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Comprendre la crise du Covid-19 par la parabole du kayakiste

À travers les images d’un kayak, d’un barrage, d’un lac et d’une rivière, Paul Dewandre explique de manière très convaincante pourquoi, dans le contexte économique et sociétal actuel, il est essentiel d’inverser la pyramide des besoins de Maslow pour construire sa vie. En cette période de transition, il démontre à quel point il est urgent de partir de soi pour changer le monde. Celui-ci a grand besoin de notre humanité. Paul Dewandre est l'auteur du spectacle " Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus " – Fondateur des ateliers " Mars-Vénus " en 1998 en Europe francophone – Spécialiste du couple. Dans le podcast d'aujourd'hui, Sylvie Honoré aborde son livre "La parabole du kayakiste" paru aux Editions Jouvence

Notre première ministre Sophie Wilmès vient d’encourager tous les citoyens belges à se lancer dans la pratique du kayak !   Je pense qu’il va effectivement falloir tous s’y mettre.

Voilà pourquoi ! 

Imaginons que la vie s’apparente à une expédition en kayak.  Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la population, traumatisée par ces années d’incertitudes, a voulu faire comme les castors : construire un barrage sur le cours d’eau de la vie afin que tout le monde soit protégé des courants et des rapides.  La sécurité apportée par les systèmes de retraites et de sécurité sociale créés en 1945 ainsi que de nouvelles lois pour la protection des travailleurs et l’assurance chômage ont permis de transformer une expédition dangereuse en eaux vives en une confortable balade en barque sur le lac artificiel engendré par cet édifice.

Les habitants purent chacun disposer de parcelles qu’ils aménagèrent à leur guise. Les Trente Glorieuses constituèrent les années " bonheur " au cours desquelles le niveau du lac monta régulièrement permettant à chacun de jouir d’un espace toujours plus étendu.  Lorsque le gâteau grossit, tout le monde peut en prendre une plus grosse part.

Une première fissure

Malheureusement, aucun mur n’est suffisamment solide pour résister indéfiniment aux évolutions démographiques et technologiques. Le choc pétrolier de 1973 provoqua la première brèche dans le barrage.

Depuis, ces brèches se sont transformées en trous béants. La faible croissance n’est plus jamais parvenue à compenser l’augmentation constante des déficits.  L’eau s’est mise à s’échapper du barrage bien plus rapidement qu’elle n’y entrait, entraînant une baisse inexorable du niveau du lac.

Depuis près de cinquante ans, les gouvernements successifs s’affairent pour répartir l’espace encore disponible. Malheureusement, quand le gâteau rétrécit et que chacun veut malgré tout encore et toujours prendre une plus grosse part, la lutte devient de plus en plus acharnée. La loi du plus fort devient la règle qui aboutit à des inégalités économiques, sociales et environnementales qui ne cessent d’augmenter.

Alors qu’une minorité jouit d’un confort jamais égalé, des millions de barques se retrouvent, elles, comme à marée basse, dans la vase.  Dans des centaines de bourgades sinistrées, les usines ont fermé, les services publics ont déserté, les petits commerces sont à vendre et les maisons délabrées ne trouvent plus preneurs.  Le système scolaire éjecte chaque année des centaines de milliers de jeunes qui n’ont pas réussi à entrer dans les cases. 

Les cités " radieuses " des années 50 se sont transformées en ghettos.  Les gilets jaunes qui étaient dans la rue il y a encore quelques mois constatent que leur barque touche déjà le fond. Leur marge de manœuvre se réduit de jour en jour.

La pandémie du Covid-19

La pandémie du Covid-19 et les conséquences économiques liées au confinement sont autant de bombes qui viennent d’exploser sur le barrage.  Elles ont provoqué de nouvelles brèches gigantesques qui vont engendrer, avec la récession que nous allons connaître une accélération aussi soudaine que forte de la baisse du niveau du lac.

Le courant va donc s’intensifier. Face à cette situation inédite, le premier réflexe va être de redoubler d’efforts pour s’accrocher aux bouées de sa parcelle. Le gouvernement va mettre tout en place pour que chacun puisse résister à la force du courant en priant que celui-ci finisse par se calmer et que l’on puisse alors reprendre sa vie " d’avant ".  Pourtant, la baisse de niveau provoquera un nouveau rétrécissement de la surface du lac. Près de 100.000 pilotes de lignes dans le monde vont par exemple à court terme se retrouver sans travail. Il est plus que probable que les bars et les restaurants ne rouvriront malheureusement pas tous. On évoque une récession de l’ordre de 8%. La lutte pour garder sa parcelle risquera d’être de plus en plus intense et pourra mettre malheureusement beaucoup de monde dans des situations de grande détresse.

La fin d’un monde n’est pas la fin du monde

Lorsqu’on a été élevé dans cette logique du barrage et que les gouvernements successifs agissent depuis près d’un siècle dans le but de préserver cette organisation sociétale imaginée après la guerre, il est normal de ne pas envisager d’autres manières de vivre.  

Pourtant, elles existent. L’eau qui s’échappe par les brèches ne s’évapore pas.  Elle continue sa route dans la rivière en contrebas.  L’énergie qui manque cruellement sur le lac est abondante dans la rivière. 

Alors plutôt que de s’épuiser à lutter contre le courant pour rester à tout prix dans une parcelle qui ne protège plus grand-chose, pourquoi ne pas lâcher les amarres, prendre un kayak, comme le suggère notre première ministre et partir à l’aventure ?  

Bien sûr, l’idée peut paraître saugrenue. On n’a jamais vraiment appris à pagayer et on a aucune idée de ce qui nous attend dans la rivière. Sur le lac, on a été éduqués pour faire des tours en barque dans une parcelle.  On nous a mis dans une case, on nous a convaincu que l’inconnu était dangereux et on nous a ordonné de ne pas nous aventurer hors de la vue des parents, des professeurs, des patrons ou des autorités publiques.

Alors que dans la rivière, la démarche est toute autre. Il faut se lancer dans l’inconnu sans connaître toutes les réponses, il faut faire confiance à son intuition pour déterminer où l’on veut aller et il faut aller chercher en soi la motivation et les ressources physiques et émotionnelles qui nous permettront de passer les caps plus difficiles. 

Heureusement, cette pandémie nous permet aussi de prendre conscience de la capacité d’adaptation insoupçonnée de l’être humain.  De nouvelles solidarités se sont mises en place en quelques jours, des idées nouvelles fleurissent partout, des métiers dénigrés retrouvent leur sens. De nouvelles pratiques de travail sont inventées. Elles rejoignent tout ce qui est déjà fait depuis des années dans les domaines des énergies plus propres, de l’éducation bienveillante, de l’agriculture raisonnée ou encore de structures en réseau.

Tout n’est pas parfait. Des erreurs sont commises car la situation est totalement inédite.

Personne ne sait ce qui va se passer dans les prochaines semaines, ni les prochains mois.  Nous avançons sans certitudes dans les eaux-vives mais nous sommes nombreux à ressentir que la vie d’après pourrait finalement s’avérer plus épanouissante que celle d’avant si nous prenons le risque de nous lancer. 

La parabole du kayakiste

L'audace d'agir selon ses valeurs

À travers les images d’un kayak, d’un barrage, d’un lac et d’une rivière, Paul Dewandre explique de manière très convaincante pourquoi, dans le contexte économique et sociétal actuel, il est essentiel de revoir ses priorités pour construire sa vie et s’adapter au nouveau monde.

À l’image des castors, les survivants de la Seconde Guerre mondiale avaient entrepris la construction d’un grand barrage protecteur sur le cours d’eau de la vie afin de vivre heureux sur un lac protégé des courants. Aucun édifice n’est cependant assez solide pour résister indéfiniment aux évolutions technologiques, au renouvellement des générations, à la mondialisation ou encore au réchauffement climatique. La population d’après-guerre pensait avoir dompté la nature. Elle a fini par la saccager.

Heureusement, la fin d’un monde obnubilé par la croissance et le profit ne signifie pas la fin du monde. En retrouvant la rivière, de plus en plus de kayakistes créent de nouvelles formes d’organisation sociale connectées et solidaires où la confiance, la bienveillance et la coopération prennent le pas sur le contrôle, le cynisme et l’autorité. Paul Dewandre nous invite à les rejoindre au plus vite en inversant notre pyramide de Maslow. Le monde a aujourd’hui un besoin urgent de notre humanité !

Paul Dewandre

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur de gestion à l’Université de Louvain-la-Neuve en Belgique complété par un MBA à Columbia aux Etats-Unis en 86, il débute sa vie professionnelle en créant une compagnie aérienne à Liège. Pas grand chose à voir ni avec la scène, ni avec la psychologie.

Mais en 1992, un an après la première crise du Golfe qui a eu des répercussions importantes pour les compagnies aériennes, Paul doit changer de vie. Il sait ce qu’il ne veut plus, mais ne sait pas très bien ce qu’il recherche vraiment. Il fait sa crise de la quarantaine, à trente ans. Dix ans de gagnés !!

D’autant plus qu’il tombe amoureux de Corinne, licenciée en droit, qui n’a que 24 ans ! Ils se marient rapidement, partent en France. Paul s’investit dans la création de réseaux de distributions pour des produits de filtration d’eau et d’air. Il écrit avec Corinne, en 1995, son premier livre. Il y traite de l’impact des évolutions technologiques sur nos manières d’acheter et de travailler et de l’importance de se prendre en main pour créer son avenir. Il sera vendu à plus de 100.000 exemplaires et sera traduit en sept langues.

En 1996, Paul assiste par hasard aux Etats-Unis à une conférence de John Gray, l’auteur du célébrissime " Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus ". Ce qu’il entend lui va droit au cœur, lui dont les parents se sont séparés à sa naissance.

Il se passionne pour ce thème, approfondit l’étude de ces rapports entre hommes et femmes. Il retourne aux Etats-Unis se former encore auprès de John Gray et fonde, avec son accord, les ateliers " Mars-Vénus " en 1998 en Europe francophone.

En 2001, le magazine d’actualité " Envoyé Spécial " diffuse un reportage sur France 2 réalisé par Amélie Develay sur le thème des relations de couple. Les retours très positifs des participants, interrogés avant, pendant et après donnent un bel éclairage sur ces ateliers de communication d’un nouveau genre.

Il n’écarte pas pour autant ses autres thèmes de prédilections, continuant à écrire sur les enjeux économiques et sociaux. Michel Lafon publie son livre " La vie est une rivière " en 2004.

A la sortie de ses conférences et ateliers sur les couples, Paul avait l’habitude de recevoir énormément de commentaires du genre : " Cela devrait être enseigné dans les écoles ", " Il faudrait que ces stages soient remboursés par la Sécurité sociale ", " On devrait faire un cours obligatoire de ce type avant de se marier ", " Ah, si quelqu’un m’avait expliqué cela plus tôt… ".

Parallèlement, d’autres réactions fusaient : " C’est tellement vrai et drôle ", " J’ai autant ri qu’à un spectacle d’humoriste ".

Une idée germe alors dans l’esprit de Paul. Pourquoi ne pas faire un one man show avec un contenu qui pourrait aider les couples ?

Il trouve un petit café théâtre à Marseille en 2006 et teste son idée. Le succès est immédiat et le fera finalement rester 7 ans sur les planches avec son premier spectacle " Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ".

Il vient de fêter ses vingt ans de mariage avec Corinne et ils vivent à Aix-en-Provence avec leurs quatre enfants.

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