Le 6-8

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Coronavirus : voici l'impact sur les jobs étudiants par rapport à 2019

Thierry Evens, porte-parole de l'UCM, a fait le point sur les jobs étudiants de cet été 2020 si particulier dans Le 6-8 et révèle les chiffres de leur diminution.

La crise sanitaire et le confinement qui en a résulté impactent les entreprises qui ont mis des centaines de milliers de personnes au chômage temporaire, contraignant même les gouvernements à accorder des chômages aux indépendants. Mais les étudiants aussi font face à la crise économique. Les offres de jobs étudiants sont en effet bien moins nombreuses que les années précédentes.

Un étudiant sur quatre ne trouve pas de travail

Le Secrétariat social UCM a dénombré les heures de travail étudiant au mois de juillet parmi ses entreprises clientes en comparant avec celles de juillet 2019, pour ces mêmes entreprises. "On a une baisse très importante de 22,5 %" déplore Thierry Evens.

Ce chiffre est confirmé par diverses  agences d'intérim. Cela signifie qu'en moyenne, un étudiant sur quatre n'a pas trouvé de travail au mois de juillet 2020.

Ce chiffre dépend des secteurs. Dans les magasins d'alimentation par exemple, la situation est complètement normale, que ce soit dans les grandes distributions ou les supérettes.

Par contre, ce n'est pas le cas du commerce non alimentaire, de l'HoReCa et de l'événementiel, des secteurs qui souffrent déjà depuis le début de la crise.

D'habitude, les commerçants engagent des étudiants en renfort pendant les soldes qui courent tout l'été. Mais il n'y a pas de clients, les commerces n'emploient donc pas plus cet été, tout comme les restaurateurs qui ont une clientèle de 2/3 en-dessous de la normale selon l'UCM. On ne parle même pas de l'événementiel, "un des gros pourvoyeurs d'étudiants" comme pour les festivals et les concerts, ou encore les traiteurs pour les mariages et fêtes de famille. "C'est la catastrophe. Tout est complètement à l'arrêt".

Un job étudiant, pas vraiment pour l'argent de poche

Pour Thierry Evens, le serrage de vis du dernier CNS ne devrait d'ailleurs pas améliorer ces chiffres, ce qui aura des conséquences lourdes pour les étudiants. "Le travail étudiant n'est pas quelque chose d'anecdotique" souligne-t-il.

Les jobs étudiants, ce n'est pas juste obtenir de l'argent de poche, c'est un phénomène de société. Ils sont croissance forte ces dernières années pour plusieurs raisons.

Un job étudiant permet aux jeunes de se frotter au monde du travail, d'acquérir une expérience bienvenue sur le CV intéressante pour leur futur employeur.

Ensuite il y a l'aspect financier comme le démontre Thierry : 

En 2019, environ 550.000 étudiants ont travaillé et gagné ensemble plus d'un milliard d'euros.

Ce milliard d'euros ne sert généralement pas à de l'argent de poche. Il permet de payer les études car l'université et l'enseignement supérieur exigent beaucoup de dépenses, en matériel, en kot, en déplacements, en vie estudiantine. Toutes les familles ne peuvent pas y faire face, d'où la nécessité d'un job étudiant.

Ne pas perdre espoir, il reste du travail

Dans ces conséquences moroses, il y a toutefois des raisons de rester positif. Pour Thierry Evens, les étudiant ne doivent pas désespérer. Si un étudiant sur quatre n'a pas trouvé de job d'été, cela signifie que tout de même trois sur quatre en ont trouvé. Il existe donc des possibilités d'embauche, en particulier dans l'alimentaire, et notamment après l'été car le travail étudiant est autorisé toute l'année même si l'été est plus prisé.

Il faut juste éviter de dépasser 475 heures de travail sur l'année sinon on ne bénéficie plus des réductions de charges importantes sur le job étudiant. Cependant, cette année, en raison du coronavirus, les heures prestées en mars, avril, mai ne sont pas comptées. Il est donc possible de dépasser les 475 heures sur l'année.

Il existe aussi des facilités dans l'HoReCa où il est possible de travailler cette année 475 heures comme étudiant, puis 50 jours en plus comme travailleur occasionnel, dans des conditions moins avantageuses mais restent intéressantes.

Gagner jusqu'à 3330€ net

Les étudiants ne doivent également pas oublier qu'ils ne peuvent dépasser un certain montant de revenus annuel, jusqu'à 3330€ net. Au-delà de ce montant, l'étudiant n'est plus considéré comme à charge pour ses parents, ce qui a une incidence fiscale sur le revenu des parents. Pour une famille monoparentale, le montant à ne pas dépasser est quant à lui de 4810€ net. À partir de 8860€ net, il faut payer de l'impôt, mais ce montant devient plutôt rare.

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