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Comment avoir la patate en consommant sainement des pommes de terres

La pomme de terre est un féculent peu utilisé depuis le confinement. La nutritionniste et chroniqueuse Chantal Van der Brempt analyse son réel impact sur notre corps dans Le 6-8 et vous donne ses astuces pour la cuisiner correctement.

La pomme de terre est actuellement l'un des aliments perdants de la crise sanitaire. Pourtant fortement consommée en Belgique, celle-ci a vu son utilisation être réduite drastiquement dans l'assiette, notamment à cause de la fermeture des restaurants, mais aussi parce que, dans une période où l'on bouge moins, "beaucoup de gens estiment que la pomme de terre fait grossir" pense Chantal Van der Brempt.

Si l'on encourage les producteurs à reverser ces surplus aux associations qui œuvrent pour les personnes dans le besoin, il vous est aussi possible de la consommer pour ces bienfaits ou en la cuisinant le plus sainement possible.

Un taux de calories aussi élevé que les pâtes et le riz

Si on estime que la pomme de terre est riche en calories, en réalité, elle ne dépasse pas d'autres féculents que l'on utilise souvent dans notre alimentation. En la comparant à la carotte, un autre légume racine, la pomme de terre est fortement calorique. "Il y a à peu près 80 calories par 100 grammes et les carottes c'est la moitié" assure Chantal Van der Brempt.

Toutefois, si on regarde les calories des pâtes blanches et du riz blanc pour la même quantité, on compte respectivement "à peu près 115 calories et 120 calories".

La pomme de terre conserve également diverses propriétés utiles pour notre corps : "L'avantage de la pomme de terre c'est qu'il y a des vitamines et des minéraux mais surtout des fibres. Les fibres d'un certain type : de l'amidon résistant". Cet amidon permet une lente et résistante digestion selon la nutritionniste.

Grâce à cette résistance, "on va plus rapidement avoir de la satiété, parce que finalement cela demande du temps, du travail donc on en mange normalement pas trop. Cet amidon fait monter la glycémie très lentement donc après le repas on a moins ce coût de mou qu'on pourrait avoir avec le pain blanc ou les pâtes blanches".

Manger une pomme de terre est également bon pour les intestins.

La patate douce, vraiment une alternative ?

Une alternative qui s'est installée ces dernières années est celle de la patate douce. Chantal Van der Brempt, si elle en vante les mérites, déplore toutefois l'impact écologique de son utilisation en Belgique : "La patate douce nous vient en général de loin. L'Asie est responsable pour 75% de la production. Et en Europe on en trouve au Portugal, en France, en Espagne".

En terme nutritionnel son gros avantage est qu'elle "est très riche en cette vitamine A qui est un oxydant très important, ce qui n'est pas le cas de la pomme de terre classique qui elle est riche en fer et vitamines C, éléments essentiels pour la synthèse de nos globules rouges".

Par contre, en terme de kcal, on ne peut pas spécialement en privilégier l'un par rapport à l'autre.

Dans tous les cas, la pomme de terre est moins calorique que les pâtes blanches et le riz, pour autant qu'on ne la consomme pas en chips ou qu'on ne la mette pas à toutes les sauces... "La nuance est importante car souvent avec les pomme de terre on rajoute beurre, huile, mayonnaise etc ce sont ces ajouts qui résultent que cela pèse dans la balance" insiste la chroniqueuse.

La pomme de terre, à consommer crue en jus

Comment retirer alors le bon de la pomme de terre sans retirer uniquement que les calories qu'elle contient ?

On peut d'abord l'ingurgiter sous forme de jus de pomme de terre cru. Chantal Van der Brempt explique les bienfaits de cette mixture étonnante : "Il y a du potassium dedans qui est un anti-inflammatoire naturel et c'est un remède que l'on utilise souvent contre l'arthrite, qui fait baisser la pression sanguine et qu'on utilise depuis des siècles contre les ulcères. C'est aussi un antiacide puissant et connu de nos grands-mères. C'est bon pour les gastrites, les coliques et toutes ces choses-là".

Il suffit de la placer dans un extracteur de jus ou dans centrifugeuse classique.

"Le goût n'est pas terrible" prévient Chantal. "Il vaut mieux combiner avec un jus de citron par exemple mais pour ceux qui ont en même temps une gastrite ou un ulcère à l'estomac le citron ne va pas passer".

Ce remède est à prendre "3-4 fois par jour en demi verre pendant un mois".

Ou bien avec la peau

Si vous la cuisinez dans sa forme originale, consommez-la avec la peau. C'est en effet dans la peau "que se situent le plus de vitamines et de fibres d'une part et en même temps en la cuisant dans la peau, on va mieux préserver ces vitamines et ces fibres".

Si toutefois vous n'aimez pas la peau vous l'enlevez "mais après avoir cuit la pomme de terre" afin de garder le plus de vitamines possible.

Une autre alternative est de la manger froide le lendemain mais c'est toutefois plus calorifique. "À la base c'est une bonne chose car l'amidon va se déstructurer et se restructurer autrement et aura pour résultat qu'on les digérera plus lentement, c'est-à-dire un indice glycémique plus bas, mais souvent, on la combine avec de la mayonnaise" déclare Chantal Van der Brempt.

La nutritionniste vous recommande dans ce cas de la mélanger "avec du yaourt ou du fromage blanc plus light".


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Si vous voulez toujours des frites...

Si l'envie de frites est toujours présente, Chantal Van der Brempt n'a pas de souci à faire fonctionner les fritkots mais vous invite à en faire des maisons. Il faut dans ce cas sélectionner des pommes de terre prévues à cet effet car elles possèdent moins d'amidons. "On va créer moins de toxicité par une molécule qu s'appelle l'acrylamide" précise-t-elle.

Vous coupez et mettez ces frites "dans l'eau pendant 4 heures d'abord pour à nouveau reperdre un peu d'amidon".

On les cuit ensuite deux fois comme toute frite belge qui se respecte dans une bonne huile : huile d'olive, de coco, ou saindoux.

La pomme de terre, on la combine avec...

Enfin, de manière générale, si elle vous sert d'accompagnement dans un plat, vous pouvez la combiner de manière intelligente sans trop grossir en l'accompagnant "d'un peu de gras, certainement pour la patate douce car la vitamine A sera mieux absorbée" mais aussi d'une protéine plutôt maigre comme le poisson et de beaucoup de légumes.

En tout cas, selon Chantal Van der Brempt, "il ne faut certainement pas la rayer de notre assiette". Alors, vous avez toujours la frite ?

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