Le 6-8

Plus d'infos

Femme au volant, danger au tournant ? En 1971, Féminin-présent démontre l'absurdité de cet adage

Hugues Hamelynck a mis en exergue l'émission Féminin-présent dans la séquence Sonuma du 6-8, qui se penchait en 1971 sur le 'problème' des femmes au volant.

Les femmes ont historiquement longtemps été cantonnées par les hommes et la société à des rôles secondaires dans la vie quotidienne. Elles ont par ailleurs fait objet de considérations peu reluisantes lorsqu'il s'agissait d'utiliser des objets identifiés comme propres à leurs opposés masculins, telle la voiture par exemple.

Cette archive de la Sonuma datant de 1971 démontre malgré tout qu'en Belgique et dans les médias, on remet en doute les a priori sur les femmes face à une mentalité machiste qui est déjà appréhendée comme inadaptée et révolue. Ce document est une preuve, s'il en fallait encore une, que l'équité entre les sexes est un combat perpétuel qui remonte à des dizaines d'années et qui s'amplifie à cette époque avec l'émancipation des femmes et de la jeunesse.

Les infractions des femmes au volant selon Monsieur sécurité à l'époque

Le magazine de la RTB, Féminin-présent s'intéresse ainsi cette année-là "aux femmes qui conduisent des voitures" pointe Hugues Hamelynck.

"En ce siècle dit d'émancipation féminine, au moment où les suffragettes clament bien haut leur indépendance et l'égalité des sexes, au moment où les femmes accèdent à toutes les carrières politiques, sociales et autres, il existe encore des esprits masculins rétrogrades et mal intentionnés, nous semble-t-il, pour qui la femme au volant est un danger public" décrit notamment la journaliste.

L'émission interroge alors le capitaine Daniel Masquelier, Monsieur sécurité, pour savoir si vraiment la femme est une moins bonne conductrice que l'homme et quelles infractions sont répertoriées chez les femmes. Celui-ci répond : "Elles circulent en général plus lentement que les hommes car étant moins pressées puisqu'en général elles prennent leur voiture pour aller faire les courses, conduire les enfants à l'école et les ramener, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas, sauf pour les femmes qui exercent une profession à temps plein, ce besoin d'être exacte à un rendez-vous".

En découlent alors deux problèmes selon l'agent : "Elles ne pensent pas à mettre suffisamment à temps leur clignoteur pour indiquer qu'elles vont tourner à droite ou à gauche et elles ont tendance également à ne pas se porter suffisamment tôt, et franchement à gauche lorsqu'elles vont entamer un virage à gauche. Je crois que c'est un peu l'instinct de conservation qui est plus développé chez la femme que chez l'homme".

Que faut-il vraiment en retenir ?

On perçoit dans cette déclaration, un semblant d'amélioration puisque le capitaine interrogé admet que certaines femmes ont un travail à temps plein et reconnaît leur prudence au volant, mais à l'inverse, une mentalité encore rétrograde puisque selon lui, la plupart ont toujours comme rôle principal l'éducation des enfants et les tâches ménagères. "Ce qui m'impressionne ce sont les propos hyper sexistes que le type vient de tenir. Je ne pense pas que l'on pourrait dire la même chose aujourd'hui et heureusement" lance à ce propos Hugues Hamelynck.

Espérons évidemment que 50 ans plus tard, les mentalités aient évolué au sein de la gent masculine. En 2018, l'institut pour la sécurité routière Vias a d'ailleurs démontré en Belgique que les femmes causent moins d'accidents, en sont moins souvent victimes, ont moins de comportements à risques, et reçoivent moins de PV que les hommes.

On devrait donc changer le dicton en 'Homme au volant, danger au tournant' ou en 'Femme au volant, moins d'accidents' !

Pour plus d'archives, rendez-vous dans Le 6-8

Retrouvez l'entièreté de cette archive sur le site de la Sonuma mais également désormais sur Auvio.

Pour d'autres archives, suivez la séquence Sonuma dans Le 6-8 tous les jours de la semaine sur la Une à 7h50.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK