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Otage du silence, une enfant sacrifiée à une secte à l'âge de 2 ans

Issue d’une lignée d’orateurs et de philosophes, Myriam KEYZER, connue sous le nom de Porteur de Flambeau, est de la trempe des survivants. Ayant grandi dans un contexte de captivité, tout de son être fut pillé. Un grand vide balaya toute sa vie. Abdiquant progressivement luttes et résistances elle s’épure tranquillement de la trame de son histoire. C’est une expérience bien humaine.

Profondément inspirant et bouleversant, voilà le périple d'une fillette, sacrifiée à un culte secret et clandestin à l'âge de 2 ans. Loin de son pays, de sa langue et de sa famille, elle bascule dans un cloaque obscur d'une violence inouïe. Traquée, brisée dans son intégrité la plus profonde, cette petite vivace nous entraine dans ses 20 ans de captivité, véritable camp de déstructuration psychique. Son sinistre quotidien est constitué de violence physique, mais surtout d'une véritable profanation subtile de son être. Dans une absence totale d'amour, elle expérimente un au-delà qui lui permet de fuir la violence dans laquelle elle baigne. Taraudée par le désespoir, elle survit en s'accrochant au silence qu'elle impose à son esprit, rejetant ce qui lui est servi et maintenant son désir ardent de liens.

 

Droite et digne face à son parcours, Myriam nous invite à nous revêtir du plus grand respect et sur la pointe des pieds, à la suivre dans la descente au coeur de l'enfant vulnérable qu'elle a été. Elle nous livre avec beaucoup de lucidité combien la solitude et l'esseulement ont été, ses compagnes de vie. Comment elle a réussi à s'évader de cette prison physique et comment, progressivement, elle se libère jour après jour des réminiscences qui l'ont tenue en otage.
Incroyable hymne à la vie, "Otage du Silence" est un itinéraire de résilience qui montre que, peu importe nos circonstances de départ, nous pouvons reprendre notre plein pouvoir.
Ce récit ne se veut pas une attraction médiatique, mais une invitation à marcher la route des maîtres, trajet au cours duquel on doit trouver ce qui nous libère vers le meilleur de soi.

Une histoire épouvantable

C’est une histoire épouvantable que raconte Myriam Keyzer dans son livre, "Otage du silence" dans lequel elle raconte la vie infernale qu’elle a subie dans une secte religieuse du Québec, où ses parents l’ont emmenée à l’âge de 2 ans.

27 ans après son évasion elle met sur papier cette vie d’enfer. Abandonnée par ses parents dès son jeune âge à un gourou et à ses disciples, lesquels lui ont fait vivre un quotidien de travail forcé et de violences, physiques et psychologiques.

Elle a choisi de ne pas identifier la secte pour éviter que l’attention médiatique soit détournée vers ces gourous et pour que les projecteurs restent sur les victimes qui se font briser par ces organisations.

Dans les années 60 ses parents décident de rejoindre cette secte. À l’époque, ils vivaient en Belgique. Ils se cherchaient spirituellement, car la religion était au cœur de leur vie. Ils ont consulté des coachs de vie, des médiums et ont rencontrés des gourous qui leur ont fait miroiter une vie meilleure et beaucoup de belles choses avec leur style de vie et leur charisme.

Arrivée au Québec à l’âge de 2 ans elle est abandonnée à la communauté par ses parents, qui endossent cette vie communautaire dans un endroit isolé en plein bois, loin de tous les services. Des souvenirs lui reviennent d’elle à 3 ou 4 ans en train de travailler, de couper des légumes, à laver des toilettes, à laver des planchers...

"C’est dans ma nature"

Vivre cloîtrée, loin du monde ordinaire, quand tout ce qu’on fait n’est jamais correct et que l’on subit de la violence, on sent que ça ne fonctionne pas. Même enfant, elle n’était pas cassable. Elle était ce genre d’enfant que l’on ne modèle pas. Sa petite sœur était douce et modulable. Elle est toujours là-bas. Ça fait 30 ans qu’elle ne l’a pas vue, raconte-t-elle, pour expliquer pourquoi, à 20 ans, elle a réussi à s’évader de cette secte.

Elle n'était pas une enfant facile. Elle posait des questions.

" Je suis comme un genre de pousse que même si tu mets le talon dessus, elle ressort du sol. Je rebondissais. On me détruit, et je me relève encore. C’est dans ma nature ", dit-elle.

Dévouée, elle travaillait constamment, mais à un moment donné, elle s’est dit :

"Si je vais plus loin que ça, je suis morte." .  Un de ses frères a réussi à s'évader. Ça lui a ouvert une porte. Elle a essayé de s’évader une première fois à 16 ans parce qu’elle s’ennuyait de son frère. Elle est revenue parce qu’elle avait faim et qu’elle ne savait pas où aller. Elle s’est évadée trois fois comme ça …

Le monde extérieur

On savait qu’il y avait un monde extérieur, mais on nous disait que c’était tous du mauvais monde, que c’était dangereux.

Quand elle est arrivée au Canada, elle ne parlait pas français, elle n’avait pas de famille, oncle ou tante dans les villages voisins qu’elle pouvait aller voir… Pour elle, s’évader, c’était aller dans le bois et ne pas savoir où aller.

 

 " Ce livre que je viens d’écrire sur mes 20 ans de captivité, j’aurais pu en écrire trois comme ça. Je vous dis que mon arrivée sur la même planète que les autres a été tout un rodéo. Après m’être évadée, j’ai constaté effectivement que je ne venais pas de la même planète que les autres. On savait qu’il y avait un monde extérieur, mais le mot " normal " n’était pas dans mon vocabulaire. En arrivant dans la société extérieure, je n’avais rien, aucune référence, pas d’amis, pas de parenté. Dans les premières semaines d’évasion, je n’avais rien à dire sur l’école que je fréquentais et les films que j’avais écoutés. Je n’avais jamais rien décidé pour moi ni ce que je porterais, ni ce que je mangerais, ni de ce que je ferais de mes journées ".

Le décès de son père

Le père de Myriam Keyzer est décédé, vieux et seul en Belgique, où il a fini par retourner. " Il a fini par quitter la secte. Il s’est excusé pour ce qu’il a fait, et je lui ai pardonné. C’est à la suite de son décès que j’ai décidé d’écrire sur mes 20 ans de captivité. Ç’a été un élément déclencheur qui m’a enfin poussée à écrire cette histoire ", confie-t-elle.

" Ç’a été très difficile de me reconstruire. J’ai rencontré un bon gars et j’ai été mère rapidement. Ce sont d’ailleurs mes enfants qui m’ont permis de me reconstruire. Au début de ma vie en société, je devais raconter mon histoire aux médecins que je rencontrais. Je n’avais pas d’identité, je ne figurais nulle part dans les registres. La secte avait même changé mon nom ", met en lumière celle qui incarne l’exemple parfait de la résilience.

Dans son livre, elle veut démontrer qu’on peut reprendre notre plein pouvoir malgré les traumas de notre vie.

Myriam Keyzer

Conférencière, Auteur de "S’accompagner Soi-même en pleine conscience", "Otage du silence" et "Affranchie"!

Dans son choix de carrière, Myriam a longtemps oscillé entre psychologie et enseignement. Les deux l’attiraient. Mais comme les secrets de l’âme humaine l’interpellaient depuis sa tendre enfance, c’est sur cette dernière voie qu’elle s’engagea

Il est évident que pour Myriam, la communication et le partage sont des dons. Ses explications claires, son authenticité et sa transparence mettent des mots et de la compréhension sur le vécu.

Une petite visite sur le site Myriam Keyzer - Porteur de Flambeau pour avoir des informations complémentaires et sur sa page Facebook

A voir aussi la vidéo Dévoilement du livre - Otage du Silence

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