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Belgodyssée : le sixième duo aux quatre coins de la Belgique

Belgodyssée : le sixième duo aux quatre coins de la Belgique
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Belgodyssée : le sixième duo aux quatre coins de la Belgique - © Tous droits réservés

De Bruxelles à Liège, de la forêt de Meerdael à Anvers, nous avons tendu nos micros, fièrement estampillés RTBF et VRT, pour récolter le témoignage de croyants ébranlés dans leurs pratiques religieuses. Récit de deux semaines riches en partage et en passion pour notre jeune duo.

Le thème de cette Belgodyssée 2020 s’intéresse à l’impact caché du coronavirus et de ses répercussions, provisoires ou structurelles, sur notre société. En cherchant à traiter de modifications dans le quotidien des Belges suite à la pandémie de Covid-19, le sujet des religions s’est rapidement imposé comme une envie commune. En effet, alors que l’islam, le judaïsme et le catholicisme subsistent depuis des siècles, voire des millénaires, un virus vient aujourd'hui redéfinir leurs codes. Paradoxe : le caractère immuable des religions évolue. Face à la situation sanitaire, les croyants adaptent leurs cultes, allant parfois jusqu’à transgresser leurs traditions.

 

Une fois notre sujet validé, nos micros rechargés et nos cartes mémoire prêtes à se remplir d’expériences et de souvenirs, nous plongeons avec impatience dans notre reportage. Er is veel werk aan de winkel, on a du pain sur la planche ! Plus une minute à perdre, nous décrochons notre téléphone, en néerlandais et en français, pour fixer les interviews qui rythmeront notre première semaine de concours.

À la rencontre des traditions religieuses en pleine évolution

Première étape de notre périple à travers la Belgique : les bureaux bruxellois des Pompes Funèbres Islamiques. Bien que tristement submergée par le travail, la famille de Maryem Meknassi nous accueille avec patience et gentillesse. Maryem, francophone, et son fils Amine, néerlandophone, sont les interlocuteurs rêvés pour débuter cette Belgodyssée dans le bilinguisme. Ils nous expliquent les conséquences dramatiques de la crise sanitaire sur les rites funéraires musulmans. Maryem nous transmet l’empathie qu’elle éprouve envers ses clients, obligés d’enterrer leur défunt sans respecter les coutumes religieuses.

 

Le lendemain, nous prenons la direction d’Anvers pour rencontrer la communauté juive. Naftuli Pollak nous accueille dans la synagogue Van den Nestlei, complètement vide en raison de la pandémie. L’occasion de pratiquer mon néerlandais en posant quelques questions à notre interlocuteur du jour. Nous découvrons les valeurs chères à la communauté juive, à présent bafouées à cause de la crise : l’esprit de communauté, les réunions avec la famille, la prière entonnée en coeur

Jeudi, nous partons vers Banneux, au coeur de la province de Liège. " C’est vallonné ici ! " s’étonne Jonathan, habitué aux plats paysages de sa ville de Gand. Fabian Delarbre, secrétaire international de Banneux, nous emmène dans les allées vides du sanctuaire, témoignant de l’absence des pèlerins catholiques. La statue de la Vierge, isolée face à des barrières garantissant la distanciation sociale, attend patiemment les visiteurs confinés.

 

Le sanctuaire de Banneux possède un cadre arboré, calme et lumineux. On profite de ce studio de tournage grandeur nature pour filmer notre vidéo de présentation. Je salue la patience de Jonathan face à mes idées farfelues et les explications rocambolesques qui les accompagnent. Beaucoup de mouvements de mains, des schémas dessinés à la hâte, un néerlandais hésitant et un masque sur le visage qui ne facilite pas la communication, nos conversations se ponctuent régulièrement d’éclats de rires. Miracle! Tout est dans la boîte.

 

Diables rouges, lamas et baskets blanches

Les Diables Rouges, l’élection présidentielle américaine, le futur vaccin : sur le chemin du retour, rien n’échappe à nos bavardages. On aurait presque souhaité rencontrer quelques embouteillages pour grappiller de précieuses minutes de discussion passionnée.

 

Une semaine de montage et d’écriture plus tard, nous nous rejoignons en pleine nature, nos baskets blanches aux pieds, au sein de l’ASBL Ferme et Compagnie. Nous nous lions d’amitié avec des lamas, des cochons et la vache Marguerite. Pour le tournage de l’émission Grandeur Nature, nous nous trouvons à proximité de la forêt de Meerdael, situé à cheval sur le Brabant Wallon et son voisin flamand, à l’image de cette Belgodyssée.

Au moment de se quitter, on se remémore nos envies pour le futur, notre vision du journalisme et nos affinités professionnelles, avec la promesse de se revoir très vite, malgré la distance et la crise sanitaire. Un Gantois, une Hesbignonne, devenus amis et qui, sans l’expérience Belgodyssée, ne se seraient sans doute jamais croisés.

 

Anne Pollard

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