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Voiturette électrique : faut-il imposer un permis de conduire ?

Pour la première fois, un hôpital met en place des cours de conduite pour les personnes à mobilité réduites qui utilisent des voiturettes électriques… Un kiné propose même de mettre en place un permis. Faut-il aller jusque-là ?

Il n’existe pas de chiffres en Belgique mais aux Pays-Bas, 38 personnes sont mortes dans des accidents causés par des accidents de voiturettes électriques en 2016. Dans La DH, on peut lire que pour la première fois, un hôpital a mis en place des cours de conduites théorique et pratique afin d’armer les personnes à mobilité réduite pour affronter le trafic routier. En plus des cours, un kiné propose d’aller plus loin en mettant en place un permis… Faut-il aller jusque-là ?

Frédéric Liégeois, kinésithérapeute et responsable d’associations liées au handicap : "Je souhaite parler de manière générale et pas seulement pour les voiturettes. Le constat est que beaucoup de gens n'appréhendent pas le danger parce qu'ils n'ont pas connaissance de la manière dont les différents usagers fonctionnent. Que vous soyez en chaise roulante, en vélo ou en trottinette sur la rue, il y a un danger... Il faut donc savoir appréhender la vitesse de l'autre, voir quel est son angle de visibilité, etc. pour éviter l'accident."

La solution pour éviter un maximum d'accidents serait donc d'imposer un permis théorique pour tous poursuit Frédéric Liégeois : "Il faut savoir comment fonctionne l'autre. Il y a des automobiliste qui n'ont jamais compris que quand on fait une espèce de fausse queue de poisson à un camion, ils risquent leur vies car le camion ne freine pas comme eux... Les gens n'ont jamais appris qu'un camion fonctionnait différemment d'une voiture! C'est un constat général : il ya pas mal de morts par ignorance. Donc que ce soit une personne en chaise ou à vélo, il faut leur apprendre les règles très tôt. L'idéal serait d'avoir un permis théorique dès l'âge de 10 ans afin de connaître les règles de la route et de pouvoir appréhender les risques."

Quant aux personne se déplaçant en chaise roulante, il est aussi important de souligner les dangers qu'elles encourent et de mettre en place non seulement un permis mais aussi des infrastructures qui permettent à ces usagers à mobilité réduite de pouvoir également se déplacer en évitant tout incident. " En principe, les personnes qui recoivent une chaise roulante électrique vont recevoir des explications du fournisseur. Donc la personne va être plus ou moins apte, en fonction de ses capacités motrices ou mentales, à manier sa chaise. Mais si accident il y a, je ne serais pas étonné que la plupart soient liés à un problème de voirie car si la chaise roulante est sur la route, c'est qu'il y a un problème de route. La plupart du temps, quand vous êtes en ville, il y a beaucoup de trottoirs mais vous ne savez pas y accéder ou alors s'il n'est pas incliné et pour peu que la marche soit trop haute, vous pouvez créer un accident. Dans beaucoup de cas, j'accuserais les infrastructures. Après, il faut aussi avoir le courage de dire que certaines personnes n'ont pas la capacité de circuler en ville parce qu'elles sont trop âgées ou trop jeunes ou en situation de handicap et que c'est trop dangereux pour elles. "

Frédéric Liégeois conclut en lançant un appel à une réglementation plus précise et qui touche tous les publics : " La réglementation en matière de roulage a évolué pour permettre à tous les engins à deux ou quatre roues d'aller sur la rue sous certaines conditions. Mais ils ne font pas de différenciation en fonction du public. Or, ce serait plus que nécessaire pour que chacun puisse s'y retrouver."

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