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Coronavirus : comment les grandes surfaces gèrent la situation ? Témoignage

Coronavirus : comment les grandes surfaces gèrent la situation ? Témoignage
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Coronavirus : comment les grandes surfaces gèrent la situation ? Témoignage - © Phynart Studio - Getty Images

Entrer dans une grande surface est un geste anodin, quand on n’est pas confiné. Aujourd’hui, on se rend compte à quel point il est précieux d’avoir la possibilité de remplir son caddie. Mais, comment ça marche ? Les explications très intéressantes de Fabienne Bryskère, CEO du Groupe Mesdagh à Gosselies…

Les grandes surfaces écoulent plus de produits en cette période de confinement ?

Oui, les ventes sont en forte augmentation, moins que les deux premières semaines de confinement, mais toujours en forte progression par rapport à l’an passé.

Au début de la période de confinement, on a constaté un réel comportement de stockage des consommateurs à travers des achats de première nécessité tel que les pâtes, le riz, la farine et le papier WC.

A ce jour, on observe toujours une progression des ventes mais la fréquentation en magasin se normalise.

Un autre phénomène se développe, le consommateur adapte sa manière de s’alimenter à cette situation de confinement. Il consacre bien plus de temps à cuisiner qu’en temps normal, il s’essaie à de nouvelles recettes, à la réalisation de pâtisseries, et le pain maison est en forte augmentation…

 

Le réassort, la logistique, le personnel, la sécurité, qu’est-ce qui est le plus compliqué ?

Le plus compliqué au début de la crise a été la sécurité ainsi que le réassort de nos rayons. Il a fallu très vite mettre en place des mesures d’hygiène et de sécurité pour protéger aussi bien nos collaborateurs que nos clients, le tout en faisant face à l’indisponibilité des produits de première nécessité. Grâce à notre cellule de crise mise en place le 5 mars, nous avons pu trouver des solutions rapides pour protéger, rassurer et continuer à offrir un service de qualité à nos clients.

La gestion de la chaîne d’approvisionnement a également été bousculée les premiers jours face à l’explosion des ventes de certains produits et le remplissage de nos magasins a été compliqué. Heureusement, grâce à la flexibilité de notre personnel ainsi que le recrutement d’intérims et d’étudiants, nous avons pu rapidement continuer à approvisionner notre entrepôt ainsi que les magasins. Nous faisons constamment en sorte de couvrir toutes les unités de besoin afin de répondre à la demande des clients. Nous devons parfois trouver des solutions alternatives, pour la farine notamment, ou certains fournisseurs ont adapté leurs conditionnements pour nous.

 

Les clients sont-ils compréhensifs quand un produit est manquant ?

Oui, nous avons très peu de plaintes. Les clients sont conscients de la réalité, ils sont plutôt agréablement surpris de constater que la situation est maintenant assez normalisée. Le groupe Mestdagh dispose de son propre centre logistique, situé à Gosselies et ne manque pas de stock. Nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire de stocker. Cela permettra de retrouver un état normal des stocks en magasin.

Actuellement, la situation se normalise petit à petit et nos collaborateurs assurent en permanence un réapprovisionnement des rayons. Nous risquons d’avoir un peu plus d’affluence avant et après le lundi de Pâques, comme cela est toujours le cas pour tout autre jour férié. Nos équipes y sont habituées.

 

On voit sur les réseaux sociaux que les prix augmentent dans les grandes surfaces. C’est vrai ?

Non, nous n’avons pas augmenté les prix de vente. Cette perception vient principalement de deux phénomènes : d’une part, les gens ont tendance à stocker beaucoup plus et donc leur ticket de caisse est plus élevé. D’autre part, les prix de certains fruits&légumes sont en forte augmentation sur le marché à la suite de la pénurie due au Covid19. Par exemple, le prix des asperges est anormalement élevé car quasiment indisponibles à la criée. L’arrêt des promotions peut donner également une perception de prix plus élevés mais celles-ci ne représentent qu’environ 10% d’un panier moyen. Aujourd’hui, ces promotions sont relancées afin de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs.

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