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Un match de la Ligue des Champions interrompu pour propos racistes : selon vous, où commence le racisme ?

Le match PSG – Basaksehir en Ligue des Champions a été interrompu hier, après 16 minutes de jeu, suite à un soupçon de propos racistes tenu par le 4è arbitre. Suite à une décision prise par l’arbitre - et remise en question par l’équipe turque - le 4è arbitre désigne un joueur en évoquant un " type noir ". Immédiatement, le camp parisien intervient et rétorque que si ça avait été un joueur blanc, l’arbitre n’aurait jamais précisé sa couleur de peau. Les deux équipes ont ensuite quitté le terrain et n’y sont jamais revenues. Le match reprendra aujourd’hui. De son côté, L’UEFA a annoncé avoir ouvert une enquête.

Où commence le racisme selon vous ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission…

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GISELLE Respect et éducation © FRANCK FIFE - AFP

"Il faut arrêter de banaliser certains termes..."

Giselle, une auditrice originaire de La Louvière, dans le Hainaut, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "À partir du moment où il y a d'autres possibilités de dénommer une personne, il faut utiliser la façon la plus respectueuse pour ce faire. En plus, on sait très bien que dans le football, il y a pas mal de problèmes de racisme... Il faut arrêter de banaliser certains termes ; il y a tout un contexte historique lié à la couleur de peau donc je ne me permettrais pas de le faire. On doit faire très attention à nos propos... Il faut être un minimum éduqué à l'Histoire, que ce soit pour les Africains ou les Européens, afin d'être conscient du contexte historique et se rendre compte des choses... Pour moi, c'est une question d'éducation et de respect."

Il faut connaître l'Histoire pour comprendre la lourdeur de certains propos...

Giselle poursuit en soulignant que tous les termes ne sont pas choquants pour autant : "Si on appelle quelqu'un "le blond", pour moi, ce n'est pas la même chose donc ce n'est pas choquant car à ce que je sache, les grands blonds n'ont pas été massacrés par le passé, ni considérés comme étant inférieurs aux grands roux ou aux grand bruns par exemple. Donc c'est tout à fait différent ! Et c'est facile de dire "ça ne me choque pas" quand on utilise le terme soi-même à l'encontre de quelqu'un d'autre mais il faudrait aussi se poser la question de savoir si l'autre personne est choquée d'être appelée de la sorte ! Il faut connaître l'Histoire pour comprendre la lourdeur de certains propos..."

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GISELLE Respect et éducation © Wongsaphat Suknachon / EyeEm - Getty Images/EyeEm

"Il s'agit d'un trait physique et non pas de racisme !"

Direction Saint-Gilles à présent, dans la région de Bruxelles-Capitale, où Joseph, Africain d'origine, témoigne : "Ne pas connaître le nom d'un joueur ou d'un membre du staff est une faute professionnelle, mais ce n'est pas du racisme pour autant ! C'est un minimum que de connaître les joueurs avec lesquels on travaille durant un match. Si les journalistes sportifs ne connaissaient pas le nom de chaque joueur, ils ne pourraient pas assurer leur job de commentateur sportif et c'est pareil pour un arbitre ! Moi-même, je suis black et ce genre de propos ne me pose aucun souci ! Par contre, quand je vois ce genre de sujet à la télé, ma tension monte... Je trouve ça racoleur ! Je vous suis depuis des années sur la Une télé mais je ne me rappelle pas forcément de tous les prénoms des animateurs pour autant, donc je pourrais vous dire "la brune" ou "la blonde" pour désigner Sara De Paduwa si j'avais oublié son prénom par exemple et ça ne choquerait pas ! Il s'agit d'un trait physique, il n'y a aucun souci à définir une personne de cette façon !" 

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GISELLE Respect et éducation © Sutad Watthanakul / EyeEm - Getty Images/EyeEm

"Il ne faut pas non plus tomber dans la psychose !"

On reste à Bruxelles-Capitale et plus précisément à Uccle, où Jean-Jacques conclut : "Tout dépend de ce que l'arbitre a réellement dit ; s'il l'a désigné comme étant noir, il n'y a pas péril dans la demeure... Ma compagne est Tchadienne donc très foncée de peau et on rencontre très rarement des actions racistes envers ma femme ou encore envers mes enfants et petits-enfants. Quand on se trouve dans une communauté en particulier, il peut arriver de désigner le seul blanc ou le seul noir présent par sa couleur pour faciliter les choses et l'arbitre a fait pareil, c'est simplement nommer quelqu'un mais il n'y a rien de mal là-dedans ! Parfois, on me demande "Comment va ta black ?" et ça ne me dérange pas, c'est dit avec humour et ma femme appelle elle-même sa sœur "la black" ! Tout dépend du contexte dans lequel, c'est dit... Si l'arbitre a dit ca avec mépris ou non, car faire ressentir à quelqu'un qu'il est inférieur ça, ça ne va pas... Mais si c'est juste désigner quelqu'un par sa couleur de peau, il n'y a aucune insulte pour moi... Il ne faut pas non plus tomber dans la psychose !"

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l'émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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