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Fureur de Lire : " Les adolescents lisent encore et ils lisent bien "

À tort et parfois à raison, on entend dire que les adolescents ne lisent plus rien à part les sms qu’ils s’échangent. Cliché ou vérité ? Laurence Ghigny, coordinatrice de la Fureur de Lire, qui se déroule dans différents lieux de Wallonie et Bruxelles, est venue en parler dans la Semaine Viva.

" Les adolescents ne lisent pas et quand ils lisent, ils lisent que des choses bêtes ou violentes, qui ne les forment pas." C'est en citant ces clichés autour des adolescents que la coordinatrice de la Foire de Lire, Laurence Ghigny plante le décor car selon elle, la réalité est bien différente. 

" On sait qu'ils lisent mais on pense qu'ils lisent que des SMS ou que des textes sur internet. Pourtant, en tant que parent, qu'adulte, on attend qu'ils lisent "de la littérature" car ça représente de la culture, des valeurs". 

Autant de préjugés et pourtant...

"On peut évidemment démonter cela par deux constats. Le premier est qu'il y a une immense production littéraire qui s'adresse aux adolescents. Les éditeurs pour les jeunes adultes n'arrêtent pas de produire. Le second constat absolument avéré est que l'être humain est fait pour qu'on lui raconte des histoires." 

 

Une littérature transmédiatique et transgenre

Actuellement, ce qui est produit pour les adolescents se joue sur différents réseaux comme la vidéo, les réseaux sociaux ou encore les plateformes de vidéos à la demande. Cette littérature appelée transmédiatique induit beaucoup de porosité entre le cinéma et la littérature. " Par exemple, prenez Stranger Things qui est une série télé devenue un livre. Il y a beaucoup d'exemples où il y a un passage entre l’élément textuel et le film ou vice-versa." 
Dans le domaine, les éditeurs "jeune adulte" prennent peu de risque. Ils attendent ainsi de voir ce qui fonctionne avant de sortir leur épingle du jeu. "On l'a bien vu avec Harry Potter par exemple."

On parlera aussi de littérature transgenre. Il s'agit d'un fondement que ce soit pour la littérature classique ou la littérature "ado". "Il y a de la fantaisie, la "new romance", la science-fiction, la dystopie. Il y a aussi la "sick litt" qui est la littérature malade dans laquelle le héro a une maladie, un handicap. C'est le principe même de l'anti-héro."

Selon la coordinatrice, il est question de principes universels et c'est grâce à ces genres que les ponts entre les deux "littératures" peuvent se créer. " Plein de romans pour jeunes adultes parlent d'amour par exemple. On peut partir de ce qui existe  pour remonter pas à pas vers des bouquins plus anciens pour ainsi découvrir Madame Bovary, par exemple."

La lecture utilitaire VS la lecture plaisir

Par contre, si pour certains, la fureur de lire peut prendre sans prévenir, d'autres n'y prendront jamais goût. "Vous pouvez prendre n’importe quel enfant, de 3 ou 6 ans, il ne va jamais refuser une histoire. Mais par contre, si on a jamais personne sur le chemin qui nous fait rêver, qui nous raconte des histoires, qui nous fait imaginer et penser, il y a peu de raison qu’un miracle arrive et que l’envie de lecture se dévoile à 13-14 ans."

Alors, le fossé se creuse parfois encore plus à l’heure des premières lectures pour l’école. "La notion de plaisir est parfois un peu malmenée avec le système scolaire où on entre dans la prescription, l’obligation et aussi la découpe de la lecture à des fins utilitaires. Bien sûr que la littérature peut être utilitaire mais si elle l’est exclusivement, on rate l’essentiel car la littérature et la fiction font partie des choses essentielles de la vie."

Le phénomène des "Booktubeur"

La littérature n’a pas échappé à l’influence des réseaux sociaux. Sur la toile, les "blogueurs lecteurs" se nichent et se livrent à leur communauté. Devenus critiques littéraires de temps modernes, ils créent des vidéos sur youtube ou mettent en ligne des blogs. D’ailleurs, ce jeudi, Youtube a lancé "Booktube" soit une sorte de club de lecture 2.0. Sur la plateforme, des auteurs et autrices à succès mais aussi des youtubeurs spécialisés se rassemblent.

Autre phénomène né en ligne aussi : les plateformes d’écriture collaborative. " Là, les gens commencent à écrire car ils ont une idée et un autre lecteur arrive avec son idée aussi. Il peut changer le cours de l'histoire en imaginant une autre fin pour le héro. Là, c’est directement se soumettre à l’avis du public."

Retrouvez la Semaine Viva de Régine Dubois et de Christophe Grandjean chaque samedi entre 13h et 14h sur Vivacité. Toutes les séquences de l’émission peuvent être réécoutées sur Auvio.

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