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Découvrez les aventures zanzibariennes d'Adrien Joveneau

Ça fait des années que j’en meurs d’envie. Un fantasme alimenté par les poèmes de Rimbaud, les romans de Kessel, les chansons de Gainsbarre, les envolées de Brel. Une île entre ciel et mer. Cette île, au large de l’espoir, pour moi c’est Zanzibar ! Zanzi-Bar…un nom, comme Java ou Bora-Bora, rien qu’à le prononcer, les ailes me poussent dans le dos…Zanzibar me fait tellement rêver, depuis si longtemps, que j’ai vraiment eu envie d’aller voir sur place, si sa réalité était aussi belle que sa réputation…Et je n’ai pas été déçu !

Arrivé de nuit dans la capitale zanzibari, je savoure la moiteur tropicale en sirotant un carcadet sur la terrasse de la Kholle House, au cœur de Stone Town, la vieille ville. L’endroit idéal pour planer au-dessus des toits de tôle ondulée, des clochers d’églises, des temples hindous multicolores et des minarets des mosquées. Au petit matin, le son du muezzin me rappelle que nous sommes ici dans un pays à majorité musulmane même si le syncrétisme religieux donne à l’île une impression de calme et de sérénité.

Impossible de ne pas succomber au charme des maisons de Stone Town. Elles datent, pour la plupart du 19ème siècle, époque où Zanzibar était une escale incontournable sur la route des épices. Les portes sculptées, hérissées de gros clous de cuivre sont impressionnantes. Les pointes étaient destinées à se protéger des charges des éléphants. Tradition Indienne car il n’y aurait jamais eu de pachyderme dans le coin…Il en reste, par contre, pas mal en Tanzanie, la partie continentale de ce pays d’Afrique de l’est, réputé aussi pour ses safaris.

Freddy Mercury est né sur l’île de Zanzibar et y a passé les 7 premières années de sa vie, à l’époque il s’appelait encore Farokh Bulsara ; la maison familiale est aujourd’hui un petit musée, culte pour les admirateurs du chanteur… Un passé douloureux me saute à la gorge quand je visite The East African Slave Trade Exhibit installé dans l’ancien marché aux esclaves. L’esclavagisme fût aboli en 1873 comme en témoignent les écrits de David Livingstone, qui a vécu ici il y a un siècle et demi. C’est ce que me raconte Fleur de Méeus, attablée à la terrasse de l’ancien consulat britannique, reconverti aujourd’hui en restaurant…Le Livingstone

Comme le célèbre explorateur, Fleur a pas mal bourlingué en Afrique : au Bénin comme volontaire pour une ONG, en Egypte comme instructrice de plongée sous-marine, c’est là, sous l’eau, qu’elle a rencontré son mari Martin. Avec lui, elle ira adopter 2 enfants, Martha et Jenjere en Ethiopie. La petite famille coule des jours heureux à Zanzibar depuis 7 ans.

Fleur m’emmène au Zanzi-Star, le lodge qu’elle a créé à Jambiani sur une longue plage de sable blanc qui s’étire à l’infini. La mer y décline toutes les couleurs du bleu, du turquoise au marine, elle est bordée, sur des kilomètres, par des cocotiers. Les chambres sont toutes simples, pas d’air-co mais de gros ventilos, d’élégants moustiquaires et un hamac dans le petit jardin. Les smoothies y sont détonnants. Je craque pour le Détox, épinards, citron vert et gingembre, idéal pour m’aider à continuer ma tournée minérale sans succomber à la tentation des cocktails alcoolisés. Je laisse ces plaisirs à ma dream-team qui en profite à ma place. Toujours avec modération, bien sûr :-) 

Au bar de la plage, je croise Louise, une jeune sage-femme belge en stage dans une maternité de la capitale. Ici, toutes les femmes patientent et travaillent dans la même salle d’accouchement, les maris ne sont jamais présents et les jeunes mamans sortent de l’hôpital, bien mal équipé, quelques heures après les naissances. Derrière la carte postale de l’île de rêve, une autre réalité que Louise découvre en tant que volontaire pour l’association Globalong.

Amoureuse des océans, Fleur sensibilise les écoliers du village à la protection de l’environnement et elle les emmène chaque semaine participer à des opérations de "beach-cleaning". Les enfants donnent de leurs temps et en échange, elle leur donne du petit matériel scolaire " recyclable ". Fleur demande à ses clients de ne pas apporter des bics en plastic ou des magi-colors que l’on retrouvera plus tard sur la plage mais de préférence des crayons ou des cahiers achetés sur l‘île pour faire vivre les petits artisans locaux.

Incontournable, le parc national de Jozani est le dernier lambeau de forêt tropicale de l’île. Ce qui reste de primordial dans la vie sauvage de Zanzibar semble s’être concentré dans le mystère touffu de ces luxuriants sous-bois, notamment les tapirs, les dikdiks et les singes. L’espèce endémique est le colobe rouge avec sa longue queue, sa chevelure hérissée, son dos rouge et ses mains à quatre doigts. Très peu farouches, ils s’amusent devant notre caméra et je ne sais pas qui observe qui…

Cap sur l’île de Mnemba pour nager avec au milieu des dauphins, bleus comme la mer, qui s’ébattent derrière la barrière de corail. Je dois parfois me pincer pour être sûr de ne pas rêver. Caramba, je suis tellement dans l’instant présent que j’en oublie de prendre des photos. Je vous recommande ces sorties en mer sur le boutre restauré par Helen Ingvarsson, une scandinave qui organise aussi des voyages-découverte de l’île à bicyclette.

Une autre façon originale de découvrir le biotope de l’île, c’est de parcourir les mangroves en paddle. Ces planches de surf sur lesquelles on se tient debout une pagaye à la main. C’est zen, déstressant, on dirait du yoga en marchant sur l’eau, droit vers le soleil couchant dans l’océan indien. Avec un peu de chance, on reverra des dauphins, il y en a aussi une vingtaine du côté de Kizimkazi.

A suivre dans Grandeur Nature ce samedi à 16h sur VivaCité.

Un reportage réalisé avec Alexandre Heddebaut, François Fery et Alexandre Van Meerbeck

Adrien Joveneau