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Comment éviter le burnout parental en cette période de confinement... et s'en sortir ?

Si une période de confinement est propice au burnout parental, comment en reconnaître les signes et comment s’en sortir ? Comment sortir d’une période difficile quand on a passé beaucoup de temps avec des enfants à la maison ?  Sylvie LoumayePsychologue, sexologue et conférencière, nous propose, dans ce podcast, 12 conseils pour rétablir notre équilibre...

La période de confinement nous fait constater que le burnout parental est davantage présent dans la population belge.

C'est le constat que fait Sylvie Loumaye, psychologue et bénévole sur la ligne SOS parents. C'est donc 5 à 8% de la population belge qui serait concernée, soit 1 parent sur 20. Face à ce constat l'Université Catholique de Louvain a mis en place la ligne SOS Parents (0471/414 333) qui a pour objectif de venir en aide aux familles en détresse, une ligne d'écoute à laquelle participe Sylvie Loumaye, psychologue donceeloise.

Pourquoi le confinement favorise-t-il le risque de burnout parental ?

Tout d'abord, il faut savoir que la société occidentale dans laquelle nous vivons a tendance à favoriser ce burnout parental pour différentes raisons.

" La première c'est qu'on n'a pas l'habitude de vivre les uns sur les autres. " explique la psychologue. " Nous n'avons pas non plus l'habitude d'être restreints dans nos libertés, comme la liberté de pouvoir se déplacer. Et puis, enfin, nous sommes dans des valeurs plutôt individualistes. "

Le confinement, tel qu'il est organisé, pousse le parent à devoir porter plusieurs casquettes : parent, professeur, travailleur. " C'est juste impossible de se couper en 3 de façon simultanée " souligne Sylvie Loumaye. " Cela met les parents dans des grandes difficultés. Tout en culpabilisant, parce qu'ils ne s'occupent pas assez de leurs enfants, mais en même temps ils ne travaillent pas assez, comme c'est prévu dans leurs contrats de travail par exemple. "

Comment tombe-t-on en burnout ?

Une métaphore pour comprendre le burnout parental c'est d'imaginer la parentalité comme une balance avec, d'un côté, des stresseurs parentaux et de l'autre côté des ressources parentales. 

On y retrouve :

  • Tout ce qui est lié à la situation, est-ce une famille monoparentale, ou y a-t-il 2 parents ?

  • Tout ce qui est sociodémographique, vit-on dans un petit appartement ou a-t-on un jardin ? 

  • Tout ce qui est relation à l'enfant, est-ce un enfant qui donne une forme de reconnaissance ?

  • La personnalité du parent, est-on anxieux ou optimiste ?

  • Des ressources familiales, y a-t-il des grands-parents qui peuvent aider d'une quelconque manière ?

Dans une situation normale cette balance est à l'équilibre. 

" Tous ces facteurs sont des éléments qui vont être compromis pendant le confinement " raconte la psychologue.

" Au niveau des ressources par exemple, il n'est plus possible d'avoir recours à des aides ménagères, à des babysitters, ... Au niveau de la relation à l'enfant, on avait peut-être un loisir commun qui nous rapprochait, il peut ne plus être possible d'effectuer ce loisir. Nos loisirs personnels sont également compromis. La famille, les grands-parents, on ne peut plus les voir. Les ressources s'amenuisent mais les stresseurs vont être plus nombreux vu qu'on va ajouter, aux stresseurs habituels, le stress lié à la santé et au coronavirus, le stress lié à la limitation des rentrées financières, les devoirs à faire à la maison, les sollicitations des enfants, ..."

Quels sont les signes du burnout parental ?

Il existe différents signes.

" Le premier des signes, ça va être une fatigue,un épuisement physique, émotionnel, qui fait que rien que l'idée de devoir s'occuper de ses enfants ou être en présence de ses enfants... Déjà ça, c'est trop. " explique la psychologue.

" Et pour se protéger de cet épuisement, le parent va avoir tendance à prendre une certaine distance. Une distance qu'on va appeler distance émotionnelle. Donc, physiquement il est là, il va continuer, par exemple, à assumer les repas comme il faut. Mais il va se détacher émotionnellement. Ça veut dire qu'il n'est plus capable de se connecter à son enfant, comme il faudrait. " 

Cela s'accompagne également d'une perte du plaisir d'être parent, la parentalité est devenue une corvée alors que cela ne l'était pas avant. Le parent est " pilote automatique " et va assurer le service minimum. 

Il y a, en plus, un " effet contraste " par rapport au positionnement que le parent avait avant. Le parent peut donc ne pas se reconnaître, le conjoint peut ne pas reconnaître son/sa partenaire. 

Comment éviter le burnout parental ?

L'objectif est avant tout d'arriver à rééquilibrer cette " balance parentale ". 

Pour cela il faut avant tout " faire son deuil " des ressources qui ne sont plus accessibles, comme les grands-parents qui pouvaient garder les enfants. Mais il faut aussi faire son deuil des stresseurs sur lesquels nous n'avons pas d'emprise, comme une diminution des rentrées financières. 

Une deuxième démarche consiste à essayer de retrouver quelques ressources et d'alléger quelques stresseurs.

" Pour alléger quelques stresseurs on va décider de renoncer à certaines choses." souligne Sylvie Loumaye. " Par exemple, le rangement de la chambre des enfants. En général on aime que ce rangement soit quotidien, on aime que la chambre soit suffisamment rangée tous les soirs. En période de confinement, où l'enfant se trouve souvent dans sa chambre, on va décider que ce rangement sera hebdomadaire. Au niveau des ressources il faudra faire preuve de créativité. On peut, par exemple, solliciter les grands-parents pour voir si on peut leur faire passer un appel tous les jours, à la même heure, pour occuper les enfants. "

12 conseils pour rétablir l'équilibre :

  1. Choisir ses combats, il ne faut choisir que quelques combats, 2 ou 3, par rapport auxquels vous allez rester intransigeants (par exemple : la violence dans la fratrie, on ne laisse pas passer).
  2. Structurer la journée, les enfants n'ont pas bien la notion du temps.
  3. Assouplir les règles, en période de confinement on ne peut pas garder les mêmes règles. On va donc assouplir les règles et les communiquer, de façon à recréer de la routine.
  4. Renoncer à être " superman " ou " superwoman ". Être un parent suffisamment bon, c'est déjà très bien !
  5. Partager les tâches. Il y a plus de travail dans une maison dans laquelle on reste 24h/24 en famille, on va donc partager les tâches avec le conjoint mais aussi avec les enfants.
  6. Prendre l'air. C'est d'autant plus important lorsqu'on sent que " la moutarde nous monte au nez ".
  7. Exploiter les écrans. En période de confinement les écrans sont des ressources. Il y a moyen de les utiliser à bon escient ou avec un objectif pédagogique.
  8. Du temps en famille dans le plaisir. Il ne faut pas se forcer à effectuer des tâches qu'on n'aime pas, il faut trouver des activités, que tout le monde aime, à pratiquer en famille.
  9. Interpréter le comportement de l'enfant. Les jeunes enfants ne sont pas capables d'expliquer le stress qu'ils ressentent. Il est compliqué pour un enfant de dire " papa, maman, je suis anxieux par rapport au coronavirus, j'ai peur de contaminer papy et mamy quand on les reverra et j'ai peur de retourner à l'école ". Un enfant est dans l'action ce qui peut être exaspérant. Il faut essayer d’interpréter le comportement de l'enfant avec son aide et en lui posant des questions : que se passe-t-il ?  Qu'est-ce que tu veux dire ?  Pourquoi tu as dit ça ?
  10. Rêver ensemble. On peut, par exemple, faire la liste de tout ce qu'on pourrait faire une fois que le confinement est terminé. 
  11. Se laisser vivre, parfois. Ce n'est pas grave de passer une journée en pyjama une fois de temps en temps.
  12. Offrir de la reconnaissance au conjoint qui reste. S'il y a des couples où l'un des parents reste à la maison pendant que l'autre va travailler, il est important d'offrir de la reconnaissance à celui qui reste à la maison, car c'est aussi un " job à temps plein ". 

Et si cela va trop loin ? Que je me sens dépassé ?

Il faut savoir demander de l'aide, cela peut se faire auprès d'un psychologue professionnel. Pour le moment il est possible de joindre des psychologues professionnels par vidéo-conférence ou par téléphone, ou alors en appelant la ligne SOS Parents, une ligne téléphonique ouverte 7 jours sur 7 de 8h à 20h sur laquelle vous êtes entendu par un(e) psychologue bénévole dans le cadre complet de l'anonymat. Cette ligne est joignable au 0471/414 333

Faites-vous confiance !

" Vous êtes parent, vous avez un enfant, ou plusieurs enfants, vous avez certainement traversé des épreuves et vous êtes toujours là. " souligne la psychologue. " Bien entendu que vous avez de la ressource ! L'idée c'est de vous mettre en contact avec ces ressources pour aller, avec de la créativité, avec du courage, avec tout ce qui est possible autour de vous. Vous allez faire en sorte de trouver des solutions pour vous en sortir. Beaucoup de parents vont pouvoir s'en sortir. La clé c'est de se faire confiance et de s'écouter. "

Sylvie Loumaye - Psychologue, sexologue et conférencière.

Diplômée en psychologie et sciences de l’éducation (G.D, UCL, 1998).

Elle a débuté sa carrière en travaillant comme accueillante, psychothérapeute et animatrice en centre de planning familial entre 1999 et 2002 (SIPS et Infor-Famille à Liège puis Planning Ourthe-Amblève à Aywaille).

De 2002 à 2010, elle a été directrice du centre de Planning familial liégeois " le 37 ". En plus de la gestion quotidienne de l’asbl, elle y a développé des consultations de médiation familiale, de sexologie ainsi que des ateliers sur la confiance en soi, la communication et des conférences interactives…

Visitez le site internet de Sylvie Loumaye en cliquant ICI !

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