La Récré de Midi

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Norman : "Toute ma vie j'aurai l'étiquette de youtubeur"

Norman, connu pour ses nombreuses vidéos humoristiques sur YouTube était de passage dans "La Récré de Midi" pour évoquer son second one-man-show : "Le spectacle de la maturité".

Avec 11 millions d'abonnés, c'est l'une des chaînes YouTube les plus suivies en francophonie (troisième derrière ses compères Squeezie et Cyprien), Norman fait des vidéos, reprend des vidéos de Norman Thavaud, youtubeur, humoriste et acteur de 32 ans.

Norman y traite des sujets de la vie quotidienne et des thèmes qui sont chers aux jeunes toujours de manière humoristique. Il bâtit sa renommée en se filmant dans son appartement de Montreuil, en changeant constamment les tons et les prises de vues. Ses plus grands succès ? Des clips vidéos remplis de second degré avec Maintenant j'ai Google ou Luigi clash Mario. D'humoriste amateur à professionnel, il arrive avec son nouveau one-man-show : Le spectacle de la maturité.

Dans ce spectacle, il pose son regard sur notre époque. Il explique : "Le monde en perpétuelle évolution. Ce qui m'amuse c'est de voir comment mon aventure a évolué. Je ne parle pas que de moi dans mon spectacle, je parle de tout le monde. J'aime parler de la densité des réseaux sociaux par exemple : à quel point notre ego est remis en jeu en permanence, à quel point on se regarde le nombril et on regarde les autres".

L'arrivée des influenceurs

En 2010, il lance sa chaîne avec une première vidéo, Le Club de ping-pong. L'année suivante, c'est avec sa vidéo Les bilingues, qu'il atteint le million de vues en seulement quelques semaines. Norman vient alors de se constituer un premier public de fans qui ne le lâchera plus.

L'humoriste est un des premiers youtubeurs. Après 10 ans de métier à publier des vidéos en ligne, il fait déjà partie de l'ancienne génération et fait office de grand frère pour le nouveau milieu des influenceurs. "Je regarde cela avec beaucoup de bienveillance. Je trouve cela super les gens qui se lancent dans l'aventure YouTube qui sont créatifs, qui sont indépendants, et surtout tellement bourrés d'énergie. Ils font tellement de vidéos, trois par semaine, c'est un truc de fou. Et à l'inverse, il y a tellement de youtubeurs et youtubeuses que j'ai l'impression que je me soins moins exclusif sur YouTube. YouTube m'appartient un peu moins et c'est normal, la relève est là et en même temps mes vues sont toujours superbes" commente-t-il.

La même recette mais pas le même public

Aujourd'hui, c'est par la scène que Norman réalise le nombre de gens qui le suivent encore. Mais il assure que son spectacle reste fidèle à ses vidéos : "C'est exactement le même ton (employé). Les gens qui aiment mes vidéos s'y retrouvent complètement. C'est un peu le cousin germain de ce que je raconte sur youtube sauf que là il n'y a pas de triche (NDLR : montages, découpages, etc.)".

Si Norman draine au départ un public de 15-25 ans qui a grandi avec lui, il attire désormais tous les âges dans ses vidéos et ses spectacles : "Quand je raconte des trucs, je n'anticipe pas la cible, l'âge des gens. Je ne suis pas dans un sondage du public, j'écris instinctivement. Donc c'est un public familial et j'essaie d'être le plus éclectique et le plus diversifié pour que tout le monde s'amuse".

Sur YouTube en particulier, Norman garde la même recette mais change un peu la mise en place pour surprendre encore son public : "Ce qui est moderne m'amuse. Après je vis avec mon âge et mon époque. Il y a des plus jeunes que moi qui arrivent sur YouTube qui viennent avec des nouveaux concepts que je ne ferai jamais donc cela je ne peux pas me forcer à le faire. Par contre je sais que les gens viennent sur ma chaîne YouTube pour voir le même ADN. Ils veulent voir la même chose mais surtout pas la même chose. Donc c'est un peu compliqué, j'essaie un peu de les feinter en leur mettant la pilule (dans la nourriture) comme un chat et ils ont ce sentiment de voir autre chose et en fait c'est la même chose, mais j'ai mes petits secrets. J'ajoute des épices de modernité : je mets des réactions de façon plus hype, je parle un peu plus en spontanéité comme c'est la mode sur YouTube. Je fais un petit mélange et j'ai l'impression que cela leur convient bien".

YouTubeur à vie

Dans tous les cas, Norman crois qu'il sera toujours assimilé au site web d'hébergement de vidéos :

Je pense que toute ma vie j'aurai l'étiquette youtubeur.

Il pourrait arrêter les vidéos mais rassure les fans, il n'y songe pas. "Je le fais parce que j'adore faire cela, avec honnêteté. Par exemple, ma dernière vidéo Les années 2000, je l'ai faite avec le cœur, j'ai kiffé en parler. Tout ce que je raconte c'est du vécu, je crois que les gens le sentent et c'est cela qu'ils aiment en fait. Quand je me force à faire une vidéo, ça m'est déjà arrivé, ils le voient aussi. Car les viewers sont ultra intelligents. Ils voient tout. On ne peut pas mettre un masque".

Il résume : "Je le fais encore avec passion mais je sais que c'est le moteur de tout. C'est un peu l'épicentre de ma vie artistique, ce sont les vidéos YouTube. Cela nourrit le spectacle, cela remplit les salles et cela m'amène chez vous, dans les médias. Tout cela, c'est grâce à YouTube. Si j'arrête YouTube, j'arrête un peu tout".

Parmi les pionniers

Norman fait partie des pionniers du métier de youtubeur. Il ne se considère toutefois pas comme le créateur mais se dit chanceux d'avoir pu saisir l'opportunité au bon moment. Il détaille : "Je fais partie des premiers à avoir posé la première pierre et moi qui fais partie de YouTube international, aux États-Unis, je suis très regardant de ce qu'il se passe. À l'époque où j'ai commencé mes premières vidéos sur YouTube, il y avait déjà les Américains qui commençaient la même chose même si ce n'était pas le même ton et le même concept de vidéos. C'est comme une sorte de mouvement un peu mondial : si je ne l'avais pas fait quelqu'un d'autre l'aurait fait à ma place j'en suis sûr et certain". Il poursuit :

"On ne va pas se mentir, j'ai eu beaucoup de chance je suis arrivé où il fallait au bon moment. J'ai contribué à ce métier mais au même titre que quelqu'un qui serait venu avant moi."

S'il a été en partie influencé par les États-Unis, Norman a depuis rencontré de nombreuses personnes inspirantes pour sa carrière. Il en cite trois : "Dany Boon avec qui j'ai beaucoup aimé discuté. Je trouve qu'il est un visionnaire de son époque et a une carrière immense. Mon metteur en scène c'est aussi un monstre du métier, c'est à la fois mon meilleur ami, mon mentor, mon père spirituel et j'ai aussi rencontré Alain Chabat qui est aussi un grand nom du métier et qui est tellement intéressant. Ces gens-là si jamais ils sont au sommet ce n'est pas un hasard, ce n'est pas un coup de bol, ce sont des gens qui sont passionnants, qui travaillent, sont curieux".

Il conclut en donnant une piste pour les éventuels humoristes amateurs dont il faisait autrefois partie :

Le moteur de la réussite je pense, ce que ces artistes ont en eux, c'est la curiosité.

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