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Un policier a été abattu... La police n'est pas assez équipée ou ce sont les risques du métier ?

Un policier a été abattu... La police n'est-elle pas suffisamment équipée ou ce sont les risques du métier ?
Un policier a été abattu... La police n'est-elle pas suffisamment équipée ou ce sont les risques du métier ? - © Tous droits réservés

Ce week-end, un policier a été abattu en pleine intervention à Spa. Un homme a tiré une balle à bout portant dans la tête de cet inspecteur de 38 ans, père de trois enfants. Ce sont les risques du métier ou la police n’est pas suffisamment équipée et préparée pour une telle intervention ?

Le drame s’est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche dans les rues de Spa. Tout démarre vers 2h du matin, dans un bar de la ville où trois individus cherchent la bagarre. Un témoin aperçoit une arme dans une veste de l’un d’eux, ils sont alors mis à la porte du bar, embarquent dans un taxi et la police est prévenue au même moment. Deux policiers interceptent le taxi pour contrôler les occupants quand un homme sort du véhicule et tire à bout portant dans la tête d’Amaury Delrez, policier de 38 ans, père de trois enfants, il perd la vie sur place... Ce sont les risques du métier ou la police n’est pas suffisamment équipée et préparée pour une telle intervention ?

Thierry Belin, Secrétaire National du syndicat national du personnel de Police et de Sécurité (SNPS) : " Nous sommes d'abord tristes parce que nous avons perdu un jeune collègue, qu'une épouse a perdu son mari et plus grave encore, aujourd'hui, trois enfants n'ont plus de papa. Tout ça parce qu'une crapule, il faut appeler les gens par leur nom, a décidé que la vie d'un flic ne valait pas grand chose. Ce qui est plus grave Monsieur, c'est que nous avons clairement l'impression que le monde politique partage ce constat, que la vie d'un flic ne vaut pas grand chose sinon il nous donnerait les moyens d'agir. Parce que, hier, ce sont deux policiers qui sont intervenus sur ce qu'on n'hésite pas à appeler, une dispute. Si vous regardez la définition du mot "dispute" au dictionnaire, vous verrez qu'il s'agit d'un échange verbal assez houleux entre plusieurs personnes qui ont un avis différent, divergent sur un sujet. On est loin du compte puisque nous devions intervenir sur trois hommes dont un au moins qui était armé et qui était éconduit d'un établissement spadois ". Une information qui avait bel et bien été communiquée aux policiers : " L'appelant a dit qu'un type armé a exhibé une arme chez lui, qu'il a mis les trois personnes dehors mais qu'il craignait qu'ils reviennent. Donc, on envoie deux policiers sur une intervention comme ça alors qu'on sait que les personnes sont au moins trois".

"Le personnel est régi par des normes datant de 1998"

Seulement deux policiers ont été envoyés sur place : " Par mesure d'économie Monsieur, parce que le personnel est régi par des normes que nous dénonçons depuis des années, qui datent de 1998 et qui sont totalement obsolètes. Aucune autre société en Belgique ne travaille avec des normes qui ont vingt ans d'âge et qui ne sont absolument plus d'actualité. Tout ça pour faire des économies et c'est le personnel qui en paie le prix ainsi que le citoyen. Nous avions affaire à deux policiers expérimentés, aguerris, bien entraînés, bien équipés donc ce n'est pas de ça qu'il s'agit. On ne va pas commencer à circuler avec un casque intégral qui, quand bien même, ne résoudrait rien du tout. C'est tout à fait ridicule comme proposition ".

Cependant, les policiers sont conscients des dangers : " Bien sûr, le risque zéro n'existe pas et tous les policiers le savent en s'engageant. Notre mission, notre devoir c'est de rendre ces risques les plus minimes possibles et pour ça Monsieur, quand j'ai commencé ma carrière, on mettait encore le prix nécessaire pour assurer la sécurité. On n'envoyait pas une patrouille de deux hommes sur une intervention comme celle-là. C'était au minimum deux patrouilles et, à l'époque, nous étions trois. Je vous laisse imaginer la différence. Quand vous mettez les gens en état d'infériorité numérique dès le départ, alors vous ne minimisez pas les risques qu'ils encourrent mais vous les maximisez et c'est tout à fait honteux ! ".

"Les policiers ne sont pas des punching ball !"

Pour Thierry Belin, il serait temps que le monde politique se réveille : " Les policiers ne sont pas des punching ball et ne sont pas des cibles. Il faudrait que le monde politique s'en rende compte et nous donne les moyens de faire notre métier. Parce que j'ai entendu et vu des belles paroles et des témoignages de sympathies et c'est bien beau mais ce sont des actes véritables que nous attendons pour protéger les policiers et leur rendre le respect qui leur est dû comme n'importe quel autre fonctionnaire. La justice est complètement amorphe parce que tous les gouvernements successifs ont étouffé financièrement la justice qui ne sait plus faire son travail non plus ".

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