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Prison de Mons : pourquoi les colis du ramadan ne sont-ils pas scannés ?

Le directeur de la prison de Mons a-t-il pris un risque en autorisant que des colis spéciaux, livrés aux détenus faisant le ramadan, ne soient pas scannés aux rayons X et détecteurs de métaux comme le dénonce le personnel de la prison ?

Sudpresse raconte l’émoi du personnel de la prison de Mons aujourd’hui. Durant le ramadan, un imam est autorisé à distribuer des colis contenant des dattes, gâteaux, soupes, thés qui sont préparés depuis 30 ans par une ASBL bruxelloise. C’est en raison de l’énervement de l’imam qui s’est présenté avec l’équivalent d’une palette de colis et qui devait normalement les faire passer au contrôle de sécurité que le directeur de la prison a accepté que les colis ne passent pas aux rayons X ou au détecteur de métaux avant d’être distribués… Ce qui dérange le personnel de la prison obligé de scanner tous leurs effets personnels quotidiennement. Le directeur de la prison de Mons a-t-il pris un risque en autorisant que des colis spéciaux livrés aux détenus faisant le ramadan ne soient pas scannés aux rayons X et détecteurs de métaux ?

Éric Domaniecki, agent pénitentiaire et délégué CGSP: "De mémoire, avec l’ancienneté de service que j'ai, je pense que c'est la première fois qu'un tel fait se produit. Et comme vous le disiez précédemment, les agents eux-mêmes, même s'ils ressortent pendant leur service pour aller chercher quelque chose dans leur véhicule, sont obligés de (re)passer par tous les contrôles nécessaires. Mais la situation est complètement différente quand ce sont des aliments qui arrivent pour les cantines ou pour la cuisine, ces aliments sont en effet emmenés sans passer par le détecteur mais ils sont déballés par des agents pénitentiaires. Ce qui n'a pas été le cas ici puisque c'est l'imam qui a rentré ses denrées, qui les a lui-même déballées et distribuées." Ce délégué syndical ne comprend pas pourquoi la différence a été faite dans ce cas : "J'ai des collègues qui ont une carrière de 30 ans et ce n'est pas pour ça qu'on ne les fait pas passer aux détecteurs et rayons X!"

Le personnel outré face à une telle situation...

Éric Domaniecki souligne le choc ressenti par le personnel suite à cette décision : "Tout le personnel était outré de ce fait! Donc je comptais mettre ce point au Centre de concertation de base qui devait se dérouler ce matin à 10h mais pour des raisons de fonctionnement, il a été annulé du côté de la CGSP."

La sécurité est pourtant est des points principaux au sein d'une prison et même un cas d'école lorsque des agents pénitentiaires passent des examens : "Il n'y a pas de passe-droit, d'autant plus que c'est un cas d'école car un de mes collègues me racontait que lorsqu'il a passé un examen pour une promotion supérieure de chef d'équipe, la question était : "Si le ministre se présente à la prison avec un sandwich, est-ce que vous le laissez passer avec ce sandwich ou pas?" Et la réponse est "non" ! Soit le ministre le jette à la poubelle, soit il le laisse à quelqu'un à l'extérieur pour le récupérer à sa sortie, soit il le mange avec de rentrer donc c'est même un cas d'école dans les examens!"

"Le risque zéro n'existe pas!"

Le personnel déplore ce qu'il s'est passé et n'était forcément pas rassuré suite à ce dépôt de colis poursuit le délégué syndical : "Vous travaillez dans un milieu de sécurité où tout ce qui rentre et tout ce qui sort est contrôlé avant et après... Et là, il y a des caisses fermées qui sont entrées et avec tous mes collègues, nous espérons qu'il n'y avait rien de suspect dedans mais le risque zéro n'existe pas!"

Désormais, Éric Domaniecki attend des explications de la part de la direction de la prison de Mons : "J'attends une explication du pourquoi il y a eu une dérogation pour l'iman... J'ose espérer que ça n'arrivera plus et que ce n'est jamais arrivé auparavant sans que je n'ai été mis au courant, ni moi ni mes collègues. Je ne comprends pas pourquoi on mettrait des agents de surveillance à un piétonnier pour justement contrôler puisqu'on leur demande ici de ne pas le faire donc à quoi ils servent alors? C'est la question..."

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