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Thierry Afschrift: "Nethys cherchait la discrétion via la comptabilité parallèle"

Thierry Afschrift: "Nethys cherchait la discrétion des salaires en utilisant la comptabilité parallèle"
Thierry Afschrift: "Nethys cherchait la discrétion des salaires en utilisant la comptabilité parallèle" - © Tous droits réservés

Hier, au redémarrage de la Commission d’enquête Publifin, Olivier Spirlet, chef comptable de Nethys depuis huit ans, a été entendu. On apprend alors qu’au sein de Nethys, certains salaires de cadres, mais aussi des factures, sont payés par une société parallèle. Cependant, aucun détail n'est donné concernant les paiements. Énième scandale ou quelque chose nous échappé?

Chaque mois, sur ordre de Pol Heyse, le directeur financier, Olivier Spirlet effectue un versement de 300.000 euros sur un compte Nethys géré par une société extérieure, à savoir AGM. C’est donc AGM qui se charge de payer les membres du comité de direction et du conseil d’administration de Nethys. Cependant, Olivier Spirlet, ne reçoit aucun détail sur les montants ou la destination des rémunérations et des factures couvertes par ces 300.000 euros. Selon lui, seul Pol Heyse, directeur financier, détient les détails de ce compte. Ce qui lance forcément une polémique: Chaque mois chez Nethys, 300.000 euros d’argent public sont distribués sans aucun contrôle ni détails sur cet argent?

Ce mécanisme de comptabilité parallèle est légal mais – question qui dérange – quel est l’intérêt pour une entreprise de ne pas verser les salaires directement depuis son propre compte en banque. Énième scandale ou un détail nous échappe ? Olivier Spirlet le chef comptable de Nethys a peut-être fait une gaffe. Sans le vouloir il a fait savoir qu’il ne payait pas lui-même les membres du comité de direction. De plus, hier, en commission, personne ne savait si on pouvait utiliser le terme comptabilité parallèle. Autre malaise, la fameuse société extérieure avait été fondée par les administrateurs de Nethys dit " indépendants ", ceux qui sont censés renforcer la bonne gouvernance.

Thierry Afschrift, professeur de droit fiscal à l’ULB: "Ça n'arrive pas souvent mais le cas de Nethys n'est pas unique. Il s'agit d'un contrat par lequel la société charge une autre société d'exercer un certain nombre de prestations qui correspond à la direction. Et c'est cette société-là qui paye les prestations. Ça existe souvent quand il s'agit d'une société d management propre à un intervenant. Ce qui est particulier ici, c'est qu'il y a une société qui regroupe les paiements à faire à plusieurs personnes. Mais à mon sens, ça n'a rien d'illégal parce qu'on est dans une entreprise privée, une entreprise privée très particulière puisqu'elle dépend des pouvoirs publiques. Mais il est clair que si on a voulu que ça se fasse comme ça, c'était pour que l'on ne voit pas combien perçoit chacun!"

Que cherchait Nethys alors en utilisant ce mécanisme de comptabilité parallèle? Toujours selon Thierry Afschrift: "Il est certain que c'est dans un but de discrétion, à l'égard des syndicats, des partis politiques qui ne sont pas dans la majorité et pour protéger la vie privée des personnes puisque c'est une entreprise privée. Bien que c'est une entreprise privée bien bizarre puisqu'elle appartient au secteur public quand même. Mais on se voulait discret!" Ce qui expliquerait le fait que le comptable n'ait pas accès aux détails sur les montants ou la destination des rémunérations et des factures couvertes par ces 300.000 euros.