Le 6-8

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Comment développer la nature et préserver la faune sauvage en ville

De plus en plus de villes tentent un retour vers la nature et des constructions vertes pour faciliter le développement de celle-ci et afin de ne pas perturber la vie des animaux qui, contrairement aux apparences, sont parfois bien présents en ville, en particulier les oiseaux.

Cet habitat urbain ou suburbain s'explique par l'étendue des zones habitées par l'homme, qui a rétréci et parcellisé les zones naturelles où vivaient autrefois de nombreux animaux. Certains ont donc dû rester et s'habituer à une zone urbaine, au contact parfois permanent et à risque des humains.

La chroniqueuse nature du 6-8 nous éclaire ainsi sur les pratiques à adopter pour vivre en ville mais en préservant les habitudes des animaux sauvages.

Le retour à l'espace vert

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Canal Amidst Trees In Park Against Sky In City © Joerg Fockenberg / EyeEm - Getty Images/EyeEm
View Of Trees In City © Schira Kosmin Rudi / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Pour faciliter cette cohabitation, il faut "(re)naturaliser" certaines zones dans les villes.

Virginie Hess constate à ce propos qu'une mouvance verte s'installe dans le chef de diverses communes urbaines en Europe : "Il y a vraiment une dynamique pour reverdir la ville parce qu'il y a un besoin au sein de la population, il y a une vraie demande sociale pour avoir plus de nature en ville et pas que dans les beaux quartiers".

Mais quelles sont les solutions à adopter tant par les pouvoirs publics que par la population pour rendre la ville plus verte et donc plus "naturelle" ?

La première selon la chroniqueuse, c'est de "créer un maillage vert". Cela signifie qu'il faut développer "un réseau d'espaces verts interconnectés en ville". Elle précise : "C'est-à-dire qu'on a une alternance de parcs, d'alignement d'arbres, de trottoirs végétalisés, de bandes de rivière,..."

L'ensemble fonctionnerait donc comme une sorte de circuit et permettrait à la faune de cohabiter avec les humains tout en vivant et en se déplaçant dans des endroits verts et naturels.

"L'idée c'est de permettre aux espèces de se déplacer d'un endroit à l'autre en ayant toujours un petit couloir vert à disposition" résume-t-elle ainsi.

Parmi les différentes villes qui réalisent un tel maillage, Virginie Hess donne l'exemple de la  ville de Thuin "qui a revitalisé les berges de la Sambre qui étaient bétonnées". Elle ajoute : "Ils ont remis de la nature là car la Sambre était un élément de ce maillage vert".

De nombreux éléments peuvent constituer ce maillage assure la chroniqueuse : "Cela peut être l'herbe qui pousse sous la ligne de tram, cela peut être le bord d'un canal, une allée d'arbres, un potager".

Faire évoluer les mentalités

Un autre élément de réponse pour favoriser ce retour de la nature en ville, c'est celui de changer les mentalités selon Virginie Hess.

Elle affirme qu'il faut donc accepter la "végétation spontanée, sauvage", en ville. "De temps en temps, s'il y a une un petit peu de mousse sous les murs s'il y a l'une ou l'autre fleur sauvage qui pousse sur les trottoirs ce n'est peut-être pas dramatique" poursuit-elle.

Il faut donc relativiser et arrêter, tant pour les pouvoirs publics que la population d'absolument vouloir qu'aucune végétation ne pousse en ville : "On a tendance à tout couper et enlever et que tout soit net, propre, nickel alors que de temps en temps c'est important aussi de pouvoir aussi laisser la végétation spontanée se développer".

La chroniqueuse donne son avis et rassure les plus sceptiques : "Les mentalités doivent évoluer dans ce sens-là. On sort d'une culture de la domination de la nature où tout doit être nickel, où on la contrôle, alors que si on accepte la nature sauvage et son côté spontané cela peut être joli, pour autant que ce soit un peu structuré".

L'aide des pouvoirs publics

Les autorités publiques peuvent bien évidemment contribuer à cette nouvelle cohabitation. Et celle-ci s'est déjà concrétisée à différents endroits en Belgique. La chroniqueuse nature montre ainsi l'exemple d'un crapauduc sur une route à Uccle, qui s'est avéré bien utile. Elle révèle : "C'était une route où il y avait beaucoup de batraciens qui traversaient et se faisaient écraser et la ville d'Uccle a construit un petit passage sous la route pour permettre aux crapauds de traverser".

Si vous pouvez, à votre échelle, réfléchir au bien-être des oiseaux en prévoyant des petits abris où ceux-ci peuvent venir nicher, les pouvoirs publics agissent eux déjà sur les éclairages publics. "On a des réverbères maintenant qui sont plus adaptés aux chauve-souris, qui vont orienter les faisceaux lumineux de telle manière que les espèces sont moins dérangées, on va choisir des teintes de couleurs qui sont moins agressives pour la faune" assure ainsi Virginie Hess.

Bref, il y a plein d'idées concrètes à développer pour reverdir une ville et y favoriser la cohabitation avec la faune.

Les pratiques à éviter

Si l'on souhaite favoriser un retour à une meilleure cohabitation entre la nature et l'homme en ville, Virginie Hess conseille de faire attention à certaines pratiques. Ainsi, "il faut éviter d'essayer d'apprivoiser les espèces sauvages en ville" certifie-t-elle.

Elle développe : "En fait le problème c'est que si on commence à les nourrir, elles peuvent se développer trop rapidement et cela peut devenir problématique". La chroniqueuse se remémore notamment le cas des perruches à collier "qui ont envahi certaines zones de Bruxelles". D'autres espèces n'apprécient pas le contact avec l'être humain bien que normalement inoffensive envers l'homme comme le renard, que l'on aperçoit de plus en plus dans certains faubourgs.

Si vous souhaitez observer des animaux rares et prestigieux, Virginie Hess vous propose plutôt de suivre le développement et la vie des faucons pèlerins qui peuplent Bruxelles. De fait, le faucon est "un oiseau assez emblématique de la cohabitation hommes nature en ville car il adore nicher dans les hauts monuments comme les églises, les tours, les cathédrales". Ces bâtiments lui offrent en effet "plein d'espaces pour nicher et dépecer les proies qu'il va chasser".

Vous pouvez suivre leur parcours en région bruxelloise sur le site fauconspourtous.be

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