants a toujours fasciné les auteurs, comme Rabelais avec Gargantua, ou encore Les voyages de Gulliver, "les histoires de géantes, c'est plus rare" analyse Mathieu.

Par ailleurs, il s'agit à la fois d'une histoire de géante mais aussi d'un conte féministe. "On se rend compte que le principal problème de Céleste n'est pas forcément de mesurer 12 mètres de haut mais d'être une femme dans un monde dominé par les hommes. C'est plus difficile pour elle de trouver sa place en tant que femme plutôt qu'en tant que géante" pointe encore le chroniqueur.

Géante plaira ainsi à la fois "à ceux qui s'intéressent aux récits féministes" mais aussi aux fans de l'univers médiéval fantastique, le récit se déroulant dans cet univers-là.

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