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Emotions, contraintes, budget colossal pour se protéger : Poignant le témoignage de Cédrine, infirmière à domicile

Voici le témoignage à la fois poignant et positif de Cédrine, infirmière à domicile depuis une douzaine d’années dans la région de Frasnes-lez-Anvaing.

D’emblée, cette courageuse soignante, mariée et maman de quatre enfants, évoque son état d’esprit et son moral d’acier qui va de l’avant, avant de nous émouvoir : " Le plus dur, c’est de perdre des patients " dit-elle avant de marquer un silence.

On la sent émue par la situation, par la disparation de ces personnes auxquelles elle s’était attachée et qui n’ont pas réussi à vaincre le virus. On la sent aussi fatiguée.

Pour elle comme pour ses collègues, le quotidien actuel est plus ardu à supporter, notamment avec les lourdes mesures sanitaires à adopter pour se protéger et éviter la propagation de celui que le monde craint et redoute depuis plusieurs semaines.

Masques, gants, blouses et gel en suffisance

Lorsque nous en venons à parler du matériel sanitaire indispensable pour se protéger dans son quotidien professionnel, Cédrine évoque avec respect l’attention particulière de sa pharmacienne à son égard : " J’ai de la chance. Ma pharmacienne s’est décarcassée. Son mari est allé à Mons, à Anvers et à Liège pour nous trouver du matériel. J’ai toujours disposé du matériel nécessaire et utile pour me protéger ". Des scaphandriers à usage unique qui lui ont déjà coûté 850 € depuis le début du confinement !

Nous admirons son moral constant et au top malgré la situation : " De toute façon, il faut garder le moral ". Afin d’éviter de puiser trop dans ses réserves et dépasser les limites autorisées par le corps et l’esprit, grâce à la complicité et bienveillance de ses collègues, Cédrine prend sagement de temps à autre un jour de congé pour se ressourcer auprès de ses proches, tout en gardant les distances de sécurité.

Avant la crise du covid 19, Cédrine travaillait 12 jours avant de se reposer 48 h. Un week-end sur deux, elle profitait de plaisirs familiaux et amicaux. " Maintenant, il y a ce masque et cette combinaison, tout cela rend le travail plus pénible " dit-elle. " Je travaille six ou sept jours et après, je prends un jour de congé. 12 jours d’affilée je n’y arrive plus ".

Solidaire, elle n’hésite jamais non plus à suppléer ses collègues.

Le covid 19, elle ne le craint pas pour elle mais elle a peur de le transmettre à son mari et à ses quatre enfants. Voilà pourquoi, elle se force à garder les distances avec les êtres qui lui sont les plus chers au monde. " Les bisous, les câlins, c’est fini pour le moment ". Quant à ses enfants, comme tout le monde, ils attendent impatiemment que ce drôle d’épisode de notre histoire se termine au plus vite afin de pouvoir à nouveau serrer leur maman dans leurs bras !

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