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Le syndrome du choc toxique lié aux menstruations : mieux vaut prévenir que guérir

La cup et les tampons hygiéniques peuvent favoriser le syndrome du choc toxique. Une septicémie rare mais grave qu'il vaut donc mieux prendre en main rapidement pour éviter les séquelles, voire le décès de la jeune fille. Éléments d'information avec le Pr. Squifflet, chef de clinique du service de gynécologie des Cliniques universitaires Saint-Luc.

Le syndrome du choc toxique est connu depuis la fin des années 1970 mais on parle un peu plus ces derniers temps. En cause : le décès dramatique de certaines jeunes filles, comme ce fut notamment le cas en janvier 2020 lorsque Maëlle, 17 ans, a perdu la vie à la suite d'un choc toxique provoqué par un tampon hygiénique.

Un choc septique

Le Professeur Squifflet, chef de clinique du service de gynécologie des Cliniques universitaires Saint-Luc, est intervenu sur antenne à ce sujet : "Le choc septique est un état lié à un agent infectieux, on parle d'une bactérie - mais cela peut être un virus - qui est responsable d'une réaction du corps entier et qui associe une température, un malaise, une hypotension qui peut aller jusqu'à une perte de connaissance et une irruption cutanée - des taches rouges sur la peau - des signes de malaise général de notre corps. Malheureusement, cette bactérie peut avoir une porte d'entrée à différents endroits et dans le cadre gynécologique du syndrome du choc toxique, c'est une porte d'entrée vaginale liée à l'utilisation du tampon ou d'une cup vaginale."

Il est donc important de préciser que les bactéries ne se trouvent pas sur le tampon ! Mais que l'utilisation d'un tampon ou d'une cup bloque le sang qui stagne au même endroit et favorise la prolifération de bactéries : "Chez certaines personnes, la bactérie appelée staphylocoque associée à la période de menstruations, à l'utilisation d'un corps étranger, à un certain terrain de prédisposition chez la patiente (souvent chez les jeunes) engendrent ce choc septique. La bactérie va produire une toxine qui passe dans le sang et qui est responsable de ces symptômes."

Une cause méconnue

Notre spécialiste souligne qu'on ne connaît pas la raison exacte donc on ne sait pas identifier les patientes qui sont potentiellement à risque. Cependant, comme ça survient chez les patientes jeunes, on imagine que ce sont des patientes qui n'ont jamais eu cette expérience-là et qu'une fois les trois facteurs précités associés, leur corps développe alors une réaction importante. À savoir qu'on observe moins ce phénomène chez les jeunes femmes de plus de 25 ans qui utilisent des tampons depuis des années.

Une femme sur 100 000 par an

Bien que cela puisse effrayer les jeunes femmes, il ne faut pas vous alarmer, c'est quelque chose de rare et d'exceptionnel qui concerne en moyenne une femme sur 100 000 par an. "Et la bonne nouvelle est que ça a tendance à diminuer également" précise le Pr. Squifflet.

Mieux vaut prévenir que guérir

Notre expert explique qu'au fil des années, on n'a pas réussi à prouver que prendre des mesures particulières pouvait diminuer l'apparition de ce problème mais en règle générale, on recommande de :

  • Changer régulièrement de tampon (toutes les 4-6h) et/ou de laver régulièrement sa cup
  • La nuit, il faut privilégier les protections externes comme les serviettes hygiéniques étant donné qu'on la garde plus longtemps qu'en journée
  • Bien adapter votre protection hygiénique votre type de flux 
  • Si vous présentez des symptômes comme de la température, une impression de malaise, une tension artérielle basse et des irruptions cutanées (taches rouges sur la peau), faites appel à votre médecin traitant et signalez-lui que vous êtes en période de menstruations 

Traitement

Un traitement antibiotiques extrêmement efficace permet de traiter le choc septique : "Tout dépend de la rapidité avec laquelle on va le prescrire mais plus vite il sera prescrit, moins il y aura de séquelles. En effet, un diagnostic tardif peut mener à un décès ce qui est d'ailleurs extrêmement choquant car ce sont des généralement des jeunes filles en bonne santé, sans aucun antécédent médical particulier..." conclut le Pr. Squifflet.

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