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Véronique : " J'ai pensé au suicide parce que je souffre tant que je ne vois pas le bout du tunnel "

Véronique : " Moi, j'y pense sérieusement "
Véronique : " Moi, j'y pense sérieusement " - © Tous droits réservés

À Namur, une mère s’est donné la mort en se noyant et en tentant d’emporter avec elle ses 3 enfants. Vous comprenez qu’on puisse en arriver là ?

Ce sont des témoins de la scène qui ont donné l’alerte. Deux enfants se trouvaient dans un lac boueux de Namur, un troisième était sur le bord. Ils ne sont pas seuls, leur mère est également dans l’eau. Le temps de sauver les enfants, les témoins ne voient plus le corps de la mère qui n’a été retrouvé qu’hier après-midi après de longues heures de recherche. L’homme, qui a sauvé l’enfant se trouvant dans les bras de la maman, a tenté de la secourir mais elle ne voulait pas d’aide, elle ne voulait pas rejoindre le bord. Depuis, les enfants ont été pris en charge par des membres de la famille.

Se donner la mort en tentant d’emporter ses enfants avec soi, vous comprenez qu’on puisse en arriver là ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Véronique de Liège ne comprend pas qu’on implique les enfants " mais son geste je le comprends parce qu’on m’a retiré la garde partagée de mes enfants et depuis le mois d’août je ne vis plus. Les gens connaissent ma détresse et je crois aussi qu’il y a, au niveau de la justice, une incompréhension. La justice ne fait pas la part des choses. Pour moi, mes enfants sont manipulés et je me retrouve sans enfants. On a eu un divorce difficile, je suis partie et suite à ça, mes enfants m’ont tourné le dos. On s’apitoiera plus vite sur une personne qui a une maladie comme le cancer que sur une personne désespérée au niveau psychologique. Il y a des gens qui comprennent mais pas tout le monde. Moi j’y ai pensé parce que je souffre tellement actuellement que je ne vois pas le bout du tunnel. Je suis suivie psychologiquement. Je n’ai pas encore téléphoné à SOS Suicide mais je comprends son geste. Quand on voit qu’il n’y a rien de positif au bout du tunnel, finalement, il y a des femmes qui passent de l’autre côté. Au niveau de la justice, on n’est pas entendue dans des cas de divorces comme ça quand il y a des gardes alternées ou principales. J’attends d’être mieux comprise, entendue par l’entourage et des professionnels, que les avocats fassent leur travail correctement. Il y a tellement de problèmes autour de ce problème, on tourne autour du pot et je n’arrive pas à avancer. "

En cas de besoin, le Centre de prévention du suicide est disponible 24 heures/24 et 7 jours/7 au 0800.32.123. L’appel est totalement anonyme.

" La vie actuelle pousse les gens au suicide "

Du côté de Namur, Delphine estime que c’est de la lâcheté d’emporter ses enfants quand on veut se suicider : " Je peux comprendre qu’on en arrive au suicide mais de là à emporter ses enfants avec non ! C’est de la lâcheté ! Il y a 23 ans, mon père a mis fin à ses jours. Dans la lettre qu’il a laissée, ma mère, ma sœur et moi étions prévues pour y passer aussi. Mais au dernier moment, quand il est venu à la maison, il nous a regardées, on s’apprêtait à aller au cinéma, et je pense qu’il a changé d’avis. Il est retourné chez lui et il s’est suicidé. J’ai toujours pensé que je finirais morte par les coups de mon père ou par un coup de fusil parce que c’était un passionné des armes et il était paranoïaque et psychotique : il n’hésitait pas à nous menacer avec son arme. Il faudrait plutôt savoir combien d’enfants sont livrés à des parents en besoin psychiatrique, je pense qu’il y en a beaucoup. Ce genre de chose se passe souvent en huis clos, au sein même de la famille, dans la maison familiale. Dans notre cas, il n’y avait pas d’entourage, on était éloigné de la famille on vivait vraiment à huis clos, on ne pouvait pas notre grand-mère, nos tantes, nos cousines… On ne pouvait aller chez personne et inviter personne ! "

À Anderlecht, Monique comprend le geste de cette maman : " Je peux le comprendre, j’ai une amie qui a une fille de 12 ans qui risque de se retrouver à la rue et comme elle s’est occupée des sans-abri, elle sait ce que c’est que d’être à la rue donc elle ne veut pas faire vivre à sa fille cette vie à la rue. Elle me l’a dit et j’ai appelé SOS Suicide et c’est très pratique : ils ne sont pas disponibles et s’il y a urgence, il faut appeler au 112 ! Quand le document qui risque d’arriver un de ces jours, à ce moment-là, elle va se suicider avec sa fille parce qu’elle n’aura aucune solution. Il y a des dérives terribles au niveau de la justice, il y a des dérives au niveau des syndics, c’est invivable pour certaines personnes. Je n’arrête pas d’essayer de trouver des solutions, j’espère qu’il y en aura une. J’ai passé 3 heures pour lui trouver de l’aide, je n’ai rien trouvé. Je n’ai trouvé de l’aide chez personne et comme je suis une personne à mobilité réduite, je ne peux pas me déplacer donc c’est par téléphone, c’est par mail que j’arrive à bouger mais je ne peux pas me déplacer. Bien sûr que ça me touche quand mon amie me parle de suicide ! Malheureusement, la vie actuelle pousse les gens au suicide. L’aide pour éviter les suicides est quasiment nulle, je sais de quoi je parle parce que j’ai eu envie de le faire, on m’y a poussé. Ce n’est pas facile, elle est vraiment désespérée. C’est parce qu’elle ne voit plus d’autre solution. Elle sait ce que c'est de vivre à la rue, elle a côtoyé des sans-abris. Elle se tourne de tous les côtés, il n’y a de réponse nulle part. il n’y a de volonté au niveau de la justice nulle part. Elle ne voit pas comment faire. Un document lui donne encore jusqu’au 20 novembre, j’espère que d’ici le 20 novembre on trouvera une solution pour se sortir de ce mauvais pas. "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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