Le 6-8

Plus d'infos

De plus en plus d’animaux sauvages en ville : un blaireau aperçu à Woluwé-Saint-Pierre

De plus en plus d’animaux débarquent en ville. Si les renards se font nombreux depuis quelque temps dans la capitale, un blaireau a récemment été aperçu pour la première fois dans un quartier de Woluwe-Saint-Pierre.

"On se doutait que le blaireau était aux alentours de Bruxelles, mais c’est la première fois qu’on a une preuve", commence Sophie Brems dans Le 6/8 en désignant la vidéo provenant de la caméra de surveillance d’une propriété privée où l’on peut apercevoir l’animal.

Depuis 2017, le blaireau est visible aux abords de la capitale, notamment dans la forêt de Soignes, estime la chroniqueuse. Pourtant, c’est au sud du sillon Sambre-et-Meuse que l’on retrouve plus facilement le mustélidé.


►►► À lire aussi : Sept bonnes nouvelles pour les animaux sauvages de nos contrées en 2020


"Il avait un peu disparu dans les années 80 à cause de la rage", nous informe Sophie, "mais une fois que le vaccin a été trouvé la population a de nouveau pu augmenter".

S’il est encore trop tôt pour déterminer si l’animal était perdu ou à la recherche d’un éventuel nouveau territoire, le renard, lui, semble avoir pris ses quartiers dans la capitale.

Les points communs et différences entre les deux espèces

Tout d’abord, le renard se contente d’un plus petit territoire que le blaireau : "Le blaireau a besoin de plus d’espace. Il se nourrit d’invertébrés, de lombrics, etc. Il a besoin de terre. Tandis que le renard est plus opportuniste, vos poubelles feront l’affaire", avance la chroniqueuse nature.

Le blaireau est donc plus sauvage. On le retrouvera plus fréquemment dans les quartiers avec de grands jardins ou où il y a des potagers partagés, par exemple.

Vivant la nuit, les deux espèces ont par contre le même genre d’habitat. Tous deux construisent des terriers. Le blaireau aurait même tendance à s’inviter et à s’imposer dans celui du renard, quitte à lui prendre littéralement la place.

 

La population de ces animaux sauvages est-elle amenée à augmenter en ville ? Pour le blaireau, il est encore difficile de le prédire.

La population de renards va par contre s’auto-réguler : "Il y aura une limite, quand il n’y aura plus assez de gîte et de couvert, il va céder sa place, il ne va plus pouvoir partager le territoire et une sélection naturelle va s’opérer", précise-t-elle.

Peu de chance de voir le renard se reproduire en ville indéfiniment, même s’il est vrai que l’on en voit de plus en plus.

"On a pu remarquer aussi trois portées de lérots qui avaient presque disparu, au Centre de Soins de la Faune Sauvage de Bruxelles, on l’on recueille la faune de la région", précise aussi Sophie Brems.

La biodiversité mise à mal

La ville est-elle plus accueillante aujourd’hui ? Il n’en est rien. On constate une perte de biodiversité en ville, comme à la campagne à cause de l’urbanisation constante, la pollution lumineuse, le changement climatique, etc. Les zones de nourrissage, de reproduction ou d’habitat sont de plus en plus restreintes et force les animaux sauvages à s’aventurer dans de nouvelles contrées.

Maintenir des espaces verts en ville, c’est bon pour notre moral, mais aussi pour la biodiversité


►►► À lire aussi : Test : pourrez-vous reconnaître les empreintes des animaux sauvages de nos régions ?


"Il faut donc aussi que les politiques trouvent cet équilibre entre la pression au niveau de l’urbanisation et l’intérêt de garder des espaces verts", termine la chroniqueuse avant d’ajouter : "Depuis un an, la biodiversité subit une nouvelle pression puisque tout le monde va maintenant se promener dans les parcs et les bois. Parfois, certaines espèces sont dérangées".

3 images
Le lérot est un petit rongeur qui avait pratiquement disparu. © Getty Images

Voyez la vie au vert avec Sophie Brems, et retrouvez bien d’autres chroniques dans Le 6-8 en semaine sur la Une.

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK