Le 6-8

Plus d'infos

"Croke Park" et "Le Printemps suivant" : deux univers entre histoire et autofiction

Coup de projecteur ce jour sur deux BD, deux univers totalement différents. La première, "Croke Park" rouvre une page d’histoire des années 1920 en un stade mythique, "Le printemps suivant" est une auto-fiction où l’auteure nous replonge quant à elle, après 7 ans d’absence, au coeur de sa propre histoire. Focus sur ces deux très belles BD avec Mathieu

Croke Park (Editions Delcourt)

"Croke Park" : une BD historique très réussie sur le conflit Nord Irlandais

Dans cette première BD, il est question d’un dimanche sanglant à Dublin.

" Sunday Bloody Sunday ", le tube de U2 fait référence à l’Irlande du Nord, à des événements qui ont eu lieu en 1990 mais " Sunday Bloody Sunday " c’est aussi une autre date en ce dimanche sanglant, le 21 novembre 1920 où l’armée britannique a tiré sur des spectateurs, des joueurs de foot dans le stade de croke park. C’est cet épisode que raconte cette BD.

Croke Park c’est un stade mythique dans l’imaginaire collectif Irlandais, c’est dans cet énorme stade que se jouent les plus grandes compétitions des sports gaéliques.

C’était il y a 100 ans

Le matin du 21 novembre 1920, une unité de l’IRA lance une opération et élimine une dizaine d’officiers britanniques à travers toute la ville et sème la panique. C’est une unité dirigée par Michael Collins. Ce sera un véritable massacre.

C’est un récit bien construit sur un épisode historique qu’on connaît peu mais c’est aussi un message d’espoir car la rencontre de rugby symbolise la réconciliation sportive entre ces deux pays, l’Irlande et l’Angleterre qui se sont tellement détestés. Les dessins servent vraiment cette cause, ils sont très réalistes.

Les fans de sport et d’histoire vont aimer. On apprend vraiment à travers cette page d’histoire remarquablement mise en scène en cette BD.

Le printemps suivant (Editions Casterman)

Cette BD marque le grand retour de la dessinatrice Margaux Motin après sept ans d’absence !

Dans cette nouvelle aventure, Margaux met en scène sa nouvelle vie. Elle parle aux femmes de sa génération et raconte comment elle a quitté Paris pour aller s’installer dans une maison aux Pays basque avec sa famille recomposée. On la découvre plus sereine qu’avant, elle fait un potager, une collection de galets, ce qui n’empêche pas de se moquer d’elle-même ce qui est un peu sa marque de fabrique.

C’est de l’auto fiction, elle puise dans son quotidien pour mettre en scène sa vie de couple sa vie de famille, … Depuis toujours elle parle sans tabou de sa vie. Avant c’était les joies et les tracas d’une jeune femme Parisienne, aujourd’hui ce sont les préoccupations d’une quadragénaire qui a davantage envie de courir pieds nus dans l’herbe qu’en talons dans les rues de Paris. C’est un style très auto-centré qui parle à énormément de gens. Elle épingle les compromis à faire en couple, en acceptant les petites manies de l’autre. Une planche souligne tous les déboires d’une simple balade à Ikea et son lot de compromis.

Des styles graphiques différents

Elle multiplie les innovations graphiques avec un style parfois manga, des pages très poétiques, des galets illustrés et un style blog, … Tous ces genres s’y entremêlent. Ce sont des illustrations très générationnelles.

Une BD qui parlera aux femmes quadra, aux femmes de sa génération.

 

Retrouvez les chroniques BD de Mathieu sur AGE-BD. com

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK