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Yohann : "Ce n'est qu'un jeu ! Un violeur n'a pas besoin de ça pour passer à l'acte!"

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Yohann : " - © Tous droits réservés

Le jeu vidéo Rape Day, dont le but est de violer des femmes, fait polémique. Certains veulent bloquer ce jeu en Belgique. Violer virtuellement, ça peut être considéré comme un jeu ?

Le jeu qui plonge les gamers dans un univers de zombies a pour but d’insulter, frapper, violer et tuer des femmes. Son créateur, qui se défend face à tous ceux qui le critiquent, explique qu’il a créé un jeu auquel lui-même avait envie de jouer comme 4% des sociopathes dans le monde. Il ajoute que si ce jeu ne vous plaît pas, vous n’avez simplement pas à y jouer, c’est à lire dans les éditions de Sudpresse ce matin. La parution du jeu est actuellement prévue pour avril mais certains s’y opposent. Violer virtuellement, ça peut être considéré comme un jeu ?

Yohann est intervenu sur notre antenne depuis Godinne. Il n'est absolument pas choqué par le thème de ce jeu : "Cela existe déjà dans GTA 5... Et je ne cautionne pas cela mais ça reste un jeu vidéo ! Si un pervers veut violer ou tuer une femme, il lui suffit de se renseigner sur internet alors je ne pense pas qu'il faut interdire ce jeu sinon il faudrait tout interdire ! Je regarde "Esprits criminels" tous les soirs à la télé et ça peut aussi inciter à tuer des gens alors! C'est grave mais c'est le monde actuel : les jeux vidéos sont très violents ! Soit il faut tous les bloquer, soit on doit passer via une Commission lors de la sortie du jeu afin qu'elle analyse le jeu et qu'elle autorise sa sortie ou au contraire, sa censure. Ça reste un jeu vidéo, j'ai une PS4 chez moi, j'ai plein de jeux où on tue des gens et même un dans lequel on viole une femme mais je ne suis pas un violeur pour autant! Et ça ne me donne pas envie de le faire ! Vous savez les gens comme des violeurs ou des pédophiles n'ont pas besoin d'un jeu vidéo pour les inciter à passer à l'acte..."

Une incitation à passer du virtuel au réel...

Si ce genre de jeu ne choque pas Yohann, d'autres auditeurs ne sont pas du tout favorables à sa sortie comme Stéphane, originaire de Courcelles :"Ce n'est plus un jeu ! Il faut imaginer que pour beaucoup de personnes, ce type de jeu est tellement réel et pour un public de condition plus modeste ou culturellement ou affectueusement plus limité, ce sera une véritable réalité, un peu comme la pornographie pour un certain type de public. Donc dorénavant, allons-y : battons les femmes, violons-les! Je suis en contact avec beaucoup de jeunes et clairement, Fortnite est devenu le jeu-référence or si ce jeu est une référence, c'est vraiment inquiétant ! À l'époque où nous tentons de remettre la femme à sa vraie place - qu'elle n'aurait jamais dû perdre d'ailleurs - ce jeu ne fait que rendre les choses plus bestiales et je trouve ça abject. Clairement, dans les deux cas, on est en train de matraquer et de banaliser des gestes avec un cadre de référence qui va devenir une normalité parce qu'après, quand ce jeu ne suffira plus, on ira encore plus loin. Et pour un public plus modeste qui ne saura pas faire la différence, ça deviendra la norme."

Du côté de Pont-à-Celles, Anne insiste sur le fait que "c'est une incitation à passer du virtuel au réel." Elle ajoute : "Ce n'est pas comparable avec d'autres jeux violents où il faut acheter des armes, ici un homme a tout ce dont il a besoin pour agir ! Et quand il jouera virtuellement, à un moment c'est certain, il va ressentir des sensations physiques et un jour, il va aller se promener et sentir une pulsion en voyant une dame dans un coin et cette pulsion sera encore plus forte parce qu'il aura joué à ce jeu. Donc pour moi, c'est une incitation et non pas soi-disant pour diminuer les pulsions, ça va faire l'effet inverse ! C'est comme quand on regarde un film porno, un homme ça l'excite et ça va être pareil ici. Ce jeu ne doit pas exister ! "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites".

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