Grandeur Nature

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Printemps Grandeur Nature à la rencontre de la simplicité volontaire !

Cette semaine, le Printemps Grandeur Nature vous révèle les secrets de la nature en compagnie d’un véritable aventurier, Bernard Delloye.

Ancien avocat, Bernard a décidé de tout quitter il y a 16 ans pour se lancer dans un incroyable périple de 3 ans en famille. Madeleine 8 ans, pierre 6 ans et Mélanie, son épouse sont partis avec lui à la découverte de l’Europe. À pied, et accompagnés de deux fidèles compagnons Cannelle et Nestor, leurs ânes, ils ont parcouru 3 500 km. Un voyage à découvrir dans leur livre "Classes de terre" ou sur leur site internet

Plusieurs années après leur longue quête, Mélanie et Bernard ont décidé de vivre leur rêve, en accord avec la philosophie du " less is more ". Au pays des collines, à Oeudeghien, en province du Hainaut, ils se sont installés au cœur d’une ancienne ferme pour vivre en simplicité volontaire. Proches de la nature, ils se nourrissent de ce qu’elle leur procure au fil des saisons dans un esprit de complémentarité en tentant de la préserver au maximum.

De type traditionnelle wallonne, cette magnifique ferme carrée initialement recouverte de peinture blanche est devenue leur jardin d’Eden. Dans la cour, parsemée de pavés entre lesquels l’herbe s’invite librement, plusieurs poules cocotent tranquillement. De son côté, Jet, le chien de la maison, sommeille paisiblement bercé par la mélodie des oiseaux. Un peu plus loin, de l’autre côté de la grange, une bonne dizaine de moutons gambadent librement dans le pré-verger aménagé par Bernard. Ici, on se croirait presque dans un autre monde où la nature aurait gardé une place dominante dans la vie des hommes.

Bernard et Mélanie vivent de ce que la nature leur offre. Potager, arbres fruitiers, œufs de poules, moutons, Bernard et Mélanie Delloye ne remontent en ville que pour quelques articles comme le café ou le sucre, plus difficile à produire soi-même. Dans leur vision d’autonomie, ils ont décidé il y a 21 ans de renoncer à la voiture, ayant pour seul moyen de locomotion leur vélo ou leurs jambes. Dans la région, nombreux les connaissent et n’hésitent pas à leur apporter de l’aide notamment pour certaines courses laborieuses, comme les sacs de farine de 20 kg pour la confection du pain.

Durant notre séjour, Bernard et Mélanie ont commencé la tonte des moutons. Dans cet esprit de retour aux sources, il est important pour eux d’utiliser des outils conviviaux, c’est-à-dire, des outils qu’on peut maîtriser et réparer soi-même. C’est à l’aide de forces, sorte de grands ciseaux, que Bernard et Mélanie rasent leurs bêtes. Une fois attrapé, le mouton est maintenu assis ou couché entre les jambes de Bernard, pendant plus ou moins 30 minutes. Pour Bernard, cette technique de tonte lui permet aussi d’établir une proximité avec l’animal qui, petit à petit prend confiance pour se faire couper sereinement. Une fois la laine récoltée, elle leur permettra de pailler les haies et de couvrir le pied des arbres.  Nettoyée, la laine de mouton leur sert aussi à fabriquer des plaids qu’ils tissent eux-mêmes grâce à leur métier à tisser à cheville. Ces couvertures très chaudes sont indispensables quand le vent se lève et que le temps se refroidit.

La laine, c’est aussi ce qui passionne Marie Ghyssens au quotidien. Créateur artisan, Marie possède l’une des dernières feutreries de Belgique. À quelques kilomètres de chez Bernard, plus exactement dans le charmant village de Franes-Lez-Buissenales, Marie travaille la laine, la transforme en feutre, et crée toute sorte d’objets à la fois usuels et de décoration. Dans une démarche éco-responsable, Marie utilise uniquement des laines locales. La laine feutrée se fabrique grâce à un procédé de rétrécissement mêlant savon et eau chaude. Cela permet d’emmêler les fibres jusqu’à ce qu’elles soient assez compactes pour ne plus bouger. Le feutre est un textile extrêmement résistant qui peut s’employer tant pour des vêtements que pour des accessoires usuels. A l’initiative de Marie, le réseau " La chouette laine " s’est développé dans la région.  Valorisant le circuit court, ce réseau permet à ses membres de récolter la laine auprès des éleveurs locaux et d’en sélectionner les meilleures fibres. Elle sera ensuite transformée en laine à tricoter ou en jersey de laine.

Pas loin de chez Marie, dans le petit village de Frasnes-lez-Anvaing, nous rejoignons Joao Domigues, artiste peintre.  Du haut de son atelier, la vue est imprenable. Au loin, le paysage se dévoile comme sur une carte postale avec la vallée qui s’étend à perte de vue.  C’est ici, au sommet du pays des collines que Joao a décidé d’installer son atelier. D’origine portugaise, Joao a développé sa technique de peinture à base de café. Inspiré il y a quelques années par une amie qui remarqua un jour la trace laissée par une tasse de café sur l’une de ses œuvres, Joao eu l’idée de réaliser ses peintures à base de café. Aujourd’hui, ce peintre caféiné expose ses œuvres dans la galerie Art d’éco au centre de Namur pour le plus grand plaisir des yeux et du nez.  

Retour à la ferme, notre séjour est sur le point de se terminer. Avant notre départ, Mélanie et Bernard nous ont préparé un petit banquet. Au menu, quelques charcuteries provenant de la Ferme Dôrloù, première ferme bio qui a commencé l’élevage et l’agriculture selon les critères de la charte biologique dans les années 90. Au milieu de la table, une belle salade multicolore concoctée avec soin par Mélanie. Préparée uniquement à base des plantes du jardin, on y retrouve des pissenlits, des pâquerettes, ou encore de la consoude. Mélanie organise d’ailleurs le 21 avril prochain, un atelier de reconnaissance des plantes sauvages comestibles.

Un reportage Printemps grandeur Nature à retrouver à tout moment sur Auvio ! 

 

Hélène Bernard

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