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Jules Verne : le seul géant de la littérature à avoir donné son nom à une épreuve sportive

Quel lien entre la littérature et le sport ? Aucun direz-vous et pourtant un bien célèbre écrivain français a marqué d’un Trophée le défi nautique qui récompense le tour du monde à la voile le plus rapide réalisé en équipage, sans escale et sans assistance sur une distance orthodromique de 21.760 milles : c’est le dit "Trophée Jules Verne". Gilles revient sur cette aventure qui surfe sur la vague des records.

Le trophée Jules Verne

Jules Verne est le seul géant de la littérature à avoir donné son nom à une épreuve sportive. C’est vrai. Il n’existe pas de coupe "Marcel Proust", de tournoi "Victor Hugo", de Challenge "Alexandre Dumas". Or il existe un trophée Jules Verne. Il s’agit de faire le Tour de la terre en bateau à voile – soit 40.000 kilomètres le plus vite possible. Il ne s’agit pas d’une course à proprement parler. Plutôt d’un record. On part quand on veut et il se trouve qu’il y a précisément un bateau dans les starting-blocks ce jour. Il s’agit du trimaran Sodebo du skipper français Thomas Coville. Avec ses 7 marins, il devrait partir dans les jours qui viennent. Le but, ce sera de battre le record détenu depuis janvier 2017, par Francis Joyon en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes. Admirez la précision. Il pourrait bien réussir. A souligner aussi les progrès extraordinaires accomplis sur ces bateaux qui, dans des conditions favorables, décollent véritablement de l’eau et surfent sur les vagues.

Quarante jours, c’est la moitié du temps mis par les héros du roman de Jules Verne "Le tour du monde en 80 jours".

C’est évidemment le roman de Jules Verne qui est à la base du trophée. "Le tour du monde en 80 jours" raconte les aventures d’un aventurier anglais intrépide, Phileas Fogg et de son domestique français, Jean Passepartout. Dans le bouquin, les deux hommes engagent un pari avec leurs amis (20.000 livres tout de même) comme quoi il est possible de faire le tour de la terre en 80 jours seulement en utilisant tous les moyens de transport : paquebots, train, voitures, traîneaux et même éléphants. Le roman se termine par un coup de théâtre. Phileas Fogg croit avoir une journée de retard. Mais il a gagné vingt-quatre heures sur le calendrier en voyageant d’ouest en est. Il se rend donc à son club à l’instant précis où expire le délai de 80 jours. C’est une histoire magnifique ! Et c’est sans parler de la beauté de la Princesse Aouda, la veuve d’un maharadjah, que Fogg a sauvé du bûcher en Inde et qui deviendra sa femme. Yves Le Cornec connaissait l’œuvre de Jules Verne. Il avait lu le roman. A la fin des années 80, il a eu l’idée de lancer ce défi et, en 1993, Bruno Peyron boucle effectivement le tour en 79 jours et 6 heures. Depuis lors il a été battu une dizaine de fois. Et le temps a été diminué presque par deux.

Jules Verne lui-même était sportif ?

Non. En fait, il était en assez mauvaise santé. Il était atteint de ce que l’on diagnostiquerait aujourd’hui comme une maladie cœliaque, qui se traduit par ce que les médecins appellent une "incontinence fécale", c’est-à-dire une brusque et irrépressible envie d’aller à selle qui peut parfois survenir dans les moments les moins opportuns. Lorsqu’il débarque à Paris en 1848, il écrit à sa mère une lettre assez drôle sur l'"impatience naturelle de son rectum" et de cette incontinence fécale qu’il décrit comme un "grave inconvénient pour un jeune homme qui a l’intention de fréquenter la bonne société." Plus tard, il souffrira de paralysie faciale et d’autres symptômes qui résultaient probablement d’une intolérance au gluten et lui donnaient l’impression de sombrer dans la folie. Donc, non, il n’était pas sportif. En revanche, il était passionné de technologies. Et on lui doit quelques-unes des plus fameuses prophéties de toute l’histoire des sciences. Avant tout le monde, il a prédit qu’on irait sur la lune ou que l’on voyagerait au fond des mers. Il s’est aussi bien trompé à d’autres moments. "Avant vingt ans, la moitié de la terre aura visité la lune" écrivait-il en 1865. A ce jour, seules 10 personnes y ont été. Et le dernier voyage remonte à 1972.

A propos de Jules Verne, signalons aussi qu’on trouve actuellement dans les librairies une réédition de ses œuvres, sur la base d’une belle initiative du journal Le Soir.

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