Le 6-8

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Apprendre une langue et ses sons spécifiques : un frein pour les francophones ?

Saviez-vous que les fréquences sonores que nous distinguons varient en fonction de la langue que nous parlons ? Dans Le 6-8, Gilles Delvaulx se penche sur ce phénomène d'un peu plus près. 

Oui, des sons bien spécifiques sont propres à chaque langue. Gilles Delvaulx, notre francophone de Flandre, ne dira certainement pas le contraire. 

Si l’on considère qu’une oreille humaine normale peut percevoir des sons dans une gamme de fréquences allant de 16 hertz à 16.000 hertz, il est intéressant de savoir les plages de fréquences sonores de chaque langue, appelées bandes passantes, se situent dans des zones fréquentielles assez distinctes les unes des autres.

"Par exemple, les Russes, les Polonais, les gens parlant une langue slave disposent d'une gamme de sons gigantesque couvrant presque la globalité de la bande passante du langage humain. Ils ont donc l'avantage de parler plus facilement d'autres langues, car leurs oreilles reconnaissent plus de sons différents", remarque Gilles. 


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Un phénomène qui permettrait de comprendre un peu mieux pourquoi les francophones ont plus difficilement accès aux autres langues : les langues romanes, avec l'Italien en première position, disposant d'une bande passante plutôt étroite.

"En français, nous avons le son "ch". En Polonais, une amie m'a expliqué qu'il existe trois sortes de "ch"", avance Gilles. "On entend parfois aussi les Espagnols dire "vamos" en prononçant "bamos", nous, on perçoit une nuance, mais pas forcément de leur côté, est-ce la même raison?", continue Hugues Hamelynck et que Gilles affirme par la suite.

Idem pour l'apprentissage de l'anglais, la langue de Shakespeare n'étant pas du tout sur la même fréquence de sons que celle de Molière.

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© Getty Images

Et par rapport au néerlandais ?

En néerlandais, il y a également présence de sons bien spécifiques à la langue n'existant tout simplement pas en français. 

La bande passante d'une langue, différente d'une autre, peut être une explication de ce frein dans l'apprentissage, mais attention de ne pas en faire une excuse

L'exemple le plus connu réside dans la prononciation du "g", bien différente du nôtre et aucunement prononcé de la sorte dans la langue française. Il en va de même pour le son "sch", ou encore l'accentuation du "h" dans le mot "een hond", par exemple.

A côté des listes de vocabulaire et de grammaire, apprendre les sons d'une langue est tout aussi important. "De la même manière que font tous les bébés et les jeunes enfants du monde, ils jouent avec les sons et puis les reproduisent", constate Gilles.

Pour parler une nouvelle langue, comme le néerlandais, sans complexe et faire de réels progrès, outre la motivation, l'occasion de pratiquer et oser se lancer sont les facteurs clé de la réussite !

Retrouvez le point de vue du francophone en Flandre Gilles Delvaulx et bien d’autres chroniques tous les jours de la semaine dans Le 6-8 sur la Une.

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