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Royaume-Uni : 90 volontaires se font injecter le Covid-19 contre rémunération

90 volontaires anglais ont accepté de se faire injecter le Covid-19 contre rémunération. Mais quel est l'objectif de cette étude assez surprenante ? Explications avec Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

Cette étude assez surprenante a débuté le samedi 6 mars. Et c'est une première mondiale que d'infecter des volontaires sains au Coronavirus dans le cadre d'une étude. Un pari risqué et pourtant, 90 volontaires se sont lancés...

Une étude interpellante

Pour notre experte infectiologue, cette étude est clairement interpellante et en même temps, elle précise qu'on se pose énormément de questions au sujet du Covid-19 : pourquoi certaines personnes sont tout à fait asymptomatiques ? Pourquoi d'autres personnes ne développent "que" des troubles du goût et de l'odorat ? Ou encore pourquoi certaines personnes développent des tableaux catastrophiques avec de grosses pneumonies qui aboutissent aux soins intensifs et qui parfois mènent malheureusement au décès ?

Bien que les chercheurs disposent de pistes de réponses, ils ne disposent par pour autant de toutes les réponses à leurs questions. Résultat : cette a étude a pour but de répondre à diverses interrogations pour mieux cerner ce virus, encore inconnu il y a un an... 90 volontaires, âgés entre 18 et 30 ans, qui ont peu de risques de faire une forme sévère du virus ont donc accepté d'aider la science à y voir plus clair. Ils vont être suivis et assistés 24H/24 durant les deux premières semaines. Et suivis de près durant une année complète.

Surveiller en direct la réaction de leur organisme

Leïla Belkhir souligne que "l'une des premières questions est de savoir quelle est la quantité nécessaire de virus pour être infecté ? Grâce aux nombreux tests que ces 90 volontaires vont subir durant cette étude, on va pouvoir tenter de comprendre comment l'immunité se présente, comment les défenses immunitaires s'activent au tout début de l'infection ou encore comment ça va évoluer d'une personne à l'autre. Un pari osé mais réellement encadré, en prenant le moins de risques possibles !" explique l'infectiologue.

Un pari osé...

Leïla Belkhir explique que "c'est un pari osé mais ce n'est pas une première ; cela s'est déjà fait avec notamment le RSB, un virus respiratoire. C'est un des autres aspects de la science et de la médecine qui comporte, certes, un certain risque mais les volontaires sont bien informés et font le choix de le faire, ils signent d'ailleurs un consentement éclairé et dans ce cas-ci, une rémunération est même proposée."

Le but premier est de suivre le trajet naturel du virus et de l'immunité en cas d'affection

"Le but premier est de suivre le trajet naturel du virus et de l'immunité en cas d'affection, ce qui est intéressant mais ça reste osé car à côté de ça, il existe d'autres moyens comme des banques de données avec des patients recrutés qui sont déjà malades/atteints et on tente alors de comparer les formes sévères et modérées. C'est notamment ce qui a permis de voir qu'il y avait un déficit génétique dans une des lignées d'immunité qui provoquait des formes sévères chez des personnes sans facteurs de risque. Mais ici, l'approche est différente, les volontaires ne sont pas malades, on inocule le virus, on suit le trajet de l'immunité et on voit ce qui se passe et à priori, les volontaires ne sont pas censés faire de forme sévère ni compliquée car il s'agit de jeunes en bonne santé, sans facteurs de risque."

Affaire à suivre donc... Bilan dans les prochains mois !

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