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Au menu littéraire de la semaine : un antidépresseur au ton décalé et une friandise de la fantasy asiatique

Michel Dufranne, critique littéraire et chroniqueur dans Le 6/8 délaisse ce matin le roman noir pour la fantasy avec Djinn City, pépite asiatique, avant de se pencher sur Le bonheur est au bout du couloir à gauche, roman décalé signé J.M.Erre.

Après s’être plongés dans les romans noirs qui ont généreusement nourri les suggestions littéraires de ce début d’année, l’heure est à la fantasy et à ce qui s’apparente à un antidépresseur d’un nouveau genre. Aperçu des coups de cœur littéraires de la semaine de Michel Dufranne, notre chroniqueur expert en la matière.

"Djinn City", petite friandise asiatique de la fantasy

Dans ce qui est son deuxième roman traduit en français, l’auteur bangladais Saad Z. Hossain, nous emmène dans le monde des djinns, créatures surnaturelles issues de la culture musulmane et remplies de croyances et superstitions.

"Ce qui est intéressant, c’est que l’auteur nous offre quelque chose de totalement atypique dans la littérature. C’est assez dépaysant", pointe Michel Dufranne, "on flirte avec un Harry Potter pour adultes dans un pays qu’on ne connaît pas et avec une culture qu’on ne maîtrise pas."

Plongée dans l’histoire d’Indelbed, un jeune garçon de 10 ans, dont le père, le Docteur Kaikobad, tombe soudainement dans un mystérieux coma. Indelbed va ensuite découvrir le secret de ses origines et les réelles activités de son père : émissaire auprès du monde des djinns, êtres fantastiques, mais aussi redoutables qui veulent désormais s’en prendre à lui. Au centre d’une controverse millénaire dont l’issue pourrait être l’extermination de l’humanité, Indelbed va vivre des aventures rocambolesques où enlèvements et enquêtes seront de mise.


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"L’auteur s’attaque vraiment au monde des djinns qui font l’objet de nombreuses croyances populaires très fortes dont on ne retrouve plus trop l’équivalent chez nous". Dans cette épopée fantastique, on note en second plan une critique aiguë de la société bangladaise et des enjeux à laquelle elle fait face.

C’est vraiment un auteur qui cartonne en Inde et aux Etats-Unis. C’est savoureux, en tout cas je suis conquis

"Le bonheur est fond du couloir à gauche", un antidépresseur d’un nouveau genre

Le bonheur est au fond du couloir à gauche fait partie de ces romans qui font grincer des dents et rire jaune, "mais qui fait bien rire quand même", souligne le chroniqueur.

Avec le profil d’un bobo parisien dépressif et intello, Michel est réveillé un jour par sa compagne lui annonçant qu’elle le quitte. "On va tomber sur un type qu’on n’a pas envie d’avoir comme copain ou comme voisin, et c’est là que le personnage va devenir drôle. L’auteur va prendre un peu tous les travers et habitudes de notre société, mais au premier degré". A l’encontre de sa personnalité, le personnage va commencer sa quête du bien-être au moyen de bouquins de développement personnel qu’il va prendre au pied de la lettre. "Ça va devenir une grosse farce parce que ce personnage est exaspérant au possible et en même temps il nous renvoie un peu à nous", explique Michel Dufranne.

Ce petit roman très caustique s’ajoute à la pile des œuvres de J.M.Erre dont le ton totalement décalé est en quelque sorte sa marque de fabrique. "Ce qui est intéressant, c’est que l’auteur, au final, n’est pas barré. Il compile toute cette dictature du bonheur et du bien-être avec un personnage totalement inadapté. Tout est poussé à l’extrême et c’est ça qui est génial", finit-il par conclure.

Retrouvez Michel Dufranne pour plus de conseils lectures, et bien d’autres chroniques dans Le 6-8 en semaine sur la Une.

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