Grandeur Nature

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Les Menuires, à mi-chemin entre authenticité et nature !

Cette semaine, Grandeur Nature vous emmène en altitude, au cœur des paysages enneigés des alpes françaises, aux portes du Parc National de la Vanoise à la station de ski Les Menuires.

Pour cette première étape en station, direction l’Auvergne-Rhône-Alpes et plus précisément la commune Les Belleville, plus grande commune de France mais également porte d’entrée du Parc National de la Vanoise. C’est ici, dans le domaine skiable des 3 vallées que je pose mes valises pour quelques jours.

 

Le séjour commence fort, les semelles de mes bottines ont à peine touché le sol qu’il me faut enfiler des raquettes. Un programme chargé nous attend et c’est par une promenade à travers la vallée des Belleville que nous l’attaquons. Direction:  le refuge Le Trait d’Union.

Après une belle balade de 45 minutes au départ de la magnifique chapelle Notre-Dame-de-la-Vie, monument classé datant du 17e siècle et situé sur le village de Saint-Martin-de-Belleville, nous atteignons enfin le fameux refuge. Niché au cœur des montagnes, il émane de cet établissement une chaleur et une convivialité surprenante.

Au bas de la porte, Vivianne vient nous accueillir. Chaussée de ses grosses bottines faites pour affronter la neige et d’un sourire rayonnant aux lèvres, elle nous installe sur sa terrasse. Le panorama est impressionnant. Face à nous, la vallée s’étend à perte de vue. Vivianne m’explique qu’elle habitait ici autrefois avec sa famille, mais suite à un événement douloureux, elle s’est totalement reconvertie professionnellement. Elle a imaginé ce " Trait d’Union " pour permettre aux randonneurs, skieurs et autres courageux de profiter d’un logement pour la nuit et/ou d’une pause déjeuner. Sa philosophie : une cuisine de qualité, un menu par jour et toujours plus de convivialité. Après une petite pause lunch, il est temps  pour nous de reprendre la route. La descente se fait plus aisément, et nous rejoignons Notre-Dame-de-la-Vie avant de repartir vers d’autres horizons.

Cette fois, nous avons rendez-vous à la ferme Trantsa située à l’extrémité du charmant village de Saint-Martin. Quel drôle de nom n’est-ce-pas ? Après quelques légers dérapages, la voiture atteint la plus haute bâtisse de hameau où nous attend Serge, maitre de maison et fier paysan des montagnes. Tout de suite, on comprend que c’est un homme heureux, un homme qui a complètement changé de métier il y a 12 ans pour se lancer dans la grande aventure que représente cette ferme : un élevage de brebis qui lui permet de produire du fromage et de la Trantsa. " Ah la Trantsa, me raconte-t-il, c’est un plat de montagnards fabriqué avec du petit lait et du pain sec qui a plus de 150 ans. Aujourd’hui il n’y a qu’ici que vous pouvez en manger ". Je suis à la fois curieuse et perplexe; avant d’y gouter il me faut plus d’infos… " Après avoir fabriqué mes tommes, il reste le petit lait, on le garde au chaud dans une casserole jusqu’à ébullition, on le refroidit puis on vient récolter les amas qui se sont formés ". " La particularité de cette Trantsa, c’est qu’on utilise du lait de brebis, ce qui donne un gout beaucoup plus doux que le traditionnel lait de vache ", m’explique Serge en me tendant une assiette dans laquelle repose 5 misérables bouts de pain sec. Je la saisis. Une fois ses mains libres, il me verse, ni une ni deux, une belle portion de trantsa par-dessus. Je m’arme d’une cuillère à soupe et goûte ce plat rustique sans trop me poser de questions… En bouche, les saveurs du pain rassis sont étonnantes, la trantsa, ce petit lait bouillit me rappelle le gout de la ricotta, la texture est agréable et une pointe de sel relève le tout. C’est délicieux ! Je le regarde, il n’a pas l’air surpris. " Je vous avais dit que c’était bon ", me lance-t-il de manière amusée. Et oui, c’est succulent ! Malheureusement le temps presse, deux petites interviews et voici déjà l’heure de partir. Au revoir Serge, au revoir la Trantsa et merci !

 

A bord de la voiture, nous retournons à la station, plus exactement au hameau des Bruyères où vient d’être inaugurée la Maison de l’Abeille Noire. Cette espèce menacée depuis plus de 40 ans par d’autres sous-espèces et par l’homme, dominait autrefois les vallées de la Savoie. Aujourd’hui, des passionnés comme Sylvestre Klébert tentent de la réintroduire en sensibilisant touristes et locaux à l’importance de sa survie. Des endroits comme la Maison de l’abeille noire permettent d’attirer l’attention des parents et des enfants à cette cause de manière interactive et amusante. Des quizz, des vidéos, des tableaux explicatifs, autant de formats ludiques pour comprendre et protéger ces insectes. A la sortie, le froid me surprend, deux tours d’écharpe autour du cou suffisent à couper le vent glacial qui souffle au creux de la vallée. Mes collègues sont encore à l’intérieur. Le temps d’un instant, je me laisse envahir par le silence des montagnes et la beauté de ce paysage enneigé qui se dresse devant moi. Quelle puissance, quelle force se dégagent de la nature quand on la côtoie d’aussi près !

 

Trêve de rêveries, le voyage n’est pas encore fini et il me reste pas mal de personnes à rencontrer. Évidemment, je ne pourrai pas toutes les citer dans cet article déjà très long, mais il y en a une que je tiens à vous présenter : Gaston. Cet enfant du pays âgé de 80 ans, est la figure emblématique du village. Il faut dire que j’en ai entendu parler tout au long du séjour. C’est au pied de l’église de Saint-Martin-de-Belleville que nous lui donnons rendez-vous. Au loin, je vois un vieux monsieur s’approcher de nous, le dos légèrement voûté, mais le pas bien assuré, il porte une veste de l’ESF. C’est notre Gaston ! Petite présentation de l’équipe et il est temps d’ouvrir les micros. Il me raconte son histoire, la vie des paysans à l’époque de sa jeunesse et son parcours de moniteur de ski. Après 10 minutes de récit captivant, je le lance sur une autre de ses passions : le yodel. Ce chant traditionnel pratiqué autrefois comme moyen de communication par les bergers pour appeler leur troupeau, il le maitrise à la perfection. C’est donc tout naturellement que je lui laisse le mot de la fin! Il prend une grande inspiration, 1,2,3 et c’est parti : “Vivre une belle journée dans les montaaaagnes …

 

Une émission à découvrir en radio ce samedi 1er février de 16h à 18h sur Vivacité !

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