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Coronavirus en Europe : vers une immunité collective d'ici juillet ?

En Europe, l'immunité collective serait atteinte d'ici la mi-juillet, c'est-à-dire lorsque 70% de la population sera vaccinée contre le Covid-19. Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, est intervenue à ce sujet dans l'émission "La Grande Forme".

L'immunité collective : concept selon lequel lorsqu'il y a suffisamment de personnes  immunisées - que ce soit par voie naturelle (si elles ont été positives au Covid-19) ou grâce au vaccin - cela empêche le virus de circuler car il se retrouve face à une personne qui est protégée et donc celle-ci ne peut ni être infectée, ni transmettre le virus (sauf exception) explique Leïla Belkhir.

L'importance du R0

Le pourcentage de la population qui doit être immunisé dépend de la caractéristique du virus, ce qu'on appelle le R0, c'est-à-dire le nombre de reproduction de base ; il s'agit du nombre de personnes qui peuvent être potentiellement contaminées par un individu infecté par ce même virus. Notre experte nous donne un exemple concret : "La rougeole est une des maladies les plus contagieuses avec un R0 supérieur à 12. Dans le cas de cette maladie, il faut qu'il y ait au moins 95% de la population qui soit immunisée pour que le virus ne circule plus. Et pour le Sars-Cov-2 (Covid), le R0 est plus bas et se situe entre 2 et 3 donc d'après les calculs scientifiques, il faudrait qu'environ 70% de la population soit immunisée pour réduire la circulation du virus."

Vu les retards dans la vaccination, il faudra voir ce que ça donne en pratique 

"Quand on parle de la mi-juillet en Europe, c'est une estimation sur base du nombre de personnes qui l'ont déjà contracté et qui sont immunisées mais également sur base des programmes de vaccination. Cependant, il y a beaucoup de soucis de retard dans ce programme de vaccination, de façon générale en Europe, donc ce serait une très bonne nouvelle si on atteignait cette immunité collective cet été mais il faudra voir ce que ça donne en pratique..." souligne l'infectiologue.

Autre point important : les fameux variants

Leïla Belkhir poursuit en précisant qu'il ne faut pas non plus oublier les variants dans cette équation. Si certains sont plus contagieux, il faudrait qu'il y ait encore plus de personnes qui soient protégées et surtout, qu'il n'y ait pas de nouveau variant qui émerge et qui, lui, résisterait à l'immunité naturelle ou au vaccin, auquel cas cela remettrait en jeu ce fameux concept d'immunité collective explique notre experte. "Je n'aime pas les scénarios catastrophiques mais la réalité est qu'on passe de surprise en surprise depuis un an donc il faut tenir ça à l'œil mais je ne pense pas que ça va d'office arriver, du moins je ne l'espère vraiment pas ! Cependant, le vaccin Astra Zeneca n'est pas efficace au variant Sud-Africain par exemple donc tous ces facteurs doivent rentrer en compte."

Le but premier n'est pas d'éradiquer le virus mais d'en limiter au maximum la circulation 

Enfin, notre infectiologue conclut : "On ne parviendra peut-être pas à éradiquer le virus mais si on limite la circulation du virus, cela signifie qu'il y aura encore des cas sporadiques mais plus de phénomène épidémique. Un exemple de virus qu'on n'éradique pas mais avec lequel on vit très bien au final, c'est la grippe ! Certes, il y a des cas graves qui engendrent des hospitalisations mais on n'atteint pas ce qu'on vit actuellement, ce qui rend le virus gérable."

Et on espère tous y arriver au plus vite...

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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