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L'expert du débat : " Il ne faut surtout pas porter plainte, ça n'aboutira pas "

Ralph Vankrinkelveldt, initiateur du projet " Sors de ta bulle " contre le harcèlement : " Il ne faut surtout pas porte plainte, ça n'aboutira pas "
Ralph Vankrinkelveldt, initiateur du projet " Sors de ta bulle " contre le harcèlement : " Il ne faut surtout pas porte plainte, ça n'aboutira pas " - © Tous droits réservés

À Boussu, des parents dont la fille est victime de harcèlement à l’école n’imaginent pas porter plainte contre des élèves de 9 et 10 ans. Quelle la bonne attitude face au harcèlement scolaire ?

La DH s’intéresse ce matin à ce qui se passe dans une école de Boussu. Depuis l’année dernière, plusieurs élèves ont quitté l’établissement en raison d’un frère et d’une sœur qui sèmeraient la terreur, au point qu’une petite fille de 9 ans a évoqué le suicide auprès de sa maman. Face à cette situation, la direction aurait proposé de mettre les victimes à l’écart pendant les récréations et le pouvoir organisateur a conseillé de porter plainte mais les parents ne l’envisagent pas contre des élèves de 9 et 10 ans.

Quelle est la bonne attitude face au harcèlement scolaire ? C’est la question que l’on vous posait dans " C’est vous qui le dites ".

Ralph Vankrinkelveldt, initiateur du projet " Sors de ta bulle " contre le harcèlement : " On ne connaît pas bien le cas qui nous occupe aujourd’hui parce qu’on n’est pas dans l’école mais je pense qu’il ne faut pas porter plainte. Malheureusement, ça n’aboutira pas, ça peut marquer au fer rouge l’école et certains enfants. Je pense que ce n’est vraiment pas une solution. Par rapport au harcèlement en règle générale, il s’agit d’enfants qu’on pourrait dire jeunes mais, en même temps, 9 ans, ce n’est pas si jeune que ça ! À 9 ans, c’est toujours le début d’une découverte scolaire et amicale : on commence à voir des amis, on commence à se rendre intéressant, on commence à exister dans la classe. On s’est rendu compte que le harceleur, dans 95% des cas, est quelqu’un qui veut rayonner dans son entourage. Il ne le fait pas pour lui personnellement, c’est principalement pour rayonner et avoir une certaine cour et donc exister dans la cour, dans la classe ou sur les réseaux sociaux. On part du principe qu’il faut écarter le plus vite possible le harceleur pour pouvoir le retirer du contexte le plus vite possible moyennant des preuves ou des accusations. Il faut pouvoir casser cette dynamique de groupe parce que ça s’enchaîne et ça part très très vite, ce n’est plus maîtrisé ni par l’école ni par le PMS ni par qui vous voulez. Malheureusement ce sont les parents qui doivent s’en occuper et quand les parents descendent à l’école, ce n’est jamais bon signe parce qu’on parle de la chair de notre chair et c’est normal qu’on n’accepte pas ça. "

" Sors de ta bulle " : des histoires anonymes qui mènent à des solutions

Le projet " Sors de ta bulle " s’adresse aux classes de la 5e primaire à la 5e secondaire. L’idée est de créer une discussion avec une classe entière à l’intérieur d’une bulle gonflable. Aidés par un psychologue ou un pédopsychiatre et un influenceur (une personnalité reconnue sur les réseaux sociaux), les élèves parlent pendant 50 minutes autour de cas concret connus en classe.

Ralph Vankrinkelveldt est fier du résultat : Depuis le début de l’année, on est à 65 cas répertoriés, certains connus de l’école et d’autres dont elle n’était pas du tout au courant. On a mis sur la table en discussion, de manière totalement anonyme (on ne cite pas le prénom des enfants ni de cas concret mais on tourne autour en tant qu’adulte responsable) et on essaye de percer les abcès là où il faut les percer. C’est un réel succès, on est appelé tous les jours. On se rend compte que sans le PMS, sans les écoles, sans la direction et sans les parents, on arrive à faire éclore de belles solutions pour ces enfants parce que c’est un fléau gigantesque. "

Un travail sur le terrain et un suivi par après

Ralph Vankrinkelveldt précise que leur travail ne s’arrête pas à la prévention dans les écoles : " Les enfants nous contactent même via les réseaux sociaux parce qu’on est sur Instagram. Souvent les enfants nous contactent en direct après qu'on soit passé dans la classe ou à l’école pour continuer à débattre et avoir de l’aide. Dans ces cas-là, on les réoriente vers Child Focus ou d’autres associations pour les aider et pour les soutenir. C’est hyper important de faire ce travail sur le terrain, mais il faut après avoir un suivi parce que souvent les enfants ont peur d’en débattre à l’école parce que c’est une institution et ils ont peur d’avouer leurs faiblesses par rapport aux parents. Avec un rôle extérieur d’inconnus mais responsables, on arrive à les sensibiliser. "

Contact : sdtb@movietonw.be.

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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