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Serres royales de Laeken : des plantes issues de l'un des plus beaux parcs du Hainaut et de Wallonie

Serres royales de Laeken : des plantes issues de l’un des plus beaux parcs du Hainaut et de Wallonie
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Serres royales de Laeken : des plantes issues de l’un des plus beaux parcs du Hainaut et de Wallonie - © Alison Cornford-Matheson - Getty Images/iStockphoto

Habituellement, à cette période de l’année, on visite les serres royales de Laeken. Savez-vous que certaines plantes viennent du parc d’Enghien ? Léopold II, le roi bâtisseur aux idées démesurées, n’hésita pas à rapatrier des plantes des plus beaux parcs de province pour constituer ce qui deviendra à ses yeux les plus beaux jardins d’Europe. Ce qui à l’époque, comme on le devine aisément, ne fut pas au goût des habitants qui voyaient une partie de leur patrimoine local amputé pour répondre aux désirs de sa majesté.

Les serres royales

En 1873, Léopold II, le roi " bâtisseur " sollicite le talent de l’architecte Alphonse Balat, professeur de Victor Horta. Le roi aimait la mode. Il rêvait d’une bâtisse moderne proche du château de Laeken, un havre de paix, dépaysant et verdoyant. Balat conçoit donc pour lui un complexe de serres qui viendrait compléter le château. Si le projet s’annonce classique, l’ensemble revêt l’apparence d’une ville de verre implantée dans un paysage sensiblement vallonné et verdoyant. Pour répondre aux attentes du roi, l’architecte réalise des pavillons monumentaux, des coupoles de verre, de larges galeries qui parcourent le terrain comme des rues couvertes. Fer et verre y occupent une place prépondérante tant pour les grandes que les petites serres exotiques. Plusieurs diront qu’une fois terminé, l’ensemble représentera le " palais de verre idéal " !

Au 19ème siècle, l’art et l’architecture se révèlent en pleine expansion, voire remises en question. Un vent nouveau souffle et se remarque… Le verre prend de plus en plus de place dans les constructions dites " modernes " et plus étrangement, le fer se voit lui aussi attribuer un rôle d’effet de mode dans ce courant nouveau. Naissent ainsi en Europe diverses bâtisses remarquables comme les serres de Laeken chez nous.

Parmi les plus spectaculaires, citons le jardin d’hiver, une cathédrale de verre de 57 m de diamètre et de 26 m de haut, coiffée en toute logique d’une gigantesque couronne royale ! Elle est reliée par une longue galerie de verre à la serre du Congo, de dimensions plus petites mais à l’architecture plus ouvragée. Ne lésinant jamais sur les moyens, Léopold II fit venir des plantes du monde entier. Il voulait aussi que ces jardins soient les plus beaux du pays. Il n’hésita pas à faire rapatrier certains arbres du parc d’Enghien, jadis propriété des Empain et particulièrement bien fournis en décoration florale. La forêt de camélias sise dans des serres s’apparente à d’immenses cages d’oiseaux, mais encore des géraniums géants, des fougères arborescentes du Mexique ou des figuiers rampants. La découverte s’organise tel un tour du monde floral, haut en couleur et en senteurs. L’orangerie abrite quarante-cinq arbres fichés et classés dont certaines essences ont plus de deux siècles !
Le parc d’Enghien, l’un des plus beaux de Wallonie

Il fait calme et paisible dans le parc d’Enghien, une vaste bulle de verdure de 180 ha préservée au cœur de la cité des Arenberg et de la patrie des Empain. Au fil des années, le parc, classé au Patrimoine Majeur de Wallonie, a subi quelques changements marquants : jadis, Léopold II y a puisé les plus belles plantes et les arbres les plus remarquables pour agrémenter les serres royales et il y a une quarantaine d’années, la construction de l’E429 l’a coupé en deux. Aujourd’hui, le parc compte l’un des plus beaux golfs de Wallonie.

Au cœur de la ville, le parc apparaît comme un antre paisible où il fait bon perdre pour mieux s’y retrouver, au détour d’une allée arborée, d’un jardin fleuri ou d’une mosaïque de points d’eau. Lorsque les Empain étaient propriétaires, le parc n’était pas accessible au public.

Au 17ème siècle, le joyau était considéré comme l’un des plus beaux jardins d’Europe. Il était alors agrémenté de milliers de fleurs et essences d’arbres, d’un grand point d’eau nommé l’Etang du Miroir, d’un grand canal, d’un château, d’un pavillon heptagonal des sept étoiles, d’une chapelle castrale, de statues et de pavillons privés. Léopold II, roi précurseur et visionnaire, y a fait déménager les plus espèces d’arbres et de fleurs pour aménager ses serres royales, ce qui à l’époque n’avait pas plu aux habitants, malgré le respect qu’ils avaient pour leur souverain bâtisseur. Le superbe ensemble architectural jouant sur la géométrie et la perspective des espaces, l’art floral et l’ingénierie hydraulique n’en n’a pas perdu pour autant son charme et ses richesses. Le point central est le château, autrefois résidence de choix des Empain. Les habitants des environs croisaient souvent le baron dont l’enlèvement avait été largement médiatisé en janvier 1978. Au début du 18ème siècle, un premier château fut construit à l’entrée du parc, là où se trouve actuellement l’entrée publique. L’accès au domaine se faisait par une rue adjacente à la Grand-Place dans laquelle on peut encore voir le vieux porche. Lorsque le domaine passa aux d’Arenberg, il fut restauré et embelli. Il fut ensuite pillé et dépouillé de ses richesses. Lorsque les d’Arenberg le récupérèrent en 1806, il était dans un tel état de délabrement qu’ils le firent raser avant d’en reconstruire un autre. La bâtisse flambant neuve prit feu le jour de son inauguration. Situé dans un magnifique domaine de 182 ha, le château actuel de style Louis XVI, fut construit en 1913 à l’emplacement de l’ancienne Orangerie.

Les anciens châtelains comme les visiteurs actuels apprécient l’ambiance du pavillon des Sept Etoiles et son jardin baroque, une jolie gloriette heptagonale de pierre, située au point le plus haut du parc.

Depuis son centre, rayonnent sept grandes allées qui s’ouvrent sur l’horizon ainsi que sept allées secondaires, plus courtes, qui aboutissaient, chacune, sur une statue. Ces 7 statues représentaient les 7 planètes ou étoiles connues à cette époque, une disposition qui reste empreinte de mystères et de symboles.

Dans les jardins fleuris du parc d’Enghien, le dahlia est roi ! Les parterres de ces plantes à bulbe constituent le " Conservatoire Européen du Dahlia " qui regroupe quelque 750 variétés différentes de plantes anciennes et nouvelles variétés. D’année en année, la collection s’enrichit, grâce notamment aux collaborations que la ville entretient avec l’étranger. De juillet à fin septembre, l’harmonie du jardin de dahlias offre aux visiteurs un tableau impressionniste inédit de couleurs et de formes.

A l’entrée du parc, vous verrez aussi les anciennes écuries pavées, construites en 1719 et la salle couverte des Acacias dans lesquels se déroulent des événements publics et de fêtes privées.

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