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Coco Chanel : sur les traces de cette icône de la mode, 50 ans après sa disparition

"La mode se démode, le style jamais". Fait indéniable, la maison Chanel incarne encore aujourd’hui l’élégance à la française. Retour sur la vie de sa célèbre créatrice, à l’occasion des 50 ans de sa disparition.

Le 10 janvier dernier, voilà 50 ans que Coco Chanel nous quittait. Gabrielle Bonheur Chanel Le Ster Pierret, de son vrai nom, a immanquablement marqué le monde de la mode et de la haute couture.

"C’est un nom qui sonne haute aristocratie, mais il n’en est rien", commence Eddy Przybylsky dans Le 6-8. Fille d’un marchand ambulant, métier tout à fait respectable, Coco Chanel perd sa mère en 1895 à l’âge de 12 ans, avant que son père ne laisse derrière lui ses cinq enfants.

Placée en pensionnat selon sa version, ce sont les religieuses qui lui apprendront la couture. Elle fera ses débuts comme ouvrière dans un atelier de couture à Vichy, au centre de la France. Mais la passion de la jeune Gabrielle s’avère être dans un premier temps la musique.


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Se produisant régulièrement dans un cabaret répondant au doux nom de "Beuglant de la Rotonde", elle connaît un petit succès, à l’âge de 24 ans, grâce à sa reprise d’un tube de l’époque : "Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro". Ce surnom lui collera ensuite à la peau jusqu’à la fin de sa vie

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© Getty Images

Découverte de la haute société

La clientèle est riche du côté de Vichy. Coco Chanel fera la rencontre d’un éleveur de chevaux de course qui l’installe dans son château, près de Compiègne. Elle y découvre la haute société, mais elle cesse vite d’être amoureuse, s’ennuie dans le château et consacre son temps à réaliser elle-même les robes pour se différencier des femmes qui l’entourent, toutes habillées de haute couture : "Elle veut être concurrentielle et différente. Mince et les cheveux courts, elle s’habille à la garçonne, c’est d’ailleurs le style qui va la rendre célèbre à ses débuts", explique le chroniqueur.

La couturière tombera ensuite amoureuse d’un Anglais, tout aussi riche, qui lui ouvrira sa première maison dans la rue Cambon, juste à côté de la place Vendôme à Paris. Aujourd’hui encore, la maison Chanel a encore sa façade principale dans cette rue. Son obsession ? Libérer la femme en proposant des vêtements plus amples et plus pratiques afin de se débarrasser du corset.

Amours et réputation

A son grand dam, Coco Chanel ne s’est finalement jamais mariée et n’a jamais eu d’enfant bien qu’elle ait élevé le fils de son frère décédé. Plongée dans le travail, la créatrice de mode se laissait tout de même aller à quelques sorties et faisait même partie d’une bande composée de Dali, Picasso ou encore Jean Cocteau.

Ses amours faisaient donc le bonheur des journaux et la réputation de la maison Chanel : grand duc russe, compositeur de musique, duc de Windsor, homme le plus riche d’Angleterre, etc. "C’était assez osé à l’époque", commente Eddy.

En 1941, elle s’installe à demeure au Ritz, l’un des hôtels les plus prestigieux de Paris. Deux ans plus tard, en 1943, elle fera appel à ses connaissances anglaises dans le cadre d’un projet de paix séparée entre l’Allemagne nazie et la Grande-Bretagne. Dans une situation de trahison extrême envers la France, elle ne trouve pas d’ennuis à la libération, protégée par Winston Churchill, qui la considère comme une amie. Elle s’éloigne malgré tout et part habiter en terres helvètes pendant plus de 10 ans.

En 1954, elle revient à Paris à 71 ans afin de relancer la Maison, rue de Cambon. Réinstallée au Ritz, elle meurt dans sa chambre le 10 janvier 1971, à l’âge de 87 ans.

Un héritage colossal dans la mode

En 1926, Coco Chanel introduit la petite robe noire. "Ce n’est pas révolutionnaire mais c’est audacieux, car à l’époque, le noir est strictement réservé au deuil", constate le chroniqueur.

Quelques années plus tôt, en 1915, alors que la guerre fait rage, les matériaux et tissus se font de plus en plus rare. Elle parviendra à populariser le jersey, utilisé à l’époque pour les sous-vêtements des jockeys.

Lors de son retour à Paris en 1954, Coco Chanel se relance dans la création. C’est à cette époque que le tailleur en tweed rencontre un franc succès. Le 22 novembre 1963, la robe Chanel en tweed rose, sera rendue tristement célèbre par Jackie Kennedy, lors de l’assassinat de son mari.

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Chanel n°5

Renseignée par son compagnon de l’époque, Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar russe, Coco Chanel fera appel à Ernest Beaux, un parfumeur français réputé en Russie. Réfugié à Grasse, capitale mondiale du parfum peu après la révolution bolchevique, Ernest Beaux est fasciné par la chimie. Un profil correspondant parfaitement aux attentes de Coco Chanel qui souhaitait un parfum à l’inverse de ce qu’on dirait aujourd’hui : "Je souhaiterais un parfum 100% artificiel, qu’on peut fabriquer comme on fabrique une robe".

Persuadé que ses techniques feront évoluer son art, Ernest Beaux s’affaire et proposera dans un premier temps, non pas un, mais dix parfums qu’il numérotera dans des fioles. C’est bien entendu la fiole numéro 5 que Coco Chanel va préférer et qui fait partie, encore aujourd’hui, des parfums les plus célèbres au monde.

Promotionné par des égéries extraordinaires à l’instar de Catherine Deneuve, Carole Bouquet, Audrey Tautou, Nicole Kidman, Marion Cotillard ou encore plus récemment, Lily-Rose Depp, c’est en 1956 que le parfum bénéficie d’une publicité extraordinaire… et gratuite. Au sommet de sa carrière, à 30 ans, Marilyn Monroe se confesse en conférence de presse.

Un journaliste lui demande ce qu’elle porte la nuit dans son lit, elle répondit "juste quelques gouttes de Chanel n°5"
 

"Tout le monde se l’est arraché et ça cartonne encore aujourd’hui", finit par conclure Eddy Przybylsky.

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