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Eviter le burn-out émotionnel pendant le confinement

Eviter le burn-out émotionnel pendant le confinement
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Eviter le burn-out émotionnel pendant le confinement - © baona - Getty Images

Les implications affectives du confinement sont non seulement complexes et multiples, mais elles s’enchevêtrent et se renforcent, créant une charge affective intense.

Nous sommes dans une situation paradoxale. À peine sortis des très longues grèves de l’hiver, avec l’émergence de la puissante énergie du printemps, nous souhaitons nous lancer irrésistiblement dans de nouvelles activités, notamment à l’extérieur, ou initier de nouveaux projets. Or nous ne pouvons pas le faire.

Les mesures de restrictions imposées, aussi justes et nécessaires soient-elles, engendrent des contrariétés, des frustrations, des empêchements de déployer nos idées créatives, nos désirs humains et notre énergie vitale.

Saverio Tomasella est Psychanalyste et écrivain français, docteur en psychologie, il met en lumière toute cette charge émotionnelle due au confinement et nous guide afin d’entrevoir et d’envisager la vie du bon côté.

Éviter le burn-out émotionnel pendant le confinement

Une charge affective particulièrement intense

En ce moment, chacun de nous fait face à énormément d’informations : sur le virus, la maladie, la pandémie et sa progression, avec son impressionnant nombre de morts qui chaque jour croît de façon exponentielle ; des informations, bonnes ou mauvaises, qui arrivent des amis, de la famille, du voisinage, mais encore du travail, de la banque, etc. S’y ajoutent les difficultés économiques qui émergent, en conséquence du confinement, les commerçants silencieux derrière leurs masques, les rayons vides des supermarchés…

Tant de questions très variées se posent alors à nous avec une très forte charge émotionnelle, principalement la peur pour nous, nos amis, notre famille ; la tristesse aussi, les rudesses de l’enfermement, surtout en ville, encore plus pour les personnes isolées, pour lesquelles la distanciation sociale provoque un désert humain très douloureux.

D’innombrables questionnements très vifs émergent inévitablement : sur le climat, la nature, la santé, l’immunité, l’alimentation, la solidarité envers les plus démunis…

Sans oublier ces proches qui ont besoin de déverser leurs lots d’inquiétudes, nous retenant parfois des heures au téléphone.

Lorsque nous sommes malades ou qu’un proche est malade, nous devons éviter la panique, trouver comment différencier une réelle détresse respiratoire et des essoufflements ponctuels passagers.

Autour de nous, alors que certains fuient les émotions (en banalisant ou minimisant la gravité de la situation), d’autres semblent avoir besoin d’entretenir les émotions, de les ressasser en dramatisant, exagérant, s’y complaisant parfois par morbidité.

Pendant ce temps, que nous le voulions ou non, nous sommes soumis à la contagion des émotions, une contamination d’un autre ordre mais tout aussi efficace.

À cela s’ajoutent l’anxiété générale, la vigilance vitale, nos préoccupations pour notre santé et nos soucis légitimes pour nos proches. La surcharge affective nous guette, c’est-à-dire l’accumulation potentiellement trop lourde de pensées, d’émotions et de sentiments qui nous impliquent directement dans nos relations avec nous-mêmes et avec les autres.
 

De nouvelles solidarités
On note l’apparition de nouvelles formes de solidarité spontanée, qui se manifestent autant par la circulation de recettes de gel hydroalcoolique que d’indications pour se confectionner un masque, ou d’informations pour renforcer son immunité, notamment à partir de plantes, d’huiles essentielles, de mouvements de qi gong ou de yoga.

Que ces procédés soient efficaces ou non contre le coronavirus, l’intention des personnes qui nous les communiquent est une preuve de sollicitude à notre égard, avec le souhait de nous aider.

Dans notre entourage des personnes malades témoignent de leur parcours et de leur guérison : c’est rassurant et encourageant.

Plusieurs initiatives pour développer des méditations communes reliées entre de très nombreuses personnes à distance donnent chaud au cœur, que l’on y participe ou pas.

De même que les remerciements tous les soirs à 20h sur les routes ou les balcons, venant de millions de personnes qui soutiennent le personnel soignant !

Retrouvailles et découvertes
Le confinement permet de prendre le temps de se parler. On sort d’anciens jeux de société, on en invente de nouveaux. Des groupes WhatsApp se créent simplement pour communiquer plus facilement.

Même à distance, nous pouvons nous envoyer des ondes positives, de bonnes vibrations, des pensées amicales, de l’affection, etc.

Certains sortent leur guitare et renouent avec le plaisir de chanter ensemble.

On a le temps de faire un peu de gymnastique à la maison. On apprend forcément à supporter les petits défauts des autres, mais on leur découvre aussi des facettes insoupçonnées, ou oubliées du fait des habitudes.

On se met à cuisiner ensemble, à tester de nouvelles recettes.

On a le temps de faire le ménage à fond. Beaucoup de créativité semble surgir du fond de nos confinements…

Vers une compensation émotionnelle ?
Comme l’équilibriste, nous avons l’impression de marcher sur un fil.

Peut-être que nous pouvons essayer de compenser chaque sentiment douloureux ou émotion difficile que nous venons d’exprimer par une émotion ou un sentiment plus favorables, pour trouver une sorte de balance, et ne pas peser de trop sur nos proches.

Nous pouvons aussi nous décharger en écrivant dans un journal intime tout ce qui nous angoisse, nous pèse ou nous révolte.

Enfin, n’hésitons pas à sortir nos albums photos pour cultiver les bons souvenirs et en parler autour de nous !

Tout cela facilite le retour à l’équilibre émotionnel en favorisant la décharge du trop-plein affectif et l’expression de nos sentiments profonds.

Préparer l’avenir

Alors, une fois le danger éloigné et les peurs estompées, nous allons pouvoir profiter de ce temps de confinement pour élaborer et mettre sur pied un projet qui nous tient à cœur. Oui, c’est le moment d’inventer, de créer quelque chose de complètement nouveau.

Il ne s’agit plus d’agir pour se mettre en valeur soi – nous l’avons tellement fait –, mais d’apporter des innovations qui soient bonnes pour tous, qui profitent à tous.

Il existe des moments clés durant lesquels le cours de notre existence peut prendre une autre direction… Alors, ne manquons pas ce rendez-vous avec nous-même !

Saverio Tomasella, docteur en psychologie, co-auteur de La charge affective aux éditions Larousse.

Faire le tri, cultiver les bons souvenirs et les projets du bon côté

Alors, comment reprendre la vie du bon côté ?

Le confinement, le lot de mauvaises nouvelles, les hospitalisations, la peur de la maladie, de la mort des proches, de sa propre mort, la tristesse de ces personnes que nous voyons partir, qui meurent… Tout cela crée effectivement une saturation émotionnelle et mentale qui peut épuiser certaines personnes.

Comment faire le tri entre toutes ces émotions ?

Il est important de dissocier ce qui vient de moi ou de l’autre. En tant qu’individu nous ne pouvons digérer que nos propres émotions, si je suis révolté, triste,… Je peux me débrouiller avec ça. Si on sature, il faut voir si l’émotion qui nous encombre n’est pas celle de l’autre. Il faut différencier et faire le tri.

Faire appel à ses souvenirs, c’est si bon

Il y a une forme d’idéologie de "l’instant présent" comme s’il fallait être constamment dans le moment, là, maintenant. Or, les personnes qui savent cultiver les bons souvenirs et cultiver les bons projets, c’est en ça que réside la sagesse, la source du bonheur, du bien-être.

Préparer un projet pour l’après confinement c’est une très bonne chose.

Préparer des bons projets et être solidaires, c’est important. Notre société est arrivée à la fin d’un modèle. Toutes les bonnes initiatives solidaires sont nécessaires.

On cherche des échappatoires, une soupape, on en cherche au quotidien. Après le confinement il y aura un immense "OUF" et on fera alors de nouveaux projets, on sait que l’être humain est solide on pourra ainsi reprendre des choses plus légères et enfin déposer le fardeau actuel.

Nous sommes tous concernés par la charge affective. Il y a surcharge quand cela devient pénible, ce qui est le cas en ce moment.

Saverio Tomasella

Saverio Tomasella est Psychanalyste et écrivain français, docteur en psychologie.

Il a fondé le Centre d’Études et de Recherches en Psychanalyse en 2008, puis L’Observatoire de l’Ultrasensibilité en 2016 et la Journée Mondiale de l'hypersensibilité en 2019.

En 2012, il reçoit le Prix Nicolas Abraham et Maria Torok pour son ouvrage "Renaître après un traumatisme".

Saverio Tomasella, docteur en psychologie, co-auteur de La charge affective aux éditions Larousse.

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