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Entre humour, politique et émotion, Jean-Louis Lahaye dévoile les coulisses de l’Eurovision

Serge Vanhaelewijn recevait Jean-Louis Lahaye à la veille de la finale du Concours Eurovision de la chanson 2021. L’animateur belge emblématique du programme a livré de nombreuses anecdotes sur le concours de chant le plus suivi dans le monde.

L’Eurovision, c’est déjà 65 éditions depuis ses débuts, en 1956 à Lugano, en Suisse. Avec une telle longévité, le Concours Eurovision de la chanson fourmille d’anecdotes étonnantes, tant pour la Belgique, qu’en termes de chiffres parfois hallucinants.

Jean-Louis Lahaye, qui présente l’Eurovision depuis 2007, en possède beaucoup des histoires étonnantes sur ce concours mythique. Toujours à la présentation pour cette édition 2021 aux côtés de Fanny Jandrain, il revient sur les coulisses du programme et certaines prestations emblématiques au micro de Serge Vanhaelewijn.

L’humour taquin de Jean-Louis Lahaye

Jean-Louis Lahaye vous fait toujours passer de bons moments devant l’Eurovision avec l’humour qu’on lui connaît. Il se remémore très bien à ce sujet son intrépidité lors de sa première animation du Concours Eurovision, en 2007. "Je fais une émission spéciale avec Jean-Pierre Hautier (NDLR : à la présentation du Concours Eurovision depuis 1994 pour la Belgique) que j’adorais. Cela se passe tellement bien qu’il me dit : 'Il faudrait que tu viennes à l’Eurovision'. C’est l’année où Lordi, ce groupe finlandais horrible avec des masques dégueulasses participe à la première demi-finale" raconte-t-il.

Jean-Pierre Hautier dit : 'Si Lordi est sélectionné pour la finale, je me fais greffer des ailes de chauve-souris'… sauf qu’ils ont gagné cette année-là.

"Cela a été très douloureux pour lui et j’ai envoyé des SMS dans tous les sens, non seulement à Jean-Pierre et à la productrice qui était morte de rire. Ils se sont dit : 'L’année prochaine on embarque Jean-Louis avec'. Et moi j’étais le petit jeune juste pour faire les commentaires et dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas".

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© Virginie Lefour / Belga

L’ambiance du plus grand concours de chant au monde

L’Eurovision, c’est une expérience unique pour les artistes mais aussi pour le public qui y assiste.

Jean-Louis Lahaye dévoile d’ailleurs que le tube Waterloo d’ABBA, sacré en 1974 est toujours aussi incontournable auprès du public.

Vous ne pouvez pas commencer à chauffer une salle de l’Eurovision sans diffuser Waterloo. Ce n’est plus un titre, c’est l’hymne de l’Eurovision.

"Cela fout une ambiance de dingue et c’est diffusé partout, dans tous les pays quand vous entrez dans l’Arena. Quand vous entendez cet hymne, c’est que la folie commence et cela ne s’arrête pas jusqu’à la fin du show télé" assure-t-il. "Les gens sont en transe et quelque part nous aussi. C’est vraiment quelque chose de fabuleux à vivre au moins une fois dans sa vie".

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© Benoit Doppagne / Belga

Loin d’être un show inutile et ringard

Et attention si vous qualifiez l’Eurovision de ringard. Si l’animateur de 51 ans concède que le divertissement tombe parfois dans le kitsch, il reste "le plus grand show télé au monde avec plus de 200 millions de téléspectateurs".

Il rappelle aussi la visée pacifique du Concours, inventé en 1956 par le directeur de la télévision suisse, soit peu après la Seconde Guerre, qui préfère que les pays se battent "à coups de notes et surtout apprendre à se connaître et faire en sorte que les pays se rencontrent et parlent : ce dont vous n’avez pas peur, vous ne l’attaquez pas et même, vous l’aimez".

C’est donc un Concours important même au niveau géopolitique parce qu’il se trame beaucoup de choses en coulisses.

Bref, suivi aussi en Chine, aux États-Unis et en Australie, le Concours Eurovision est bien plus important qu’on ne l’imagine, à tel point que les Américains vont reprendre le même modèle pour en faire un entre leurs 50 états. "C’est pour cette raison que même avec le covid-19, on n’a pas annulé, on a fait quelque chose de différent". L’animateur souligne aussi les retombées économiques et touristiques pour un pays qui organise le Concours, payé d’ailleurs par l’Union Européenne de Radio-Télévision. "Il y a cette manière de mettre en valeur son pays pendant trois shows et 200 millions de téléspectateurs donc c’est énorme".

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© Jean-Michel Byl

Le taximan russe reconnaissant envers la RTBF

Si Jean-Louis Lahaye ne vous a pas encore convaincu sur la symbolique du Concours Eurovision, vous ne resterez pas insensible à cette autre anecdote de l’animateur.

Lors de la 54e édition en Russie, le présentateur et son équipe se rendent compte qu’ils ont deux places en trop pour le show et décident de donner celles-ci au taximan qui les conduit à la salle moscovite pour la finale. "Il fond en larmes parce que c’était le rêve de sa vie d’y assister. On ne se rend pas compte de l’importance que revêt le Concours du côté des pays de l’ex-bloc de l’Est. Là aussi c’est une religion et toutes les personnes qui débarquent et chantent sont des stars là-bas".

Madonna et la préparation requise pour l’Eurovision

L’Eurovision, ce sont aussi des stars internationales venues animer le show. Madonna est notamment venue en 2019 à Tel Aviv mais sa venue coûtait des millions de dollars, un coup trop exorbitant pour l’UER. C’est donc… un mécène israélien qui a payé les frais. Qui plus elle, tout le monde s’est plié aux désidératas de la chanteuse américaine comme le révèle l’animateur belge : "Elle n’a pas voulu que ce soit en direct et a voulu que ce soit enregistré et donc le jour du live, les 42 délégations ont dû venir début d’après-midi pour participer à l’enregistrement avec Madonna et retourner à leur hôtel pour revenir ensuite au soir. S’habiller, se maquiller deux fois, cela a dû être très épuisant".

Présenter l’Eurovision, cela demande aussi beaucoup de temps. Lors de ses voyages dans le pays qui accueille le Concours, l’animateur et son équipe ont rarement le temps de visiter et de se reposer. Animer un tel show exige beaucoup de préparation. Pour la finale de 2021, Jean-Louis Lahaye travaille encore la veille et le jour-même avant la soirée sur les textes qui doivent être chronométrés "parce qu’on ne peut pas parler sur une seule note des chansons". Les traductions se font parfois en direct et requièrent aussi de la préparation car les accents des présentateurs sont parfois peu intelligibles. Et toute une équipe prémâche le travail dans l’ombre, aux animateurs.

Retrouvez Jean-Louis Lahaye et Fanny Jandrain ce samedi dès 20h25 sur La Une, Auvio et VivaCité pour la finale de l’Eurovision 2021.

Écoutez Viva + en DAB + et via le player radio.

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